//CONTESTATION AUTOUR DE LA CHARTE DE LA TRANSTION : « CE QUI VIENT DE SE PASSER EST UNE VOLONTE DE CONFISQUER LE POUVOIR PAR LE CNSP ET CEUX QUI LE SOUTIENNENT » DIXIT MME SY KADIATOU SOW

CONTESTATION AUTOUR DE LA CHARTE DE LA TRANSTION : « CE QUI VIENT DE SE PASSER EST UNE VOLONTE DE CONFISQUER LE POUVOIR PAR LE CNSP ET CEUX QUI LE SOUTIENNENT » DIXIT MME SY KADIATOU SOW

« SI ASSIMI GOITA PREND GOUT AU LUXE, SES HOMMES VONT-ILS ACCEPTER D’AFFRONTER L’ENNEMI SUR LE FRONT? » S’INTERROGE FAHAD AG ALMAHMOUD

 

La deuxième phase des concertations nationales sur la transition a eu lieu les 10, 11 et 12 septembre 2020 au Centre International de Conférence de Bamako. Les discussions ont porté sur la durée de la transition et la présidence qui serait assurée par un civil ou un militaire. A l’issue des trois jours de concertations, certains pensent que le contenu de la Charte a été changé et que le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) veut confisquer le pouvoir. Par contre, pour d’autres, la junte ne doit pas prendre goût au pouvoir. Sinon, cela peut être un facteur pour démoraliser les troupes sur le front. Pour cela nous avons pris les avis de Mme SY Kadiatou SOW et de Fahad Ag ALMAHMOUD.

 

MME SY KADIATOU SOW, Membre du Comité stratégique du M5-RFP :

“Ce n’est pas démocratique du tout parce que nous l’avons constaté et c’est malheureux. Je suis triste et inquiète. Après deux journées de travail intense, les groupes ont échangé sur le contenu de ce document-là, sur les feuilles de route et sur la Charte. A la suite de cela, on vient nous présenter un document qui a complètement changé le contenu des rapports qui ont été présentés par tous les groupes. C’est un document qui a été complètement charcuté. Le rapport général ne correspond pas du tout à ce qui a été dit dans les groupes. Donc je le dis au nom du Comité stratégique du M5-RFP : il n’y a de débat sur ce qui vient d’être présenté. Les choses devraient se passer correctement, de façon démocratique. Qu’on puisse enregistrer les observations, les réactions des uns et des autres. Nous n’approuverons pas cette Charte. Nous sommes clairs là-dessus. Nous nous attendions un peu à cette manipulation. Et ce qui vient de se passer m’inquiète énormément. Je m’inquiète pour le Mali. Ce qui vient de se passer est une confiscation. C’est une volonté de confisquer le pouvoir par le CNSP et ceux qui le soutiennent ; par ceux qui étaient opposés au changement. C’est eux qui se sont ligués contre ceux qui se sont battus. Et nous ne l’accepterons pas. Nous continuerons à mener notre combat sereinement, de façon démocratique jusqu’à ce qu’on nous entende. Ceci n’est pas acceptable. J’espère que les organisateurs de ces concertations nationales vont se ressaisir. Et qu’ils vont remettre ce document-là à débat et que nous puissions débattre sereinement,  que chacun puisse s’exprimer là-dessus. Si ce n’est pas le cas, cela veut dire qu’on aurait encore reculé de plusieurs années. Que Dieu nous en garde.

Au nom du Comité stratégique du M5-RFP, tous ceux qui se sont prononcés, qui ont fait des déclarations qui n’ont rien avoir avec les positions du M5-RFP, ne parlent qu’en leurs noms

Nous sommes en démocratie. Chacun a le droit d’exprimer son opinion propre. Mais au niveau du M5-RFP, les positions sont très claires. La gestion de la transition, les organes de la transition, la feuille de route, la Charte de la transition, nous avons discuté de tout cela. Nous avons pu échanger avec le Comité National pour le Salut du Peuple. Notre document a été publié. Ceux qui disent autre chose qui ne soit pas dans le document, ne parlent pas au nom du M5-RFP. Les déclarations fracassantes de sensationnelles, ce n’est pas notre affaire. Nous sommes sur notre ligne. Nous restons sur notre ligne et nous disons au peuple malien que nous ne renoncerons pas à mener le combat pour le changement, le combat pour la refondation de notre Etat, le combat pour la refondation de la  démocratie. Ce combat que nous avons mené, ce n’est pas une question d’IBK. La question c’est quel nouveau Mali ? Ce nouveau Mali ne peut pas se construire sur la base de ce genre de manipulation, ce genre de tentative de confiscation. Nous ne l’accepterons pas”.

FAHAD AG ALMAHMOUD, Président de la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, secrétaire général du GATIA : « Est ce que si demain, Assimi GOITA se trouve dans un luxe présidentiel, ses hommes sur le terrain vont-ils accepter de faire face aux ennemis? » dixit Fahad AG ALMAHMOUD

“Si on s’entend sur le président de la transition qui va choisir son premier ministre après certaines consultations, celui-ci peut négocier avec la CEDEAO pour en prolonger le mandat. Maintenant, est ce que c’est un civil ou un militaire ? Je pense que parmi les militaires qui sont intervenus pour créer le CNSP, beaucoup ont quitté le front. Beaucoup d’entre eux étaient sur le terrain hier seulement. Parmi les choses qui ont précipité la chute du nord du Mali en 2012, c’était le fait que les militaires qui avaient pris le pouvoir, avaient eu d’énormes moyens. Un militaire, il appelle son ami qui est sur front là-bas et il dit qu’il circule en V8, ceci, cela. Cela a démotivé  la troupe sur le terrain. Est ce que si demain Assimi GOITA, on le trouve dans un luxe présidentiel, ses hommes qui se trouvent sur le terrain vont accepter de faire face aux ennemis ? Je pense que les enjeux sont très importants et que c’est le moment de se dire la vérité pour qu’on sorte le Mali de cette situation. Je pense chacun de nous doit mettre le Mali au-dessus de sa considération. Les militaires que je vois ici, ils ont beaucoup de travail. Ils sont tous en uniforme ici. Demain vous les verrez dans des fonctions de civils. Ils seront tous en costume. Et tous les hommes-là viendront faire la même chose. Donc, on ne doit pas commencer à construire un Mali qui sera défait demain. On doit commencer à construire un Mali qui sera pérenne. Le fait qu’ils aient été tous ensemble le 18, c’est déjà suffisant pour l’armée. Ils pouvaient mettre la pression sur qui que se soit pour la transition. Et je pense aussi que l’un des problèmes des pays,c’est que ce pays ne récompense pas le mérite. Ce pays récompense plutôt ce qui doit être sanctionné”.

YOUSSOUF KONATE

 

 

By |2020-09-14T18:25:48+02:00septembre 14th, 2020|A LA UNE|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

Aller à la barre d’outils