//LIBERATION DES PERSONNALITÉS ARRÊTÉES SUITE AU COUP D’ETAT: IL NE POUVAIT D’AILLEURS EN ETRE AUTREMENT

LIBERATION DES PERSONNALITÉS ARRÊTÉES SUITE AU COUP D’ETAT: IL NE POUVAIT D’AILLEURS EN ETRE AUTREMENT

C’est avec une certaine satisfaction que les Maliens ont appris la libération de 12 personnalités qui avaient été arrêtées suite au coup d’Etat perpétré le 18 août 2020 contre le régime IBK. Si à l’accoutumée, les putschs militaires ont toujours été accompagnés de vagues d’arrestations dans le sérail des tenants du pouvoir d’Etat, il faut dire que celui qu’il a été donné de voir ce mardi 18 août 2020, avait un relent d’injustice et de partialité. A vrai dire les Maliens ont été surpris de voir certaines ‘’Grosses Pointures’’ du régime défunt passer allègrement à travers les mailles du filet alors que d’autres ont été retenus dans les liens de la junte. Sous la pression de la ‘’Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’ouest’’ (CEDEAO) le président déchu, IBK, a vite recouvré la liberté pour raison majeure de santé.

Mais ses deux principaux collaborateurs, pour ne pas dire ses deux principaux complices dans la gestion des Affaires de l’Etat, à savoir le Président d’alors de l’Assemblée Nationale, Moussa TIMBINE et le Premier Ministre d’alors, Boubou CISSE ont été gardés en même temps que certains officiers supérieurs, sans que le peuple ne soit vraiment édifié sur les raisons de leurs détentions. Bien que les intéressés ne se soient jamais plaints d’un quelconque désagrément lié aux conditions de leurs détentions, il n’en demeure pas moins cependant qu’une privation de liberté a toujours un arrière-goût amer. Nous savons que dans le cadre de sa mission pour le rétablissement de la normalité constitutionnelle au Mali, la CEDEAO avait imposé des sanctions financières et économiques au pays. Le but fondamental visé par cette restriction financière et économique était essentiellement pour contraindre la junte à faire en sorte d’accélérer le retour du pays à une normalité constitutionnelle. Ainsi l’élite ouest-africaine avait exigé des nouvelles autorités du pays, pour que cet embargo soit levé : 1)- La nomination d’un Président ‘’civil’’ à la tête de la Transition ; 2)- La nomination par ledit Président d’un Premier ministre, lui-aussi ‘’civil’’ ; 3)- La formation, sous l’égide de ce Premier ministre, d’un gouvernement d’union national de 25 membres ; 4)- La dissolution du CNSP aussitôt le gouvernement mis en place ; 5)- Une relecture de certaines dispositions de la Charte de la Transition. Notamment celle se rapportant aux prérogatives et attributions du Vice-président de la Transition ; 6)- La publication de la mouture finale et définitive de la Charte ; 7)- Libérer ou alors ester en justice les personnalités civils et militaires arrêtées dans le cadre du coup d’Etat. Comme pour mieux convaincre de sa bonne foi à œuvrer dans le sens d’un retour à une vie constitutionnelle normale, la junte a annoncé, le mercredi 7 octobre 2020, la libération des douze personnalités civiles et militaires arrêtées lors du coup d’État du 18 août 2020. Il ne pouvait d’ailleurs en être autrement quand on sait que c’est là une exigence de la CEDEAO qui a néanmoins accepté de lever l’embargo sans que ladite exigence ne soit satisfaite.

Signalons qu’au nombre des douze personnalités libérées, on compte deux civils que sont Boubou CISSE et Moussa TIMBINE et dix militaires haut gradés parmi lesquels le Général Dahirou DEMBELE. C’est donc dire, au stade actuel de l’acheminement de la Transition, le seul point d’achoppement, entre la junte et la CEDEAO a trait à la dissolution du CNSP. Sur ce point aussi, il ne devrait pas y avoir de tiraillements car la CEDEAO pourrait facilement concéder quelques semaines supplémentaires à la junte. En effet, dans ses prises de position et autres déclarations, la junte ne refuse pas la dissolution du CNSP, mais seulement voudrait le maintenir pour un peu plus de temps. En effet, là où la CEDEAO exige la dissolution du CNSP aussitôt que le gouvernement de Transition est mis en place, la junte, quant à elle, envisage cette dissolution seulement après la mise en place de tous les organes de la Transition. Mais là c’est une autre paire de manches à partir du moment où, conformément aux exigences de la CEDEAO, les personnalités arrêtées suite au coup d’Etat ont toutes été libérées. Au courant de cette semaine, la venue à Bamako du président en exercice de la CEDEAO, le Chef d’Etat ghanéen Nana Akufo-Addo, avait été annoncée. Le but de ce déplacement étant essentiellement pour évoquer le sujet se rapportant à la libération des personnalités, on devrait alors se demander si cette visite de haut niveau est toujours maintenue étant donné que le problème a déjà été résolu ? Mais attendons pour voir.  

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-10-09T10:30:23+02:00octobre 9th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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