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CRISE SOCIOPOLITIQUE ET INSTITUTIONNELLE: IBK MANIE LE BATON ET LA CAROTTE !

Le Président de la République garant de la stabilité du Mali commence à montrer un tout autre visage dans la recherche de solution à la crise actuelle .Le président IBK décidément veut opter pour la rigueur pour tuer la révolution du M5_RFP dans l’œuf. C’est le moins qu’on puisse affirmer après la radicalisation des leaders du mouvement. Depuis quelques semaines, ce mouvement  hétéroclite trouble le sommeil du régime. Après deux grandes marches pacifiques dans le pays, le M5_RFP a durci le ton. Il a appelé à des actions de désobéissance civile dont le premier ton était violent. En plus de dégâts matériels importants, on a déploré de nombreux morts et des centaines de blessés le 11 et 12 juillet 2020. Cette goutte d’eau fera déborder le vase. Elle a contribué à mettre les animateurs du M5 dans l’extrémisme politique. Outre la démission du président, le mouvement exige le départ du Premier ministre.

Les deux adresses à la Nation du Président de la République n’ont pas baissé la tension. Le chef de l’Etat, vrai politique, a joué sur le dossier de l’école pour affaiblir la grogne. La satisfaction des doléances des enseignants, notamment l’application de l’article 39, a conduit les syndicats d’enseignants à enterrer la hache de guerre. Cette situation n’a pas été sans incidence sur le poids de la contestation conduite par le mouvement du 05 juin. La CMAS et ses alliés politiques ne doivent ni ne peuvent plus compter sur le collectif des syndicats d’enseignants pour mener le combat. La fronde a décidé de suspendre ses actions pour permettre aux Maliens de préparer la fête des moutons. Une stratégie que le M5_RFP a choisie pour reprendre les hostilités au lendemain de l’Eid El kebir.

Mais c’était sans compter sur l’intelligence du pouvoir qui a su infiltrer le mouvement pour le fragiliser. Peu importe les moyens que cela peut nécessiter.

L’objectif était de sortir victorieux du combat pour le contrôle du pouvoir. Il a fallu cette pause du M5 pour assister à un changement dans le discours de certains leaders. ”Nous ne mettons pas le feu. Et nous sommes contre toute forme de violence dans la lutte que nous voulons mener” ; tel est le discours actuel au sein du regroupement hétéroclite qui repose sur l’imam Mahmoud DICKO pour atteindre son objectif principal : à savoir faire tomber le régime pour participer à la gouvernance du pays. Un raccourci selon l’entourage immédiat du Président qui tente de maximiser ses chances.

La majorité présidentielle, même si elle pèse moins en termes de légitimité, est animée par l’instinct de conservation.

Elle a compris que la chute d’IBK équivaut à un désastre pour elle. C’est le sens du combat qu’elle tente de mener dans la plus grande frilosité. Pour sa part, le président IBK ne compte que sur sa personne et la confiance aux forces de sécurité pour triompher dans cette épreuve. Après avoir rossé certains meneurs et tenté de neutraliser les principaux leaders, le pouvoir tourne la situation en sa faveur. Cela, à travers le harcèlement psychologique qu’il exerce sur les plus radicaux. De sources crédibles, le président ne veut plus permettre que certains Maliens soient l’otage d’autres sous le prétexte de mener une lutte pour le salut du peuple. Élu pour un second mandat, il ne peut concéder à d’autres de lui retirer son fauteuil avant terme. Il est soutenu dans cette logique par les légalistes qui désapprouvent toute forme d’accaparement du pouvoir en dehors des urnes. Pour une sortie de l’impasse, le président propose le dialogue politique. Le mouvement du 05 juin, même si il veut dialoguer, pose des conditions difficiles à admettre.IBK les a d’ailleurs balayées du revers de la main. Le président IBK ne veut pas se contenter du titre honorifique. Face à l’extrémisme du M5-RFP, le chef de l’Etat a décidé de prendre à bras le corps son destin. Il aurait donné des consignes claires. C’est pourquoi les leaders du M5 auraient changé de stratégie.

La raison se trouverait dans le fait qu’ils auraient eu peur de subir les foudres du nouveau ministre.

Celui-ci a pris le devant en plaçant ses hommes sur tous les points névralgiques de la capitale. Le même dispositif aurait été déployé dans les capitales régionales, apprend-on de bonnes sources. Pour certains observateurs, il ne peut en être autrement après le discours tenu lors de la fête. La menace n’était pas voilée. Et le M5 semble comprendre le message. Le président IBK sait bien manier le bâton et la carotte.

LAYA DIARRA

By |2020-08-05T17:11:05+02:00août 5th, 2020|ACTUALITE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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