///CONDUITE DE LA TRANSITION: LE PRESIDENT BAH N’DAW DEVRAIT PLUTOT ETRE « EN PLEINE MELEE

CONDUITE DE LA TRANSITION: LE PRESIDENT BAH N’DAW DEVRAIT PLUTOT ETRE « EN PLEINE MELEE

A écouter la vox populi au Mali, singulièrement à Bamako, on se rendrait à l’évidence que l’opinion nationale éprouve déjà une certaine déception, eu égard à la léthargie dont font preuve les nouvelles autorités dans la conduite de la Transition. Cette déception est d’autant justifiée quand on constate, malheureusement, que depuis plus de treize (13) semaines que le régime ‘’IBK’’ a été renversé, la junte peine énormément à trouver ses marques pour une gestion idoine des Affaires Publiques.

Ce serait une lapalissade que dire, pour espérer réussir une bonne refondation du pays telle que assignée aux autorités de la Transition, il faut mettre en place des organes à même de répondre aux aspirations du peuple. Pour cette Transition-ci, il a été convenu d’instaurer trois (3) organes pour la gestion des Affaires Publiques. Il s’agit, par ordre de préséance: du Président de Transition ; du Conseil National de Transition (CNT) et du Gouvernement de Transition. Si malgré certains tumultes, tel qu’on pouvait s’y attendre d’ailleurs, le Président et le Gouvernement de Transition ont pu être instaurés, il faut dire qu’en ce qui concerne l’organe législatif de la Transition, à savoir le CNT, c’est plutôt le suspense et les supputations ne font qu’aller bon train. Récemment  le Président de la Transition a signé les décrets N°2020-0142/PT-RM du 9 novembre 2020 et N°2020-0143/PT-RM du 9 novembre 2020, portant respectivement sur les modalités de désignation des membres du CNT et fixation de la clé de répartition de ses membres. En vérité la publication de ces deux actes présidentiels a suscité beaucoup de mécontentement dans l’opinion nationale et singulièrement dans le microcosme politique malien. Au point que bon nombre d’observateurs avertis ont fait part de leurs profondes appréhensions quant aux suites du processus d’instauration de l’organe législatif de la Transition. Une frange non négligeable de la classe politique et des organisations de la société civile n’ont pas manqué de fustiger sévèrement ces deux actes présidentiels.

Bien sûr que ce sont là des réactions qui n’enchantent pas les nouveaux tenants du pouvoir dans la mesure où le caractère ‘’Inclusif’’ du futur organe se trouverait sérieusement hypothéqué

Redoutant peut-être l’orage qui s’annonçait, Le Président de la Transition, Bah N’DAW a préféré couper court aux velléités d’agitations autour de l’instauration du Conseil National Transitoire (CNT). «J’estime que ce sont des questions d’ordre intérieur. Je suis le président d’une Transition. J’essaie de me mettre au-dessus de la mêlée. Je ne suis pas un homme politique. J’ai été commis pour une mission de 18 mois. Le chrono est déjà en marche. J’ai signé un décret et je m’en tiens à l’esprit de ce décret» avait dit le Président Bah N’DAW au cours d’un point de presse qu’il a co animé avec son homologue bissau-guinéen, Umaro Sissoco EMBALO, le 16 novembre 2020 à l’aéroport international Osvaldo Viera de Bissau. A bien disserter sur la portée de certains termes du discours tenu par Bah N’DAW, en sa qualité de Président de la Transition, on lui en voudrait d’avoir dit : « J’essaie de me mettre au-dessus de la mêlée ». Compte tenu de la situation d’exception qui prévaut du fait de la Transition et lui, étant la plus haute autorité du pays, il devrait plutôt être en pleine mêlée au lieu d’en être au-dessus. Cette précision est d’autant pertinente quand on sait que son rôle de Président de la Transition le met dans l’obligation absolue de prendre à bras le corps les problèmes de la Transition ; de recevoir et d’écouter attentivement les différents acteurs ou groupes d’acteurs qui animent la période transitoire. Nous savons qu’actuellement les militaires de Kati ne sont en odeur de sainteté auprès des regroupements politiques, associations de la société civile, centrales syndicales et autres.

Il incombe au Président de la Transition, car il y a prêté serment, de s’évertuer à rapprocher les points de vue divergents afin de parvenir à un solide compromis

En vue de prévenir d’éventuels tumultes dans le processus d’instauration du CNT, le Président N’DAW doit être au cœur de la mêlée pour débattre des modalités de redistribution des sièges de cet organe législatif de la Transition et aussi mode de désignation de ses futurs membres. Et tout cela, suivant le principe du consensus. Déjà des voix s’élèvent pour appeler le Président Bah N’DAW à plus de vivacité dans la gestion des affaires publiques. D’aucuns parmi les observateurs tentent d’expliquer la position de Bah N’DAW par le fait que celui-ci est mû par une ferme volonté de neutralité entre les différents protagonistes. Mais il n’en demeure pas moins, nonobstant cette volonté de neutralité, qu’il doit absolument se défaire de cette conception selon laquelle ‘’il est au-dessus de la mêlée’’ et prendre plutôt place dans cette ‘’mêlée’’. Le processus d’instauration du CNT pourrait être un facteur qui hypothéquerait dangereusement l’acheminement de la Transition et à cet effet   le président Bah N’DAW n’a d’autre choix que de descendre de son piédestal, sortir de la neutralité et  aller vers tous les acteurs et les amener à s’asseoir autour d’une table pour dialoguer et trouver un terrain d’entente.

            El Hadj Mamadou GABA

 

By |2020-11-19T16:55:35+01:00novembre 19th, 2020|ANALYSE|0 Comments

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