//GREVE DES ADMINISTRATEURS CIVILS : UN VIRUS QUI POURRAIT ÊTRE TRÈS ÉPROUVANT POUR LA TRANSITION

GREVE DES ADMINISTRATEURS CIVILS : UN VIRUS QUI POURRAIT ÊTRE TRÈS ÉPROUVANT POUR LA TRANSITION

Au regard des tumultes qui n’en finissent pas de faire leur apparition en cette période de Transition, on serait en droit de se demander si réellement le temps imparti pour ladite Transition serait suffisant pour atteindre l’objectif final qui est le retour à une vie constitutionnelle normale, au bout de 18 mis à compter du 15 septembre 2020. Ce questionnement a sa part de pertinence quand on sait que certaines perturbations, notamment au plan socioprofessionnel, sont de nature à affecter négativement le processus d’acheminement de la Transition.

Au nombre des perturbations en question il y a des frondes sociales, à l’image de la grève des administrateurs civils, qui, si elles perdurent, peuvent s’apparenter (par métaphore) à un virus qui pourrait être très éprouvant pour la Transition. Il faut dire que pour cette période d’exception, aucune perturbation sociale n’est souhaitable étant donné que le facteur ‘’Temps’’, pour la conduite des affaires publiques, est primordial car très limité. S’il est vrai, de convenance commune, que le temps imparti à la Transition ne permet pas de tout faire, il n’en demeure pas moins vrai cependant que la réalisation de certains actes est indispensable et dans les délais convenus, pour prétendre avoir réussi, ou pas, la Transition. Nous avons par exemple l’instauration des organes de la Transition et la tenue des élections qui doivent marquer la fin de cette période. C’est donc dire que l’apothéose de la Transition devrait être la tenue d’élections transparentes et crédibles qui, au demeurant, ne sauraient aucunement être organisées sans la participation des administrateurs civils.

Dans la Loi électorale malienne, l’Administration Territoriale apparait comme le pivot central du processus et sans lequel l’ensemble se trouverait simplement ‘’foiré’’. C’est donc dire, en matière d’organisation et de tenue d’élections générales sous nos cieux, vaut mieux avoir les administrateurs civils avec soi que de les avoir contre soi. Cette assertion est d’autant valable pour les autorités maliennes qui seront appelées, dans quelques ‘’petits mois’’, à organiser des élections pour mettre un terme à la période transitoire. Les autorités de la Transition ont donc tout intérêt à accorder une oreille attentive aux doléances des administrateurs civils et se rapportant, outre à l’ouverture de canaux de négociations en vue d’obtenir la libération des agents et autres fonctionnaires de l’Etat encore en captivité auprès des groupes djihadistes, mais aussi à certaines revendications qui sont : l’octroi d’une sujétion pour risque de 400 000 F CFA aux administrateurs civils et aux membres du corps préfectoral, la fixation du nombre d’agents de sécurité affectés au représentant de l’Etat et leur mise à disposition effective au plus tard le 30 octobre, la prise en charge effective des salaires et accessoires des fonctionnaires des collectivités territoriales relevant du cadre de l’administration générale par le budget d’Etat.

La Loi Electorale dispose en son article 41 (nouveau) : « Les listes électorales font l’objet d’une révision annuelle du 1er Octobre au 31 décembre de chaque année… ». Avec la grève qu’observent les administrateurs civils depuis le 19 octobre 2020, cette révision de la liste électorale est à l’arrêt sur l’ensemble du territoire national. Déjà cet arrêt de travail des administrateurs civils est en train d’avoir un impact négatif sur la conduite de la Transition et la suite des choses pourrait être encore plus dommageable pour le chronogramme des futures élections générales de fin de Transition.

Il est vrai qu’au regard de la situation de Transition que traverse le pays, on reconnaitrait volontiers que les revendications formulées par les syndicats de l’Administration Territoriale sont quelque peu exorbitantes, surtout qu’elles ont un impact budgétaire assez lourd. Mais bien que cela étant, il aurait été plus convenant que les autorités de la Transition se montrent plus attentifs auxdites revendications et cela pourrait au moins calmer les ardeurs des grévistes.

Mais malheureusement, une rencontre qui s’est déroulée le 20 octobre entre le Premier ministre de la Transition, Moctar OUANE, et les responsables syndicaux n’a laissé apparaitre aucune lueur de solution. C’est ce qui a motivé Ousmane Christian DIARRA à déplorer : « C’est ce qui confirme le mépris et le dédain que le gouvernement nous réserve toujours ». A vrai dire, face à cette grève des administrateurs civils, le plus dur est à venir dans la mesure où les grévistes menacent, en cas de non satisfaction de leurs doléances, de déclencher une grève illimitée à partir du 9 novembre 2020. Si cela devait se concrétiser, la Transition en pâtira très sérieusement.

 

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-10-28T08:06:04+01:00octobre 28th, 2020|A LA UNE|0 Comments

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