//INCONSTANCE POLITIQUE: APRES AVOIR EXHORTE SES DEPUTES ‘’MAL ELUS’’ A NE PAS DÉMISSIONNER

INCONSTANCE POLITIQUE: APRES AVOIR EXHORTE SES DEPUTES ‘’MAL ELUS’’ A NE PAS DÉMISSIONNER

LE RPM OPTE A PRESENT POUR LA TENUE DE LÉGISLATIVES PARTIELLES

Dans le cadre de la résolution de la crise qui ébranle le sommet de l’Etat depuis dix (10) semaines, des missions de bons offices, tant au niveau national qu’à celui sous régional, se sont investies auprès des différents protagonistes en faisant des propositions susceptibles de conduire à une issue favorable de ladite crise. Pour jouer leurs partitions, les chefs d’État de la CEDEAO se sont entretenus par visioconférence, le lundi 27 juillet 2020. A l’issue de cette conférence virtuelle, les sommités de la sous-région ouest-africaine ont fait des propositions, somme toute, à pertinence relative.

Mais là où le bât blesse est qu’au nombre des propositions faites par la CEDEAO il y a certaines qui, indubitablement, prêteront le flanc à un imbroglio politico-judiciaire. En effet, le sommet virtuel de la CEDEAO a vivement demandé que soient contraints à la démission, les 31 députés dits ‘’mal élus’’ et aussi que l’on procède à une recomposition de la Cour Constitutionnelle. Mais à bien analyser la faisabilité de ces deux propositions de la CEDEAO, on se rendrait aisément compte que leurs mises en application seraient en butte à des écueils de taille, notamment d’ordre juridique.

En effet ce serait tout simplement un leurre que de croire qu’il serait aisé d’obtenir la démission des députés dits ‘’mal élus’’ dans la mesure où, eux-aussi, ont des arguments juridiques très solides pour refuser de démissionner, quoi qu’il advienne.

D’ailleurs ils ne font nullement mystère de leur intention de se prévaloir desdites dispositions légales pour contrer toute autre décision qui ne leur siérait pas. Au cours de la conférence de presse qu’ils ont animée le mercredi 29 juillet dernier, les députés dits ‘’mal élus’’ ont été sans ambiguïté quant à leurs refus de démissionner. En plus, ils savent pertinemment que les autorités publiques maliennes se rendraient coupables ‘’d’abus de pouvoir’’, donc répréhensibles, en voulant se conformer aux recommandations de la conférence virtuelle des chefs d’Etat de la CEDEAO. Ce serait une lapalissade que dire, au regard des péripéties de la crise, rien n’est plus improbable que la démission des députés dits ‘’mal élus’’. A titre individuel, ils sont tous convenus de ne pas démissionner et c’est le même son de cloche au sein de leurs partis d’appartenance. Comme pour en rajouter à l’adversité à laquelle est confronté le Président IBK du fait des péripéties de la crise, le parti majoritaire ‘’Rassemblement Pour le Mali’’ (RPM) et non moins parti présidentiel a exhorté tous les députés issus de ses rangs, qu’ils soient ‘’bien’’ ou ‘’mal’’ élus, à ne démissionner sous aucun prétexte.

Nombreux sont aussi les partis politiques qui ont donné les mêmes consignes à leurs militants, que ceux-ci soient bien ou mal élus.

Eu égard à cette prise de position des dirigeants du parti présidentiel, c’est donc avec une certaine stupéfaction que les Maliens ont appris le revirement qui s’est subitement opéré dans le comportement des dirigeants du RPM face à la situation qui prévaut au niveau de l’Assemblée Nationale. En effet après exhortation faite à ses élus à l’Assemblée Nationale de s’opposer avec véhémence à toute idée de leurs démissions, voilà qu’à présent, ce parti présidentiel émet un autre son de cloche  qui est à l’antipode du précédent. Comme pour faire preuve de son engagement aux côtés du Président de la République, dans le cadre de la recherche de solutions à la crise socio-politique que traverse le Mali depuis dix semaines maintenant, le RPM a adressé à ce dernier un mémorandum dans lequel un accent tout particulier est mis sur l’éthique et les principes démocratiques. Au-delà des félicitations et autres signes de gratitude à l’endroit du Chef de l’Etat, le Bureau Politique National du RPM (BPN-RPM) a précisé dans son mémorandum que : « le parti (RPM) exprime sa position clairement favorable à la tenue d’élections législatives partielles et s’oppose à toute dissolution de l’Assemblée Nationale ». Si les dirigeants ‘’RPMistes’’, par ce mémorandum,  expriment la position de leur famille politique par rapport au dossier brûlant de l’Assemblée Nationale, il faut aussi reconnaitre qu’ils font preuve d’une certaine inconstance dans la mesure où, il y a seulement un peu plus d’une semaine, c’étaient les mêmes qui avaient exhorté leurs députés à refuser de démissionner, quoi qu’il advienne.

Est-il besoin de dire aux dirigeants du RPM que pour tenir des législatives partielles il faudrait au préalable que l’on obtienne la démission, de gré ou de force, des occupants actuels des sièges sujets à contestations ?

Etant donné que ce sont eux qui ont exhorté les élus de leur parti à ne démissionner sous aucun prétexte, ils devraient alors nous indiquer les voies et moyens à emprunter pour tenir des législatives partielles, alors que les sièges concernés ne sont pas encore vacants. En vérité, le problème des députés dits ‘’mal élus’’ est beaucoup plus complexe qu’il n’en donne l’air et pourrait, très probablement, déboucher sur une crise politico-judiciaire. Ce ne sont surtout pas les dirigeants du RPM qui diront le contraire.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-13T15:39:24+02:00août 13th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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