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L’APRES COUP D’ETAT ET LE PROCESSUS DE SORTIE DE CRISE AU MALI: LE MNLA DANS LES MANŒUVRES ?

Pendant que la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA), par la voix de son porte-parole, dit avoir suivi avec attention les derniers développements de la situation socio politique et acté la démission du Président de la République ainsi que de la dissolution de l’Assemblée Nationale et du Gouvernement, une autre voix discordante, celle de Hama Ag Sid’Ahmed, conseiller spécial chargé des Affaires politiques auprès du Secrétaire général du Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), vient brouiller les pistes avec des propos qui ne rassurent pas !

Ces contradictions à l’interne de la CMA, qui a également pris acte de l’appel lancé par le Conseil National du Salut du Peuple (CNSP) et de son attachement à l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali issu du Processus d’Alger (APR), ne présagent en effet rien de bon. Hama Ag Sid’Ahmed du MNLA, dans une déclaration à « Sputnik », indique qu’à l’heure actuelle, n’y a aucun contact avec les auteurs du coup d’État du mardi 18 août, et se dit pessimiste, quant au processus politique promis par les putschistes qui, à ses yeux, retardera la mise en œuvre de l’accord de paix.

«Il n’y a pas de contact officiel entre la CMA et les putschistes. Ils se sont engagés à respecter les accords d’Alger mais je ne pense pas qu’ils puissent faire autrement.

Cependant, nous savons que la transition politique retardera l’application du traité de paix passé entre les Touaregs et Bamako. D’après leur feuille de route, il y aura de nombreuses concertations ainsi que des conférences nationales pour l’élaboration d’une nouvelle Constitution. Il faudra au moins près de deux ans pour revenir à la légalité. D’ici là, il ne se passera rien», dira-t-il. Aussi, ce responsable touareg, membre influent de la rébellion touareg depuis les années 1990, prédit des jours sombres pour Bamako. Selon lui, ce coup d’État risque de fragiliser le Mali, qui reste fortement dépendant de l’aide financière internationale.

Pour rappel, dans une interview accordée à « Sputnik » au mois de janvier 2020, le même Hama Ag Sid’Ahmed avait dénoncé les pratiques dilatoires du Président déchu. «Nous sommes loin de l’application de l’Accord d’Alger signé le 20 juin 2015. Depuis sa ratification, les gouvernements maliens qui se sont succédé patinent sous la présidence d’Ibrahim Boubacar Keïta. Ils gagnent du temps, comme ils l’ont toujours fait dans les précédents traités de paix qui les ont liés aux Touaregs», avait-il dit. Et d’indiquer que ce coup d’État est venu compliquer la situation.

«Le départ précipité d’Ibrahim Boubacar Keïta ne va rien arranger, nous craignons même que cela ne constitue une brèche vers plus d’instabilité.

Toutes les subventions des partenaires extérieurs seront bloquées. Ce putsch était prévisible, il était en gestation depuis quelques mois. D’ailleurs, un autre coup d’État militaire avait été avorté il y a quatre mois». Comme on le voit, l’avenir reste incertain pour Bamako, la direction du MNLA étant apparemment en train de se préparer à toute éventualité. La question est donc de savoir si les rebelles de l’Azawad participeront au processus politique de révision constitutionnelle que s’engagent à mettre en œuvre les militaires du CNSP. «Le pays est très divisé en ce moment et si la situation perdure, les Touaregs pourraient réclamer un système fédéral qui pourrait correspondre au Mali d’aujourd’hui», avertit Hama Ag Sid’Ahmed. Pour lui, la communauté internationale a un rôir le processus de réconciliation et en continuant à lutter activement contre le terrorisme.

Aussi pensent-il que les tensions politiques à Bamako ne doivent pas faire oublier la crise sécuritaire qui sévit au nord et au sud du pays.

C’est d’autant que ces dernières semaines, de violents combats ont opposé les djihadistes de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) à ceux du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM) dans la région de Ménaka. Pour rappel, signés en mars-avril 2015 par le gouvernement malien et les différents groupes rebelles du Nord, les accords d’Alger prévoyaient une batterie de mesures pour ramener la paix dans les régions septentrionales du pays. Qu’il s’agisse des modalités du retour de l’administration, du redéploiement des Forces armées maliennes (FAMA) ou d’une décentralisation renforcée au profit de ces régions.

MAIMOUNA DOUMBIA

 

By |2020-08-24T17:47:05+02:00août 24th, 2020|A LA UNE, ACTUALITE, SÉCURITÉ|0 Comments

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