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LA COMMUNE RURALE DE FALEA DE NOUVEAU COUPÉE DU RESTE DU MALI: LES POPULATIONS INTERPELLENT L’ETAT ET LES SOCIÉTÉS MINIÈRES AUTOUR DE LA MENACE

La Commune Rurale de Faléa est en danger. Les populations conscientes de la gravité des faits interpellent à la fois l’Etat et les sociétés minières en activité dans la zone. A cause des risques liés à la destruction des voies du fait de l’action de ces sociétés, la commune exige qu’elles participent à leur financement.Faléa est une collectivité territoriale située dans l’extrême sud-ouest du Mali, dans la Région de Kayes et à ses frontières avec la République du Sénégal et la République de Guinée-Conakry. Elle est composée de 21 villages et de 46 hameaux administrés par un conseil municipal avec à sa tête un bureau communal dirigé par le Maire. Chacun de ses villages est dirigé par un chef de village assisté d’un conseil de village. Sa population est estimée à 17 000 habitants (d’après le recensement de 2006) répartis entre quatre ethnies (Peulh, Djalonké, Malinké et Diakhanké) essentiellement occupées dans l’agriculture, l’orpaillage traditionnel, l’élevage et le commerce surtout ambulant.

Appartenant à la région géographique pré-guinéenne, elle bénéficie d’une très bonne pluviométrie (900 à 1200 mm de pluies par an), possède de nombreux cours d’eau, d’immenses et diverses ressources naturelles et minières : des terres arables, la nappe phréatique est peu profonde et facilement accessible (3 à 4 mètres), des sources d’eau naturelles exploitables, le bambou, une faune et flore très riches, de l’or, de la bauxite, du cuivre, de l’argent, de l’uranium, du diamant, etc.

DES POTENTIALITES IMMENSES MAIS…..

Malheureusement, à ce jour, selon des cadres de la commune ces potentialités économiques exceptionnelles ne sont pas mises en valeur parce que cette zone-réserve naturelle cumule de nombreux handicaps qui entravent les initiatives de développement local durable, à savoir :  l’enclavement extrême dû au très mauvais état des routes et pistes, ainsi qu’un isolement complet pendant sept à huit mois par an à cause de la crue du fleuve Falémé jusqu’à la mise en service récente d’un bac automoteur traversier ; le niveau d’équipement en infrastructures modernes très rudimentaire, par exemple, le manque d’électricité et d’eau courante, de moyens adaptés au transport des malades (usage de bicyclettes et motos) ; l’insuffisance criarde de structures et du personnel sanitaires, etc. ; le faible niveau de formation et d’encadrement technique des populations et de leurs représentants ; de très faibles taux de scolarisation et d’alphabétisation des populations, en particulier des filles et des femmes ; la faiblesse générale des revenus des ménages. En 2015, après une longue bataille menée par les ressortissants de la Commune Rurale de Faléa sous, l’égide de leur association ASFA 21, et grâce à l’appui du Conseil de cercle de Kenieba, l’Etat malien a effectué des travaux d’aménagement de la voie d’accès au quai d’accostage à Fadougou du bac automoteur destiné au désenclavement de la Commune Rurale de Faléa et de la construction du tronçon fleuve Falémé-Faléa-Frontière Guinée de la RN2.  Cela a permis au territoire communal de Faléa d’être désormais accessible durant toute la saison des pluies et de permettre les évacuations sanitaires ainsi que les activités de circulation et d’échanges avec le reste du Mali dans de bonnes conditions sur cet axe.

Ce qui constitue un facteur déterminant d’intégration au monde moderne, de sécurité, d’épanouissement, de bien-être des populations et de développement local et national

Cependant, en raison de l’intensité du trafic routier sur cet axe, de la présence massive des sociétés minières, et les facteurs naturels, les dégradations sur cette section de route (Fadougou-Fleuve Falémé-Faléa) qui se prolonge jusqu’en République de Guinée, sont nombreuses. En l’espace de trois années, elle connaît de nouveau une situation dégradante suite à l’effondrement d’un pont provoqué par les pluies diluviennes qui s’abattent dans la région. Il s’agit du pont situé aux environs du village de Khambaya. Il y’a trois ans, il avait subi des réparations à la suite des fortes pluies enregistrées dans la région. Ces pluies provoquent constamment un débordement du marigot qu’il surplombe. Et chaque année, a ce même endroit, l’érosion fait tomber des pans entiers de la digue qui canalise les eaux d’écoulement. En 2017, les eaux de pluie avaient totalement englouti la route, poussant dans un premier temps les motocyclistes, les piétons et les automobilistes à emprunter l’axe de contournement de la route qui va de Dongofili à Siribaya.

Malheureusement, cette solution n’avait pas duré longtemps

L’immense mare qui jouxte cet axe routier était devenue elle aussi totalement infranchissable pour les automobilistes et les motocyclistes. Cette année, les précipitations n’offrent aucun répit aux habitants qui restent bloqués pendant de nombreux jours pour se rendre dans leurs champs, réaliser des échanges commerciaux ou rendre visite aux parents vivant dans des villages se trouvant au bord du fleuve Falémé. Des cas de noyade sont rapportés suite aux chavirements de pirogues qui assurent la traversée. Aujourd’hui, la Commune de Faléa est coupée du reste du pays. L’Etat doit rapidement agir pour rétablir la circulation sur cette route au bénéfice des populations. Par ailleurs, il est tout à fait juste et légitime d’exiger des sociétés minières qui opèrent dans la Commune Rurale de Faléa, le financement des travaux complémentaires de désenclavement puisque toutes prélèvent des ressources (notamment l’eau), utilisent et défoncent les routes et pistes sans contrepartie significative tandis que les populations résidentes ne peuvent même pas circuler facilement et sortir de leurs contrées pour accéder aux grands axes, notamment la RN2.Pour tous ces problèmes auxquels la commune est confrontée les cadres et autres ressortissants interpellent les décideurs. Les sociétés minières aussi.

LAYA DIARRA

By |2020-09-28T14:12:08+02:00septembre 24th, 2020|ACTUALITE, MINES, ENERGIE ET EAU|0 Comments

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