/, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO/CHOGUEL KOKALLA MAÏGA SE CONFIE À NOUS SUR LES TENSIONS ENTRE LE M5-RFP ET LE CNSP : “ON OBSERVE, ON NE VA PAS NOUS METTRE DANS UNE BATAILLE DE RUE AVEC LE CNSP”

CHOGUEL KOKALLA MAÏGA SE CONFIE À NOUS SUR LES TENSIONS ENTRE LE M5-RFP ET LE CNSP : “ON OBSERVE, ON NE VA PAS NOUS METTRE DANS UNE BATAILLE DE RUE AVEC LE CNSP”

Après les travaux des journées de Concertations nationales sur la Transition, les conclusions ont fait l’objet d’une forte dissension entre le Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) et le Comité National pour le Salut du Peuple. Cet état de fait laisse penser que les deux partenaires d’hier tendent à devenir des adversaires. Suite à une déclaration du M5-RFP de sa non adhésion à la Charte de la Transition issue desdites journées, hier lundi 14 septembre 2020, nous avons interrogé au téléphone sur la question Choguel Kokala MAIGA, porte-parole du Mouvement du 05 Juin. Lisez-le!

Concernant les conclusions des journées de Concertations nationales du 10 au 12 septembre 2020, Choguel Kokala MAIGA a rappelé ceci : “Il n’y a pas eu de compilation des rapports. Les gens ont biaisé les rapports. Ils sont venus les donner à lire à quelqu’un que personne n’a mandaté. La cérémonie de clôture était prévue à 18 heures. Ils l’ont ramené à 16 heures 30. Il y avait des militaires en armes dans les coulisses. On en a ramené du camp de Kati pour remplir la salle. Quelqu’un que personne ne connait, que personne n’a mandaté, et n’est délégué de personne, est allé lire le papier : ils ont applaudi. Si c’est cela, on les laisse faire. De toutes les façons, on ne fera obstacle à personne. Il n’y a aucun problème en fait. Le M5-RFP n’a créé aucun problème à personne. Nous avons dit juste les faits. Dans le document sorti de ces journées de concertations, il n’y avait rien du M5-RFP. »

Pour la suite du travail abattu par le M5-RFP, il a été clair: « Nous, nous observons. Nous n’allons pas nous mettre dans une bataille de rue avec le CNSP ! Nous observons. Nous nous donnons le temps d’observation pour voir leur intention. C’est tout ! Maintenant, il y a des gens qui sont en train de leur dire que le M5-RFP les empêche de travailler. Mais nous, nous savons ce qu’ils trament contre eux. Nous sommes au courant. »

Sur l’avenir de la junte militaire, il a été sans équivoque. “En fait, on dit qu’il n’y a pas eu de coup d’état. Ils ne savent que tout cela constitue un rapport de force. Si demain, le rapport politique ne leur est pas favorable, ceux qui sont avec eux vont créer des conditions pour qu’on les attrape un à un. Le coup d’état est un crime imprescriptible.

Et ceux qui les poussent contre le M5-RFP, c’est pour les isoler. Ils seront seuls. Ils vont les lâcher au gain. Qui auront-ils en ce moment pour les défendre? Mais c’est un nigaud !

« Il y a des gens qui sont allés dire là-bas qu’il faut un militaire pour qu’il y ait la paix au Nord. Mais les militaires, leur travail, c’est la guerre. Qui les empêche de faire la guerre ? Ceux qui vont mener et tenir ce discours là-bas savent que cela leur plait. C’est pour les tromper en réalité ! Ils sont en train de les conduire vers une impasse. Et quand l’impasse va être irrigable, ils vont disparaitre en pleine journée. Et le CNSP ne verra personne autour de lui. En ce moment, ils seront exposés à la Communauté Internationale qui ne leur pardonnera jamais”. “Au tenant de l’ancien régime, avec tous ces opportunistes qui se seraient réhabilités de leur principal conseil juridique… qu’est-ce qu’il ne lui a pas été dit dans la salle? Il a été ridiculisé. Les gens le connaissent, y compris ses élèves. Nous, nous leur avons dit qu’il faut refonder l’Etat malien. Ils ont supprimé l’acquisition de la refondation. Cela veut dire que les gens veulent continuer avec le même système. Nous leur avons dit qu’il faut énumérer les idéaux pour lesquels les gens sont morts ; qu’ensuite on mette en place une structure de veille. Cela empêchera ceux qui viennent plus tard (Président, Premier ministre, etc.) ne l’oublient jamais. Ça a été le cas en 1991. Les gens sont sortis. Après, on a indiqué que la révolution avait été détournée. Mais on a conseillé de mettre un petit organe de veille, composé du CNSP, du M5-RFP et des grandes personnalités morales du pays pour veiller sur les objectifs du changement. Ils l’ont refusé. Ceci signifie que qu’on ne pensait pas au changement. Ceux qui les entourent leur ont dit qu’ils ne vont pas dans ce sens.  A partir de ce moment, a-t-il laissé entendre, nous les observons ! Nous ne voulons pas être les responsables de leur échec.

Nous les laissons faire. Ils vont se rendre compte, de toutes les façons, de l’évidence très rapidement

Parce que les difficultés que le pays traverse aujourd’hui, d’ordre économique, d’ordre financier, d’ordre politique, d’ordre sécuritaire, sont  tellement importantes qu’il faut une très grande légitimé du pouvoir pour pouvoir passer le cap”. Par rapport aux opportunistes qui sont venus entourer le CNSP et l’avenir de la révolution qui a pris le dessus sur le régime d’IBK : “La première vague qui va au Nord n’aura personne autour d’elle. Nous, nous ne voulons pas apparaitre comme des gens qui les empêchent de tourner. Nous allons analyser les faits tranquillement. Nous avons dit que ce changement a pour piliers les jeunes, les femmes. La stratégie qui a fait tomber le régime, ce n’est pas d’autres personnes, c’est nous qui l’avons élaborée. Mais cette stratégie ne pouvait pas aboutir sans l’engagement des jeunes et des femmes. Nous avons demandé des mesures quasi constitutionnelles pour que ces jeunes servent de gardiens de leur révolution. Mais, ils n’ont pas voulu nous écouter. Les hommes et les femmes qui étaient dans les ONG, dans la Société civile qui était avec IBK hier, étaient les premiers à les féliciter. Nous avons vu leur communiqué. S’ils se laissent tromper, qu’est-ce qu’on peut faire? On observe!”.  

“Il ne s’agit pas de nommer des gens, mais des gens qui savent pourquoi ils sont là. Si on leur fait croire que le M5 est leur ennemi, et qu’ils doivent tout faire pour s’en éloigner, s’ils tombent dans ces pièges là, donc, nous les laissons. Nous n’avons pas mené ce combat pour des postes. Sinon, IBK nous en avait donné. Nous n’en avons pas voulu. Il a fait deux mois sans gouvernement. Tous les postes qui restaient nous étaient réservés. Nous n’avons pas voulu. Donc, ce n’est pas une histoire des postes. C’est pourquoi, nous avons décidé d’être calmes, mesurés, dire fermement ce qui n’est pas bon. Nous les observons!”.

LE CHOIX DU PRÉSIDENT DE LA TRANSITION 

Concernant le choix du futur Président de la Transition, de nombreux noms circulent dans les coulisses. De plus, la junte militaire qui est présente à Accra aujourd’hui, doit discuter de tous ces détails Avec la CEDAO. Dans ce sens, monsieur Choguel Kokalla Maiga a été clair :  ils n’ont pas été rapproché par la junte pour soumettre leur proposition “ nous n’avons pas été contacté pour faire nos propositions, il n’y a aucun contact entre nous”.  Monsieur Maiga nous a annoncé une réunion du comité stratégique hier après-midi afin de se concerter par rapport aux conclusions des concertations nationales. Une conférence de presse se tient ce matin au siège de la CMAS afin d’édifier le peuple sur leur conclusions. Les heures à venir nous édifierons plus sur l’évolution de la situation du pays suite à la rencontre entre le CNSP et la CEDEAO, mais aussi, sur les prochaines dispositions que prendra le M5-RFP! 

Propos recueillis par Boubacar DIARRA                

  

By |2020-09-15T15:41:57+02:00septembre 15th, 2020|A LA UNE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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