//LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU RECLAME LA DISSOLUTION DU CNSP: QUE CACHE RÉELLEMENT L’EX-JUNTE MILITAIRE SUR CETTE QUESTION ?

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE L’ONU RECLAME LA DISSOLUTION DU CNSP: QUE CACHE RÉELLEMENT L’EX-JUNTE MILITAIRE SUR CETTE QUESTION ?

Après la mise place des organes de Transition et la désignation des autorités de Transition, des interrogations planent aujourd’hui sur l’importance de la conservation du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP), une autorité mise en place aux premières heures de la chute du président Ibrahim Boubacar KEITA et de son régime pour assurer le fonctionnement de l’Etat avant la désignation des autorités de Transition. Se trainant sur la dissolution du CNSP, l’ex-junte militaire donnerait tout simplement l’impression de maintenir la pression sur les autorités de la Transition. Toute chose qui ne faciliterait pas la mise en œuvre rapide des missions assignées aux nouvelles autorités.

L’existence du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) après la mise en place des organes de Transition et la désignation des nouvelles autorités suscité encore de la suspicion, de zone d’ombre dans la gestion de la Transition.

Cette autorité mise en place après la chute d’IBK par la Junte militaire existerait-elle encore pour maintenir la pression sur les autorités en charge de la Transition : le président de la Transition Bah N’DAW et son Premier ministre, Moctar OUANE ?  Aujourd’hui, les militaires seraient moins sincères sur cette question. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait posé comme l’une des exigences, sa dissolution. Son existence à côté des autorités de la Transition ne serait pas fortuite. Pourtant, tel, il est très mal vu. Il constitue même une menace pour les autorités intérimaires. Notons que c’est presque sous le même angle que le Conseil de Sécurité des Nations Unies l’aurait perçu. On se rappelle, la dissolution du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) a été également l’une des recommandations phares, formulées par les membres du Conseil de sécurité réunis sur la situation du Mali le jeudi dernier à New York. Toute cette situation ne présage pas de perspective prometteuse pour le pays. Puisque les partenaires techniques et financiers seront toujours attentifs et méfiants si l’ex-junte militaire reste très visiblement présente sur le terrain de l’exécutif. L’occupation rationnelle du pouvoir exécutif par les militaires nous amènerait à voir les “robinets fermés” par plusieurs d’entre eux. Donc, beaucoup de nos partenaires (PTF) hésiteraient d’injecter leur argent dans les différents secteurs du développement socioéconomique.

Si, aux premières heures de la chute du régime d’IBK, l’espoir était revenu chez bon nombre des Maliens, aujourd’hui, au regard de la tournure des choses, le doute commence à s’installer

Depuis l’entame du processus de la Transition (l’élaboration de la Charte de la Transition, la désignation du Président, du Vice-président et Premier ministre, jusqu’à la nomination des membres du Gouvernement), le désormais ex-junte militaire a toujours laissé une zone d’ombre. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les Maliens se trouvent entre espoir et incertitude. Car, le comportement des militaires laisse à désirer ce dernier temps. Ce qui fait dire à beaucoup des compatriotes que le changement souhaité risque de ne jamais voir le jour lors de cette Transition. Du coup, les Maliens sont impatients de voir des actes concrets pouvant redonner l’espoir au peuple malien avec un avenir radieux pour le Mali. Notons que l’organe décisionnel des Nations unies a réaffirmé la nécessité de garantir la participation pleine, égale, effective et véritable de tous les Maliens au processus politique. Ce qui est loin d’être le cas actuellement. Faut-il le rappeler, pour le Conseil de sécurité, la priorité de la Transition doit être l’organisation d’élections transparentes, libres, régulières et crédibles. Cela dans un climat pacifique et dans un délai de 18 mois, conformément à la Charte de la Transition. Signalons que les militaires promettent cette dissolution dès que le Conseil National de Transition sera mis en place.

Boubacar DIARRA

By |2020-10-21T15:49:22+02:00octobre 21st, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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