/, ACTUALITE/DÉCÈS DU PRÉSIDENT AMADOU TOUMANI TOURÉ, LE SOLDAT DE LA DEMOCRATIE:UN BAOBAB S’EST COUCHÉ !

DÉCÈS DU PRÉSIDENT AMADOU TOUMANI TOURÉ, LE SOLDAT DE LA DEMOCRATIE:UN BAOBAB S’EST COUCHÉ !

DES OBSÈQUES À LA HAUTEUR DE L’HOMME ATTENDUES

 

Hier, mardi 10 novembre 2020, les Maliens se réveillés avec la triste nouvelle, le décès de l’ancien président de la République du Mali, le Général Amadou Toumani TOURE « ATT », décès survenu du lundi au mardi à Istanbul aux environs de 02 heures alors qu’il venait d’avoir 72 ans, il y avait juste une semaine. Le Président avait été évacué le samedi dernier pour des soins appropriés après avoir été opéré d’urgence du cœur à Bamako, à l’Hôpital Mère-Enfant de Luxembourg. Cet hôpital avait été construit par lui-même lorsqu’il était au pouvoir. Et le voyage d’Istanbul est passé un voyage de non retour pour cet homme qui avait su capter le cœur des Maliens, en particulier des tout petits.

Son départ définitif constitue une grande perte pour le peuple. Car, le Mali avait encore besoin de lui, particulièrement dans le contexte actuel, extrêmement difficile.  

Qui était Amadou Toumani TOURE, alias ATT ?

Amadou Toumani TOURE est né le 04 novembre 1948 à Mopti, dans l’ancien Soudan français, où il fréquente l’école fondamentale. Entre 1966 et 1969, il est inscrit à l’école normale secondaire de Badalabougou à Bamako pour devenir instituteur. Mais, finalement, il intègre l’armée par l’Ecole interarmes de Kati. Au sein du 33ème Régiment des commandos parachutistes, il grimpa rapidement les échelons. Après plusieurs stages en URSS et en France, il devient commandant du 33ème RCP en 1984. En mars 1991, après les manifestations populaires réprimées dans le sang, il participe au coup d’État contre le Gal Moussa TRAORE, qui lui permettra de prendre la présidence du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP) et d’assurer les fonctions de Chef d’État pendant la transition démocratique.

Ainsi, il organise la conférence nationale (qui s’est déroulée du 29 juillet au 12 août 1991), puis des élections législatives et présidentielles en 1992, à l’issue desquelles, il remet le pouvoir au nouveau président élu, Alpha Oumar Konaré. Dès lors, on le surnomme “le soldat de la démocratie”. Dans les années 1990, il fonde et dirige la Fondation pour l’enfance. En juin 2001, il est désigné envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations unies, Kofi Annan, en République centrafricaine, après un coup d’État manqué contre Ange-Félix Patassé.

Le 1er septembre 2001, il demande et obtient sa mise en retraite anticipée de l’armée

Cette retraite lui permet de se lancer dans la vie politique en posant sa candidature pour l’élection présidentielle de 2002. C’est ainsi qu’il est élu président de la République le 12 mai 2002 avec 64,35% des voix au second tour contre 35,65 % des voix pour son adversaire Soumaïla CISSE. Du coup, il fait son premier mandat de 2002 à 2007, puis un deuxième mandat de 2007 à 2012. Le deuxième finit par un coup d’Etat militaire. Dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, un peu plus de deux mois avant la fin de son mandat, ATT est renversé. Les mutins du Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l’État, dirigé par le capitaine Amadou SANOGO, dénoncent la gestion du conflit au nord du Mali entre l’armée et la rébellion touareg dans le cadre de la guerre au Mali. Ce coup d’État intervient dans un contexte où la prochaine élection présidentielle, à laquelle le président TOURE ne se présente pas, est prévue pour le 29 avril 2012, élection couplée avec un référendum constitutionnel. Une tentative de contre coup d’état échoue les 30 avril et 1er mai. Ceci aboutit à l’affaire des bérets rouges disparus.

Le 8 avril 2012, avant de s’exiler au Sénégal après le putsch contre lui, ATT annonce officiellement sa démission

Ainsi, il part en exil au Sénégal avec sa famille. Vivant sous les auspices de l’État sénégalais, il s’écarte de la vie politique de son pays. Le 27 décembre 2013, le gouvernement malien saisit l’Assemblée nationale, où siège la Haute Cour de justice, pour juger l’ancien président Amadou Toumani TOURE. En décembre 2016, l’Assemblée rejette finalement à une écrasante majorité l’ouverture de poursuites judiciaires contre lui. Le 24 décembre 2017, avec l’accord du président Ibrahim Boubacar KEITA, il rentre à Bamako. Il est définitivement rentré le 15 décembre 2019. Et il meurt le 10 novembre 2020.

On se rappelle, dès son retour au pays natal, l’ancien président va se recueillir sur les tombes de ses parents, décédés à Mopti et à Bandiagara au centre du Mali. A son grand retour définitif, il s’est encore rendu dans sa ville natale de la Venise du Mali, en compagnie des hautes autorités du pays. Le Soldat de la paix s’était dit disposé à s’investir pour la paix et la sécurité dans sa région meurtrie et plongée dans une insécurité sans précédent. Les populations qui, jadis, vivaient en harmonie, se livrent à des conflits intercommunautaires inexplicables. Le Soldat de la paix participe également aux festivités commémoratives du 100ème anniversaire de la création de la ville de Mopti. A cette occasion, il a dit ceci : “Je suis avant tout un Soldat. Je m’investirai, je ferai tout ce qui est possible en me basant sur l’expérience que j’ai acquise. Pour la paix, la sécurité, la cohésion sociale et le vivre ensemble, je ferai tout pour Mopti, mais je ne le ferai pas seul, nous le ferons ensemble”.

Tels sont ces propos qu’il avait légués aux Maliens du Centre et qui resteront désormais un espoir de rêve non réalisé pour ATT

Imbu de paix, d’amour, d’humanité, de travail, d’humour, le Gal ATT, à son retour définitif au Mali, se portait bien. Il était très heureux selon lui-même. Il est mort alors qu’il s’apprêtait à apaiser les tensions là où tout le monde comptait sur lui pour ramener définitivement la cohésion sociale au sein de tous les fils de la région. Si ce souhait restera un vœu non exaucé, toutefois, il est important de savoir que le Mali a amorcé son développement socio-économique sous l’ère d’ATT. Il a posé les jalons d’une croissance économique sans précédent pour le peuple à travers la réalisation de plusieurs infrastructures de développement dans presque tous les domaines (Education, Santé, protection sociale, logements sociaux routes et ponts, aéroports, construction des infrastructures sportives).

Le seul regret que l’homme a emporté définitivement, c’est de ne pas avoir pu convaincre ses pairs de l’époque de la région du Sahel de mener une lutte commune contre l’insécurité. Cette zone du Sahel est en fin devenue un sanctuaire des groupes terroristes, djihadistes, des narcotrafiquants de tout genre. Et c’est après sa chute que cette idée a été reprise par les autres pour créer le G5-Sahel, un espace communautaire qui regroupe les cinq pays frontaliers du Sahel avec comme objectif de lutter collectivement contre les groupes terroristes et djihadistes.

Notons que sa dernière sortie sur l’ORTM, à la veille du 60ème  anniversaire de l’accession de notre pays à l’indépendance, était un “au revoir à jamais” qui ne dit pas son nom

Une chose est certaine, nous sommes tous égaux devant la mort et nous allons tous devoir partir un jour. Repos éternel pour le Général-président! Et sans nul doute, la Nation malienne va longtemps le pleurer !

 Boubacar DIARRA

By |2020-11-11T16:44:15+01:00novembre 11th, 2020|A LA UNE, ACTUALITE|0 Comments

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