//CAP VERS LA DESIGNATION DU PREMIER MINISTRE DE LA TRANSITION: • VA-T-ON VERS LA VIOLATION DE LA CHARTE PAR LA JUNTE MILITAIRE !

CAP VERS LA DESIGNATION DU PREMIER MINISTRE DE LA TRANSITION: • VA-T-ON VERS LA VIOLATION DE LA CHARTE PAR LA JUNTE MILITAIRE !

  • QUI DU COL. ASSIMI GOITA OU DU COL. MAJOR BAH N’DAOU CHOISIRA LE PREMIER MINISTRE ?

Le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), après une désignation non consensuelle du Président et du Vice-président de la Transition, risque maintenant de commettre une autre énormité. Si la junte fait semblant de faire le jeu de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) en se basant sur la Charte, élaborée lors des Concertations nationales, il est clair qu’aujourd’hui, le processus entamé pour nommer un Premier ministre serait en violation de cette Charte. Ce texte indique que le choix du Premier ministre échoit au Président de la Transition. Est-ce dire que la junte va toujours continuer à manœuvrer tout au long de la Transition ?

C’est la question fondamentale qui revient sur les lèvres du bon nombre d’observateurs de la scène politique nationale, voire des analystes politiques. Depuis quelques temps, nous constatons que le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) fait un semblant de dialogue avec les forces vives de la nation. Ainsi, vise-t-il à suivre un processus susceptible d’aboutir à la mise en place des organes de Transition. Mais depuis, le constat est tout autre. En réalité, c’est la junte militaire qui se donne toujours les derniers mots. Cette posture confirme que le CNSP est en train de donner raison aux dirigeants de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) qui le suspecte de vouloir garder le pouvoir. Depuis la chute du régime d’Ibrahim Boubacar KEITA, bien qu’elle se trouve sous la pression de la communauté internationale avec en première ligne l’organisation sous régionale, la CEDEAO et celle des acteurs du Mouvement contestataire (M5-RFP), la junte militaire s’est montrée en grand dribbleur. Les choses sont appliquées, sans nul doute, à la surface. Dans un premier temps, ce sont des concertations de façade qui sont tenues du 10 au 12 septembre 2020 pour élaborer une Charte de la Transition et une feuille de route. Au vu du déroulé des faits, au sortir de ces assises nationales, les conclusions n’ont pas été acceptées par une frange de la population dont le M5-RFP. Celui-ci pense que le contenu ne reflète pas la volonté du peuple.

Et dans un second temps, pour le choix du Président et du Vice-président de la Transition, le processus n’aurait pas été convenablement respecté. Le collège de la Transition devait statuer sur le choix. Mais il aurait été mis devant le fait accompli : l’on lui a annoncé plutôt les noms des personnes retenues comme Président et Vice-président de la Transition. Cette procédure a également suscité un tollé au sein de la population même si les hommes choisis sont moins contestables et moins contestés. Ces différents actes qu’a posés la junte militaire sont qualifiés de coup d’Etat contre le peuple. Car, elle n’a jamais accepté lui donner les derniers mots. Selon plusieurs politologues, ce sont des raisons qui pousseraient les Chefs d’Etat de la CEDEAO de tirer sur la ficelle en obligeant la junte militaire à remettre le pouvoir aux civils. Il est clair maintenant qu’à l’analyse du comportement du CNSP, les militaires dénotent qu’ils seront présents sur la scène politique tout au long de la Transition, voire même monopoliser les affaires pendant cette période. Des sources proches de la junte nous indiquent qu’il aurait été demandé au M5-RFP d’envoyer le nom des trois personnes parmi lesquelles un Premier ministre serait choisi. Le Mouvement n’avait pas le choix et ne voulait pas tout perdre après un combat héroïque pour faire tomber le régime d’IBK. Du coup, il n’aurait d’autre alternative que de répondre favorablement à cette offre du CNSP.

Notons que depuis hier mercredi 23 septembre, Goodluck JONATHAN, Chef de file de la médiation de la CEDEAO est à Bamako. Il s’agit pour lui de faire l’état des lieux de la Transition en cours, deux jours après la désignation de Bah N’DAOU au poste de président de la Transition, et celle du Colonel Assimi GOITA comme vice-président. La communauté internationale maintient la pression dans l’attente de la nomination d’un Premier ministre, civil désormais. Il faut signaler que l’arrivée de JONATHAN coïncide avec l’expiration même de l’ultimatum de la CEDEAO. Faut-il lever ou pas les sanctions contre le Mali ? C’est tout l’enjeu de la visite de Goodluck JONATHAN. Si la désignation de Bah N’DAOU lundi est considérée comme un signal « encourageant », la CEDEAO attend la suite pour se prononcer. Nous voulons avant toute chose être « rassurés » sur le fait que c’est bien un civil qui sera nommé comme Premier ministre, a dit une source au sein de l’organisation.

Notons que les chancelleries européennes ont également fait passer le message à la junte. “Nous voulons un vrai civil cette fois“, glisse une source diplomatique à nos confrères de RFI, en référence à la double casquette « civilo-militaire » du président Bah N’DAOU. Des sources porches de la junte signalent que le CNSP veut conserver cinq ministères et pas des moindres à savoir la défense, la sécurité, l’équipement, les mines et l’administration territoriale. Aujourd’hui, au regard du déroulement des événements, le Col. Assimi GOITA et ses compagnons seraient dans la dynamique de choisir aussi le Premier ministre de la Transition. Ce serait en violation flagrante de la Charte. Celle-ci indique clairement que le Premier ministre est choisi par le Président de la Transition. Mais depuis la désignation du Président et de son Vice-président, le CNSP serait en train de prendre les CV des uns et des autres pour pouvoir désigner un Premier ministre. Pourtant, du fait que le Président est connu, le CNSP devrait perdre ces prérogatives. Il devrait laisser la main libre au Président de choisir son Premier ministre. Nous connaissons tous l’inflexibilité, la fermeté du nouveau Président, Col. Major Bah N’DAOU. Alors, peut-on espérer qu’il pourrait terminer les 18 mois si la junte continue à se comporter de cette façon ? A suivre !

Boubacar DIARRA

By |2020-09-24T10:03:33+02:00septembre 24th, 2020|A LA UNE|0 Comments

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