//FISSURES/ LA MAJORITÉ EN PASSE DE VOLER EN ECLAT: APRES ADP-MALIBA, LE PARTI MIRIA SE RETIRE

FISSURES/ LA MAJORITÉ EN PASSE DE VOLER EN ECLAT: APRES ADP-MALIBA, LE PARTI MIRIA SE RETIRE

La majorité politique est en passe de voler en éclat. C’est le moins qu’on puisse affirmer après les retraits en cascade. En effet, le parti MIRIA vient à son tour aussi d’annoncer son retrait de toutes activités du regroupement politique Ensemble pour le Mali (EPM). C’est à travers un courrier qui a été notifiée au directoire de l’EPM. Dans cette correspondance signée du président Dr Mamadou KEITA, il est mentionné ce qui suit :

« Suite à sa lettre ouverte adressée au Président de la République, le 03 juin 2020, dans laquelle le CEN-MIRIA demandait au président IBK d’écouter son peuple et de répondre à ses attentes, notamment la dissolution de l’Assemblée Nationale. Il nous a été donné de constater qu’au lieu de répondre aux attentes du peuple, le président a choisi de faire couler le sang le 10 ,11 et 12 juillet 2020. Ce comportement, contraire à l’éthique de notre parti, nous impose de ne plus soutenir un tel régime. C’est pourquoi lors de sa réunion extraordinaire tenue au siège du parti, le MIRIA, membre fondateur du EPM, a décidé de se retirer de ce regroupement politique. » Dans une lettre ouverte en date du 3 juin 2020, déjà le parti du vieux Mamadou Kassa Traoré fait montre d’une position qui cache mal son appartenance à la majorité.

Règlement de compte entre cadres du MIRIA ou realpolitik ?

Toujours est il que le doyen président d’honneur, après avoir exercé la présidence du MIRIA après le décès du professeur feu Mamadou Lamine Traoré, occupe depuis l’avènement du président IBK, un poste de conseiller spécial. Sa propre fille était membre du gouvernement sortant. Tous ces faits pouvaient frustrer au point que les cadres soient amenés à se démarquer du soutien du Président et de son régime acculé dans son retranchement. Depuis le 3 juin dernier, le MIRIA interpellait le pouvoir sur les tares devenues un cancer. L’insécurité persistante dans tout le pays ; la crise scolaire qui stagne, la mauvaise gestion ; la gouvernance chaotique ; l’impunité garantie aux auteurs de détournement des deniers publics ; les enlèvements et arrestations extrajudiciaires ; la perte de crédibilité et de légitimité de la plupart des institutions de la République ; la crise postélectorale et les violences qu’elle a provoquées dont les conséquences ont été les blessures et pertes en vies humaines ; l’incapacité du gouvernement à gérer la profonde crise économique ont été évoqués sans complaisance par le Comité Exécutif National (CEN) du Mouvement pour l’Indépendance, la Renaissance et l’Intégration Africaine (MIRIA). La réunion avait eu lieu à son siège à Magnambougou Faso Kanu. Elle visait à analyser la situation politique nationale.

A l’issue des débats, le CEN MIRIA demande humblement au Président de la République, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, d’écouter son peuple et de répondre à ses attentes en formant un Gouvernement d’union nationale restreint ; en procédant à la dissolution de l’Assemblée Nationale qui cristallise toutes les frustrations ; en prenant sérieusement en compte les problèmes d’insécurité auxquels les Maliens sont confrontés quotidiennement et en luttant sérieusement contre la corruption et la délinquance financière. Les responsables du Mouvement pour l’Indépendance, la Renaissance et l’Intégration Africaine (MIRIA) pensent que  la prise en compte de ces propositions contribuera sûrement à l’instauration d’une paix sociale durable et évitera à notre Nation de vivre dans un climat de contestation et de défiance permanent à l’égard des Institutions de la République. « A défaut, le MIRIA qui vous a apporté son soutien dès les premières heures de votre présidence, se réservera le droit de réexaminer son accompagnement. Dès cet instant, le message du président de cette formation politique était très clair.” Il présageait sa décision qu’une autre réunion avait adoptée, réunion tenue après les douloureux événements. Cette décision du MIRIA intervient quelques jours seulement après celle du parti ADP-MALI de Youba Bah et du richissime parrain, homme d’affaires, député de Kayes.  Avec ces retraits, on imagine déjà ce qui va être le sort de la majorité en cette période où le peuple a vomi le régime.

LAYA DIARRA

By |2020-07-21T17:24:55+02:00juillet 21st, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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