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INTERDICTION D’EXPORTATION DE BÉTAIL: LA MESURE PRODUIT LE CONTRAIRE DE L’EFFET ESCOMPTE

Le Mali étant un pays entièrement enclavé avec un très faible taux d’industrialisation, il est donc tout à fait logique que son économie soit fortement tributaire de l’importation des produits de premières nécessités. A cet égard, c’est plutôt l’économie de marché qui s’impose pour assurer l’équilibre de l’offre et de la demande. C’est donc dire cette économie de marché qui exclut toute intervention des grands monopoles ou de l’Etat, constitue une pièce extrêmement importante de la vie de la nation.

Suite au coup d’Etat qui a renversé IBK et son régime le 18 août 2020, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé, en guise de sanction ou de moyen de pression, de mettre un embargo sur le Mali.

Toutefois l’organisation sous régionale fait exception, pour l’application de cette mesure, des denrées de première nécessité, des médicaments, des produits pétroliers et l’électricité.

Il ne se fera l’ombre d’aucun doute, vu la situation d’enclavement total du Mali, qu’un tel embargo aura des répercutions fâcheuses pour les populations qui ne tirent leurs subsistance que de l’économie de marché. Ce système économique qui en appelle essentiellement au tertiaire sera confronté à des difficultés de divers ordres, si bien que l’équilibre budgétaire dans les ménages s’y trouvera sérieusement affectée. Il n’est un secret pour personne que la majorité écrasante des citoyens maliens vit au jour le jour avec pour principale préoccupation, la recherche de la pitance. Il serait alors superflu de dire, un embargo aura un impact économique très défavorable sur la vie des ménages maliens. S’il est vrai, de par sa situation d’enclavement et aussi de par la faiblesse de son taux d’industrialisation, que le Mali est confronté à des difficultés économiques, il n’en demeure pas moins vrai aussi que la sanction économique envisagée par la CEDEAO viendrait rendre délétère une situation naguère précaire. A bien disserter sur les tenants et les aboutissants de cette sanction économique que l’organisation sous régionale impose, on concéderait volontiers qu’elle est tout simplement injuste étant donné que ce sont plutôt les populations civiles qui en pâtissent toujours. C’est dans cet ordre d’idée, en riposte à l’embargo imposé au Mali, que la Fédération Nationale de la filière Bétail du Mali a décidé, à son tour, d’interdire toute exportation de bétail ‘’sur pied’’ à destination des autres pays de la zone CEDEAO.

Mais il est regrettable de constater que cette mesure de rétorsion a plutôt produit le contraire de l’effet qu’on y escomptait.

En effet, suite à l’interdiction d’exportation du bétail à partir du Mali, il a été constaté une soudaine hausse notoire du prix de la viande fraiche dans certains pays frontaliers du Mali. En ce qui concerne le poisson congelé, les prix ont grimpés au Mali et cela est d’autant normal quand on sait qu’il s’agit là d’un produit d’importation frappé par l’embargo de la CEDEAO. Mais là où le bât blesse et que le citoyen ‘’lambda’’ malien ne s’explique pas est que le prix de la viande fraiche n’a nullement été revu à la baisse. Et pourtant avec l’arrêt de l’exportation du bétail ‘’sur pied’’, le prix de cette denrée aurait dû connaitre une baisse, aussi légère soit-elle, et cela conformément à la règle de l’offre et de la demande. A vrai dire cela intrigue beaucoup le consommateur malien qui ne sait à quel saint se vouer. On se souvient qu’à l’occasion du mois de Ramadan passé, compte tenu de l’impact socio-économique de la pandémie du COVID-19, le prix de la viande fraiche avait connu une légère hausse compte tenu du contexte particulièrement difficile que vivaient les professionnels de la filière de la viande. Mais bien que les mesures qui ont prévalu à cette augmentation soient progressivement levées, l’augmentation quant à elle est restée. En tout cas si l’arrêt de l’exportation du bétail vers les autres pays frontaliers du Mali est censé être une riposte à l’embargo, il faut alors dire que les objectifs sont loin d’être atteints et que ce sont plutôt les populations maliennes qui en pâtissent.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-28T14:28:13+02:00août 28th, 2020|COVID 19, ECONOMIE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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