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DÉMISSION DES 31 DÉPUTÉS CONTESTÉS : LE NIET DE POULO POUR CE QUI CONCERNE LES DEPUTES CODEM !

Le sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la CEDEAO a pris fin hier avec à la clé des recommandations fortes pour l’apaisement de la crise sociopolitique malienne, et dont le Président IBK s’est déjà mis à la tache, conformément aux décisions des chefs d’Etat de la CEDEAO, avec la mise en place d’un mini-gouvernement en attendant la suite du processus. Ce gouvernement est ainsi composé comme suit :

  • Abdoulaye DAFFE aux Finances ;
  • Me Kassoum TAPO à la Justice ;
  • Général Bemba Kéïta à la Sécurité ;
  • Tiébilé Dramé aux Affaires étrangères ;
  • Boubacar Bah à l’Administration territoriale ;
  • Ibrahim Dahirou Dembélé à la Défense

Les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont en effet tenu, hier lundi 27 juillet 2020, un sommet extraordinaire  par vidéoconférence consacré à la crise sociopolitique  du Mali. Au cours de ce sommet, les présidents ont décidé  de soutenir toutes les propositions faites par la médiation sous régionale conduite par Goodluck Jonathan. Il s’agit :

1- La démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée y compris le Président du Parlement. La Majorité Présidentielle devra mettre tout en œuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles. En attendant ces élections partielles, le Parlement pourra fonctionner avec les 116 députés restants ;

2-Une recomposition rapide de la Cour Constitutionnelle, conformément aux dispositions constitutionnelles du Mali. Le Parlement proposera ses représentants après la démission des 31 membres dont l’élection est contestée. En cas de difficulté de nomination des membres de la Cour Constitutionnelle par les différentes Instances, le Président de la République utilisera l’article 50 de la Constitution pour nommer les 9 membres ;

3- la mise en place rapide d’un Gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la Société civile.

L’opposition, particulièrement le M5-RFP est encouragé à participer à ce Gouvernement d’union nationale en vue de contribuer au règlement des problèmes de gouvernance qui affectent le Mali et ce dans un esprit de patriotisme.

La tâche prioritaire de ce Gouvernement d’union nationale sera de mettre en œuvre toutes les réformes, recommandations et décisions issues du Dialogue National Inclusif et de traiter les questions de gouvernance. En particulier, la mise en œuvre des accords d’Alger devra être accélérée. Compte tenu des nombreux défis auxquels fait face le pays, certains membres du Gouvernement pourront être nommés avant la formation du Gouvernement d’union nationale. Il s’agit de ceux en charge de la Défense, la Justice, les Affaires Etrangères, la Sécurité intérieure et les Finances.

 

La CEDEAO, toujours en droite ligne de son protocole interne, a réitéré la mise en place rapide d’une commission d’enquête pour déterminer et situer les responsabilités dans les violences qui ont entrainé des décès et des blessés les 10, 11 et 12 juillet 2020 ainsi que les destructions des biens publics et privés ; La mise en place d’un Comité de Suivi de toutes les mesures ci-dessus prises qui comprendra des représentants du Gouvernement, du Parlement, de la Société civile, de la Magistrature, du M5-RFP, des femmes et des jeunes, avec la participation de l’Union Africaine et des Nations Unies, sous la présidence de la CEDEAO ; La mise en place par la CEDEAO d’un régime de sanctions contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation de cette crise, étant entendu que l’ensemble des décisions et mesures ci-dessus devront être mises en œuvre au plus tard le 31 juillet 2020.

Déjà à l’ouverture du sommet, Mahamadou Issoufou, président en exercice de la CEDEAO, plantait le décor de ce qui allait sanctionner l’issue du sommet : « Un seul point est inscrit à l’ordre du jour de cette visioconférence : la situation au Mali qui connaît une quadruple crise, sécuritaire, sanitaire, économique et politique. Permettez-moi de rappeler que la crise politique, dans ce pays frère, a été déclenchée par l’arrêt de la Cour Constitutionnelle sur les élections législatives des mois de mars et avril 2020. C’est en effet sur cette base qu’est né un mouvement de contestation qui exige, entre autres, la démission du Président de la République, ce qui est contraire aux dispositions du Protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, dispositions qui constituent des principes constitutionnels communs à tous les Etats membres.

Il est bon d’insister ici sur le caractère supranational de ce protocole qui s’impose à tous les Gouvernements et Institutions des pays de notre espace.

C’est le cadre légal qui justifie les missions dépêchées par la CEDEAO à Bamako, dont la dernière, avant celle des Chefs d’Etat, a été conduite par l’ancien Président du Nigéria, Son Excellence Monsieur Goodluck Jonathan, désigné comme médiateur et que je salue et félicite, pour l’excellent travail accompli. J’associe à ces félicitations le Président de la Commission de la CEDEAO ainsi que les Ministres des Affaires Etrangères du Nigéria, de la Côte d’Ivoire et du Niger. Le résultat de leur travail a été d’un apport inestimable dans la préparation et le déroulement de la Mission des Chefs d’Etat que j’ai conduite à Bamako le 23 juillet dernier…  Le temps presse et les risques sont grands. N’oublions pas de tirer leçons du passé. N’oublions pas que l’effondrement des institutions maliennes en 2012 a failli ouvrir la voie au contrôle du pays par des organisations terroristes et criminelles. N’oublions pas que le Mali, comme les autres pays du Sahel et du Bassin du Lac Tchad, est en guerre, guerre qui est une des conséquences de la crise de 2012, prouvant ainsi que l’effondrement d’un Etat dans un pays, n’en fait pas payer les frais seulement à ce pays mais à tous ses voisins et même au-delà. Cette vérité est bien illustrée par la crise libyenne suivie de la crise malienne qui, toutes les deux, ont permis au terrorisme de prendre pied dans le Sahel…

 

La situation que connaît le Mali nous interpelle.

Nous devons donc sortir de ce Sommet Extraordinaire avec des solutions durables et des décisions fortes, à même de garantir la stabilité du Mali et donc de la région. La situation nous interpelle tous, mais elle interpelle au premier chef tous les maliens. Cette situation exige d’eux un sursaut national. Elle exige l’union sacrée de tous les maliens. Nous avons le devoir d’en créer les conditions ! Le Mali a aujourd’hui besoin d’une Assemblée Nationale conforme aux résultats des élections législatives, d’un Gouvernement d’union nationale, d’une nouvelle Cour Constitutionnelle, d’une enquête sur les évènements des 10, 11 et 12 juillet 2020, ainsi que de la mise en œuvre rapide des conclusions du dialogue national ». On peut ainsi dire que le Président IBK, avec la formation du mini-gouvernement d’hier, est en phase avec les décisions des chefs d’Etat de la CEDEAO. Reste à présent que les responsables du M5-RFP s’inscrivent dans ce sens pour que le Mali retrouve la sérénité qui lui manque pour aller de l’avant. A défaut, ils doivent accepter de se soumettre au régime de sanction de la CEDEAO ! Et Dieu Seul sait combien cela pourrait coûter à chacun d’entre eux ! S’ils aiment vraiment le Mali, c’est l’occasion pour eux de le prouver, non pas dans la désobéissance civile « sauvage », mais selon la fibre patriotique qui vibre en eux !

 

MAIMOUNA DOUMBIA

 

By |2020-07-29T17:43:37+02:00juillet 29th, 2020|A LA UNE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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