/, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO, POLITIQUE/« ALTERNANCE GENERATIONNELLE » : CE N’EST PAS UNE VAINE EXPRESSION, C’EST LE FRUIT D’UN VRAI LABEUR

« ALTERNANCE GENERATIONNELLE » : CE N’EST PAS UNE VAINE EXPRESSION, C’EST LE FRUIT D’UN VRAI LABEUR

S’il est vrai que depuis belle lurette une frange très importante de la jeunesse malienne perçoit à travers le microcosme politique un terreau très fertile pour l’opportunisme, il faut aussi dire que le coup d’état du 18 août dernier est tout simplement venu en rajouter à cette perception, au demeurant galvaudée, de l’action politique au Mali. En effet au moment où la nation toute entière est en train de se débattre pour trouver une solution à la crise que traverse le pays, tant au plan politique, financier, qu’économique, les composantes juvéniles de certaines organisations politiques n’ont trouvé mieux que de s’illustrer par des levées de boucliers contre leurs aînés, sous prétexte d’une alternance générationnelle. C’est surtout et essentiellement au sein du M5-RFP que ces invectives, à l’endroit des ‘’aînés’’, ont été les plus virulentes. Les jeunes de cet ensemble hétéroclite voudraient s’insurger contre le fait que depuis près de trois décennies, ce sont pratiquement les mêmes acteurs qui animent le microcosme politique.

Mais à bien y disserter, on condamnerait tout simplement cette insurrection des jeunes dans la mesure où la liberté d’accès au champ politique est reconnue à tout citoyen, peu importe l’âge. Et puis après tout, accéder au microcosme politique est une chose et s’y maintenir en est une autre. S’il est vrai que depuis tout le temps que le Mali vit sous l’ère de la Démocratie multipartite, ce sont presque les mêmes acteurs qui tiennent les principaux rôles politiques, il n’en demeure pas moins vrai aussi que la jeune génération a péché par ses attitudes d’opportuniste et ses penchants mercantiles. Il est vrai que par moments, certaines velléités d’alternance ont été aperçues au niveau de certaines composantes de la jeunesse, mais malheureusement lesdites velléités ont été vite brisées par la classe vieillissante qui s’accroche à l’appareil d’Etat, contre vents et marées.

Le pouvoir économique et financier des ‘’anciens’’ a réussi à anéantir la fougue des plus jeunes à se faire porteurs du flambeau de la classe politique

Et pourtant, qui parle d’alternance politique, parle de renouvèlement de la classe dirigeante et qui parle de renouvèlement de la classe dirigeante fait appel à une nouvelle dynamique qui siérait plus aux composantes juvéniles des formations politiques, qu’à la classe vieillissante. Si depuis bientôt trente ans que le Mali vit sous l’ère de la démocratie, le pays ne fait que s’enfoncer tous les jours un peu plus, la faute incombe alors à toute la classe politique qui a eu à tremper dans la gestion des affaires publiques, de 1991 à nos jours. Ils sont tous coupables au même titre, peu importe le courant politique dans lequel ils évoluent en ce moment. La jeunesse malienne doit s’assumer à présent en menant une lutte pour une alternance générationnelle. Une alternance générationnelle qui ne tiendrait pas d’une vaine expression mais une alternance générationnelle qui serait plutôt le fruit d’un vrai labeur. Bien sûr que cette lutte ne sera pas aisée, loin s’en faut d’ailleurs. Ce qui pourrait la compliquer et la rendre très laborieuse pour la jeunesse, est que nombreux sont les ‘’jeunes politiciens’’ qui sont supposés pouvoir porter haut le flambeau de l’Alternance générationnelle mais qui, malheureusement, vivent aux désidératas des plus anciens qui détiennent les cordons de la bourse et aussi les carnets d’adresses les plus fournis.

Malheureusement la jeune génération peine à s’affirmer par des actions concrètes qui puissent lui permettre de gravir les échelons dans la citadelle politique

Les jeunes, mus par l’opportunisme, se plaisent et se complaisent dans des rôles de subalternes qui les amènent à changer de cap à tout bout de vent, comme le feraient des mercenaires. Mais à bien y disserter, ont serait amené à se faire à l’idée que si la jeune génération a tant de difficultés pour s’affirmer sur le plan politique, c’est essentiellement parce que nos formations politiques ne sont basées sur aucune conviction idéologique et on y adhère par simples affinités personnelles. Et le plus aberrant souvent est que le parti est assimilé à la personnalité de celui qui a initié sa création. Dans ces conditions-là, tant que vivront ‘’les pères fondateurs des partis’’,  les jeunes n’auront pas voix au chapitre car, sous nos cieux la gérontocratie a encore de beaux jours devant elle et ce ne sont pas les principes d’une démocratie multi-partite qui feront changer un tel état d’esprit qui semble, hélas, ancré chez nos jeunes.

El Hadj Mamadou GABA

 

By |2020-09-17T17:14:50+02:00septembre 17th, 2020|ANALYSE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO, POLITIQUE|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

Aller à la barre d’outils