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EN PERSPECTIVE DE L’APRES-TRANSITION: CHOGUEL VOUDRAIT PLUTOT SE SERVIR DE SOUMAÏLA CISSE COMME TREMPLIN

Au regard des péripéties de la récente crise sociopolitique, avant et après le coup d’Etat du 18 août dernier, le moins que l’on puisse dire est que le M5-RFP en sa qualité de principal acteur de ladite crise, a tout simplement raté le coche. Aucun de ses principaux dirigeants n’a bénéficié de poste de responsabilité dans le processus de la transition. Cela s’apparente tout simplement à un échec du côté de ces derniers, étant évident que leurs objectifs étaient la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat, après qu’ils ont réussi à renverser le régime ‘’IBK’’ qu’ils ont combattu avec la dernière énergie.

Mais les vicissitudes du pouvoir affectant la société humaine, notamment au plan sociopolitique, un troisième ‘’larron’’ a fait son immixtion dans la crise pour mettre fin à la chienlit qui s’installait. La suite on la connait… Une junte a pris le pouvoir au nez et à la barbe du M5-RFP. Dès lors une période transitoire fut ouverte avec comme particularité, au demeurant surprenante, la mise à l’écart du M5-RFP dans la conduite de la transition. Il serait superfétatoire de dire, face à cette attitude de la junte qu’ils ont qualifiée de trahison, les dirigeants du M5-RFP ont éprouvé une certaine amertume qui les a pratiquement amenés à avoir une sorte de ressentiment vis-à-vis de la junte. Dans une telle circonstance il n’est pas surprenant de voir les dirigeants déçus fourbir leurs armes pour d’autres combats à venir au plan politique.  En principe la conduite de la période transitoire ne devant duré que 18 mois à compter du 15 septembre 2020, il faut alors commencer à préparer le terrain dès à présent pour, au finish, pouvoir se faire une place dans l’arène politique de l’après-transition.

C’est justement dans cette optique que Choguel Kokala MAÏGA voudrait faire de Soumaïla CISSE un tremplin qui lui permettrait de mieux rebondir au moment opportun

Cette vision politique est loin d’être fortuite dans la mesure où l’opinion nationale semble acquise au fait, qu’avec sa captivité pendant plus de 6 mois et sa libération le 8 octobre 2020, Soumaïla a réussi à vaincre le signe indien qui l’empêchait d’accéder à la magistrature suprême du pays. Choguel n’étant pas un novice dans le jeu politique national, il s’évertue alors à labourer dans les sillons de celui que l’opinion donne déjà comme futur président du Mali. A savoir Soumaïla CISSE. C’est ainsi que prenant la parole au cours d’un point de presse organisé ce week-end par le Collectif pour la libération de Soumaïla CISSE, Choguel a déclaré : « J’étais convaincu que le préalable à la libération de Soumaïla CISSE était le changement de régime parce que les informations que nous avons eues plus tard et qui sont confirmées aujourd’hui, c’est que Soumaïla aurait pu être libre depuis le mois d’avril 2020. Les ravisseurs ont dit que c’est le Président qui n’était pas d’accord sur leurs conditions. Ils avaient préparé la libération de Soumaïla. Quelques temps après, les ravisseurs ont dit qu’il n’était pas possible de le libérer parce que les autorités n’étaient pas d’accord sur leurs conditions posées. Ce qui a confirmé ce que j’ai toujours pensé.

Ce n’est qu’en début août 2020, lorsque la chute du régime d’IBK était devenue inévitable, que les autorités ont repris le processus en imaginant peut-être que la libération de Soumaïla CISSE allait baisser la tension

C’est ainsi que le régime a accéléré le processus. Mais la chute du régime était décidée par le Bon Dieu. Le constat, dès que le régime a chuté, les actions qu’il avait entreprises les derniers jours ont été accélérées par les nouvelles autorités qui ont accepté les conditions des ravisseurs pour la libération de Soumaïla CISSE. Nous nous félicitons de la libération de Soumaïla CISSE ». En vérité on tomberait des nues en entendant de tels propos qui, au demeurant, sont tout simplement sujets à caution. Il est de notoriété publique, peut-être que seul Choguel ne le saurait pas, que la libération de Soumaïla CISSE et de ses codétenus est plutôt le couronnement de nombreuses démarches enclenchées par le régime défunt et cela bien avant le coup d’Etat du 18 août 2020. Dans le cadre de ces démarches et pour tenter de satisfaire aux exigences des terroristes, le pouvoir public d’alors avait dépêché des missions auprès de certains pays, notamment du Sahel central, pour discuter des modalités de cet échange de prisonniers. En plus, le ministre (d’alors) de la justice, dans le gouvernement restreint de six membres, avait mandaté deux procureurs de la République pour faire (officiellement) l’Etat de la population carcérale au Mali. Nul n’est dupe qu’il s’agissait-là de faire un recensement des djihadistes qui croupissaient dans les prisons maliennes en vue de leur éventuelle libération en échange de celle de Soumaïla CISSE.

On voit donc que c’est plutôt le régime IBK qui a posé l’essentiel des actes qui ont abouti à la libération de Soumaïla

En ce qui concerne le retard constaté dans ce processus, contrairement aux allégations de Choguel, c’est plutôt le fait qu’il y a eu, au dernier moment, un lien entre les cas ‘’Soumaïla CISSE’’ et ‘’Sophie PETRONIN’’. Cela a motivé les ravisseurs à monter les enchères quant au nombre de djihadistes à libérer des geôles maliennes. Toute chose qui a contraint le Président français, Emmanuel Macron, à passer par un arrangement avec le Mali sous la houlette d’IBK. Les tenants et les aboutissants de cet arrangement ont nécessité beaucoup de temps et beaucoup de discernement, surtout que le moment n’était pas le mieux indiqué compte tenue de la situation de crise sociopolitique qui prévalait au Mali. En vérité, la libération de Soumaïla était déjà chose acquise avant que le régime ‘’IBK’’ ne soit renversé. Cela Choguel devrait le savoir. Alors si malgré cette réalité, il veut faire croire que : « Le préalable à la libération de Soumaïla CISSE était le changement du régime car IBK n’était pas d’accord avec les conditions des ravisseurs », il y a vraiment de quoi à faire rire sous cape.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-10-26T16:41:29+01:00octobre 26th, 2020|A LA UNE, ANALYSE, POLITIQUE|0 Comments

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