//FIN DES CONCERTATIONS NATIONALES A BAMAKO : LA JUNTE MILITAIRE S’ENGAGE POUR UNE TRANSITION DE 18 MOIS !

FIN DES CONCERTATIONS NATIONALES A BAMAKO : LA JUNTE MILITAIRE S’ENGAGE POUR UNE TRANSITION DE 18 MOIS !

Les rideaux sont tombés sur les travaux des Concertations nationales sur la Transition. C’était le samedi 12 septembre 2020 au Centre International de Conférences de Bamako (CICB). Si l’objectif a été largement atteint par rapport à l’obtention de l’architecture de la Transition, la durée et la feuille de route de la Transition, il est clair que les conclusions font l’objet de beaucoup de bruit. La cérémonie de clôture a été présidée par le Colonel Assimi GOITA, président du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), en présence des autorités politiques, administratives, coutumières, des corps diplomatiques accrédités dans notre pays et des représentants des organismes internationaux partenaires.

Les trois jours de Concertations nationales sur la Transition a regroupé plusieurs centaines de personnalités politiques, de la société civile et de militaires. Ils ont porté sur les conditions de restitution du pouvoir aux civils. Ces journées ont clos sur des conclusions diversement appréciées.

Comme on pouvait s’y attendre, les grands axes de la Transition politique ont été définis parmi lesquels, la durée de la Transition : 18 mois

Cette gestion sera inclusive. Tous les acteurs de la vie socioprofessionnelle y participeront. Le président et le vice-président seront désignés par un collège sous la direction du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP). Un Gouvernement de 25 membres sera dirigé par un Premier ministre nommé par le Président de la Transition, conformément à la Constitution du 25 février 1992. Un Conseil National de Transition, composé de 121 membres représentera l’ensemble des acteurs nationaux. Son président sera désigné par ses pairs. Donc, il faut préciser que les Organes de la Transition sont les suivants :

  • le Président de Transition ;
  • le Conseil National de Transition ;
  • le Gouvernement de Transition.

Après le mot de bienvenue de Mme le Maire de la Commune III du district de Bamako, le président du CNSP, Assimi GOITA, dans son discours de clôture, a rassuré que sa structure s’engage à respecter la volonté du peule notamment la durée de la Transition et l’exécution de la feuille de route convenue, gage de la refondation de notre pays. “Sachez que la nation entière attendait le fruit de votre travail et ne doutez point que votre contribution à l’édification d’un Mali nouveau ne sera point oubliée. Nous nous engageons à mettre en œuvre l’ensemble de ces résolutions pour le bonheur du peuple malien ! Il s’agissait de diagnostiquer sans complaisance les maux qui minent notre système démocratique afin d’adopter des mesures urgentes et nécessaires. Nous demandons la compréhension et l’appui de la communauté internationale pour la mise en œuvre diligente et correcte de la Charte et de la Feuille de Route de la Transition”. Telles sont entre autres des propos que l’on peut retenir du discours de clôture du Chef de la junte.

Il faut aussi signaler que le contenu de la Charte n’est pas satisfaisant pour tout le monde, à commencer par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

Celle-ci réclame un retour des civils dans un an maximum, au terme d’une Transition dirigée par des civils. Avant ces journées de Concertations nationales, la CEDEAO, qui a imposé au Mali un embargo sur les flux commerciaux et financiers, a donné à la junte jusqu’au mardi 15 septembre pour désigner un président et un premier ministre civils. D’ailleurs c’est demain 15 septembre qu’une rencontre serait prévue à Accra entre la junte militaire et le Président en exercice de la CEDEAO. En attendant, des voies de contestation se lèvent déjà contre les conclusions des journées. Selon l’ancien Premier ministre Moussa MARA, si on peut se réjouir sur plusieurs points, il est aussi clair que des zones d’ombre existent sur d’autres, comme la désignation du président. “Aussi, la junte n’a pas révélé à qui il reviendrait de rédiger la version finale de la Charte, ni quand elle serait rendue publique. Les documents produits ne sont pas parfaits mais constituent une base pour commencer la période transitoire. Espérons que les futurs animateurs soient de qualité et sauront nous unir pour réussir”, a-t-il ajouté.

Notons qu’il a été dit qu’un comité, mis en place par le Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), fera le choix du président de la Transition qui peut être une personnalité civile ou militaire, âgée entre 35 et 70 ans. Le M5-RFP, allié d’hier du CNSP, soupçonne la junte de confisquer le pouvoir et son Comité Stratégique a lancé un communiqué dans ce sens.

Boubacar DIARRA

By |2020-09-14T17:16:02+02:00septembre 14th, 2020|A LA UNE|0 Comments

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