//LE MALI VERS UNE CONFISCATION DU POUVOIR PAR LES MILITAIRES: LE CNSP A-T-IL DEJA OUBLIE SES ENGAGEMENTS ?

LE MALI VERS UNE CONFISCATION DU POUVOIR PAR LES MILITAIRES: LE CNSP A-T-IL DEJA OUBLIE SES ENGAGEMENTS ?

Malgré la menace du maintien des sanctions contre notre pays, la junte militaire du Col. Assimi Goïta étale sa volonté de confisquer le pouvoir prétextant que c’est la volonté de la Majorité du peuple. Pourtant, le danger d’un embargo total est imminent contre le pays. L’engagement que le CNSP avait affiché pour le peuple à son arrivée au pouvoir ne se voit plus aujourd’hui. La junte militaire est-elle dans la dynamique de respecter ses engagements ?

Aujourd’hui, sans risque de se tromper, on peut affirmer que le groupe des colonels qui détient le pouvoir n’est plus dans la dynamique de sortir par la grande porte en confiant le pouvoir aux civils comme l’exige la CEDEAO. Cette attitude est loin de servir l’intérêt populaire. La Communauté Internationale, en première ligne la CEDEAO, est à nos trousses. Clairement, elle ne voudrait pas une Transition militaire. Cela arrange-t-il le Mali. le pays vit un contexte où son existence même est menacée. Les groupes terroristes et djihadistes tirent de partout. La junte militaire était applaudie par presque la majorité du peuple au lendemain du coup de force. Elle court le risque d’être vomie à la suite des évènements, si elle continue de vouloir confisquer le pouvoir pendant la Transition. Si aujourd’hui, elle n’a pas confiance aux hommes politiques, alors, le pays détient encore des hommes et des femmes compétents, dignes et intègres. Ils ne sont pas politiques mais capables de remettre notre bien commun, le Mali, sur de meilleurs rails. Ceci n’est pas à ignorer.

Pourquoi le CNSP n’aurait pas confiance en les politiques pour diriger la Transition ? Est-il possible de faire face la communauté internationale et savoir diriger convenablement le Mali ? Pourquoi ce retournement de vestes de la junte ? Le CNSP n’est-il pas capable de confier la Transition à des civils et veiller au grain ? Telles sont entre autres des questions restées sans réponses. Maintenant, après le mini-sommet de la CEDEAO à Accra, en écoutant les propos du Col. Major Ismaël WAGUE, porte-parole du CNSP, les Maliens doivent s’inquiéter. Car, c’est le début d’une souffrance de longue durée. Que Dieu nous préserve !

On se rappelle, juste quelques jours, lors d’une invitation sur le plateau de l’ORTM, l’autorité morale du Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), l’Imam Mahmoud DICKO, avait dit ceci : “Personne n’aura plus  un chèque en blanc dans  la gestion de ce pays. Les Maliens doivent avoir une nouvelle attitude dans leurs approches de Gouvernance. Les jeunes, nos enfants du CNSP, ont fait un travail extraordinaire. Maintenant, ils ont besoin de l’encadrement et de l’assistance de tout un chacun pour que nous puissions amorcer la Transition de façon honorable, pour entretenir cette espérance suscitée par ce mouvement.” Il avait ensuite ajouté que la junte n’était pas venue pour achever le travail et ensuite s’accaparer du pouvoir.”

Mais presque dix jours après, voici ce que la junte ambitionne.

Lors d’une conférence de presse avant-hier, le Col. Major, Ismaël WAGUE a révélé la volonté des militaires de confisquer le pouvoir malgré les exigences de la CEDEAO. Voilà ce qu’il rapportait : “La CEDEAO nous a donné 07 jours pour mettre en place un Président et un Premier ministre civils. Dans la mesure où la majorité a parlé d’une Transition militaire, nous avons suggéré qu’on puisse aller dans ce sens. La CEDEAO a refusé. Nous avons donc dit à la CEDEAO que nous ne pouvions pas décider sur place et que nous allions revenir et discuter conformément à la charte. Notre position est de nous mettre en accord avec la majorité de la population qui a demandé une Transition militaire”. Telles étaient les inquiétudes de l’organisation sous-régionale et du Comité Stratégique du M5-RFP dès les premières heures du coup d’Etat. Ces propos permettent de conclure que, clairement, les militaires ne veulent pas se séparer du sésame.

L’Imam Mahmoud DICKO est revenu sur la question ces derniers jours

Notons que dans une interview exclusive accordée à nos confrères de Maliweb, l’Imam DICKO a été sans détour. “J’ai demandé aux militaires de respecter leur serment et de ne pas penser que le peuple malien va encore, après toute cette lutte, se laisser entraîner dans des arrangements où l’on se partagerait des postes. J’ai été très clair avec les militaires de laisser gérer  la Transition  par un civil car, je n’ai pas fait toutes ces luttes pour que la communauté internationale puisse sanctionner le peuple malien, je l’ai fait pour atténuer la souffrance de mon peuple. Je n’aimerai jamais voir mon peuple se retourner contre moi. Le combat  que je mène, c’est au nom du peuple malien. J’invite les Maliens  qu’ils s’impliquent davantage dans la gestion de la chose publique. Je ne veux pas que le résultat de mon combat risque de payer par le biais des sanctions de la communauté internationale à cause des militaires. Ces jeunes soldats sont mes enfants, j’espère qu’ils m’entendent et qu’ils sont conscients de céder.”

“Je n’hésiterais pas à regagner à nouveau le boulevard de l’indépendance, parce que je ne souhaite pas que l’on se mette dans une situation qui nous mette en porte-à-faux avec la communauté internationale.  Il faut faire en sorte de conserver avec elle de bonnes relations pour qu’elle nous accompagne et que nous puissions vraiment sortir  de cette situation.” Telle a été la conclusion du guide. Que ces propos ne tombent pas dans des oreilles de sourds. Certaines sources nous indiquent hier que la junte serait prête à faire des compromis pour l’intérêt du Mali. A suivre !

Boubacar DIARRA

By |2020-09-18T10:29:07+02:00septembre 18th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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