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CHARTE DE LA TRANSITION: QU’EST-CE QUI RETARDE TANT SA REVELATION AU GRAND PUBLIC ?

S’il y a aujourd’hui un sujet qui focalise le plus l’attention de l’opinion nationale malienne, c’est bien la mouture qui a été consacrée à la Charte pour la Transition. Signalons que pour garantir un caractère inclusif dans la gestion de la période transitoire, des rencontres avaient été organisées sur toute l’étendue du territoire national avant d’en arriver aux Concertations nationales qui se sont tenues à Bamako les 10, 11 et 12 septembre 2020. Ce sont ces dernières concertations qui ont été sanctionnées par une ‘’Charte’’ qui est censée, en quelque sorte, être le canevas de la Transition.

Mais après deux semaines que les rideaux sont tombés sur les Concertations nationales, la Charte, quant à elle, tarde encore à se révéler au grand jour. C’est donc le plus naturellement, face à ce black-out des nouvelles autorités maliennes, que les citoyens maliens se demandent qu’est-ce qui retarde tant la révélation au grand public des tenants et des aboutissants de cette Charte conçue pour tracer les lignes directives de la Transition ? En réponse à ce questionnement, diverses raisons sont envisageables. D’abord nous savons qu’aussitôt la clôture des Concertations nationales, une certaine frange de la classe politique, notamment le M5-RFP, avait rejeté d’emblée cette Charte au motif que la version concoctée et présentée par la junte n’est pas conforme à la vraie version adoptée par les participants aux Concertations nationales. Nous savons que dans le contexte de la situation actuelle du pays, l’apanage  de la grande mobilisation des populations revient indubitablement au M5-RFP. Tenter donc de ramer à contrecourant de ce mouvement populaire serait trop risqué et la junte en est bien consciente. Donc autant pour elle temporiser la publication de la Charte en attendant que le M5-RFP revienne à de meilleurs sentiments et qu’il accepte de cautionner une version corrigée de la Charte.

Dans ce cas, ce sont des rencontres secrètes qui se font entre les deux protagonistes de la situation et l’opinion nationale reste dans l’expectative

Une autre raison de la non-publication de la Charte pourrait être en lien avec les observations et autres exigences formulées par la CEDEAO quant à certaines dispositions contenues dans le document. Rappelons que lors du sommet de la CEDEAO, tenu le 15 septembre courant au Ghana, les chefs d’Etat et de gouvernement de la sous-région avaient exigé certaines modifications à apporter au contenu de la Charte. Et la levée des sanctions contre le Mali était même tributaire desdites modifications. On pourrait peut-être se faire à l’idée que sans ce toilettage imposé par l’organisation sous régionale, la Charte est supposée imparfaite donc pas publiable. Quoi qu’il en soit, pour la publication de la Charte, la balle est dans le camp de la junte et elle n’a évoqué aucune raison valable pour justifier le black-out sur la publication de la Charte. D’ailleurs la CEDEAO, elle-aussi, semble s’impatienter et, suite à la cérémonie d’investiture du Président et du Vice-président de la Transition, elle s’est fendue d’un communiqué dans lequel on peut lire : « La Mission a également rappelé l’importance d’obtenir la version finale et officielle de la Charte de la Transition prenant en compte les décisions issues des Sommets des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO, notamment : 1) -La dissolution du CNSP avant/après l’investiture du Président de la Transition ; 2) -Les responsabilités du Vice-président, chargé de la Sécurité et de la défense ; 3) -L’impossibilité pour le Vice-président de remplacer le Président de la Transition ; 4) -La durée de la Transition fixée à 18 mois à compter du 15 septembre 2020 ».

D’aucuns parmi les observateurs avaient estimé qu’une fois le Président de la Transition investi, qu’il lui reviendrait de signer la Charte en question et de procéder à sa publication

Mais plus de 72 heures après l’investiture du président de la Transition, c’est toujours le statu quo pour la publication de la mouture finale et officielle de la Charte de la Transition. Et pourtant, la publication de ce document est d’une importance capitale dans la mesure où, dans son allocution lors de la cérémonie de son investiture, le Président de la Transition, Bah N’DAOU avait déclaré : «Une Transition ne saurait tout faire. Elle doit se donner des priorités. Les nôtres ont été débattues, validées et consignées dans la Charte nationale de la Transition issue des journées de concertation des 10, 11 et 12 septembre dernier. C’est cette Charte qui constituera mon bréviaire… ».

C’est tout simplement dire, la Charte de la Transition, qu’elle soit rendue publique ou pas, qu’elle ait agréé à la CEDEAO ou pas, tiendra désormais lieu d’Acte de référence au Mali et cela apparait déjà dans un des tous premiers décrets pris par le Président de la Transition et qui a consisté en la nomination de M. Moctar OUANE comme Premier ministre de la Transition. Dans son préambule, le décret de nomination du Premier ministre de la Transition s’appuie sur la Constitution de la République du Mali et sur la Charte de la Transition. Autrement dit pour la période transitoire, les deux textes fondamentaux qui régissent le fonctionnement de l’Etat sont, dans l’ordre de préséance, la Constitution de la République et la Charte de la Transition.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-09-28T16:58:11+02:00septembre 28th, 2020|ACTUALITE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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