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LIBERATION RAPIDE DE SOUMAÏLA CISSE: LE CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU L’EXIGE

  • DE QUOI JE ME MELE ?

Décidément l’enlèvement de Soumaïla CISSE par des hommes armés non identifiés, dans le cercle de Niafounké, n’a laissé personne indifférent. Au niveau national, tant du côté des organisations de la société civile, des partis politiques, que de celui des pouvoirs publics, des initiatives ont fusé de partout pour demander la libération du président de l’URD et de la délégation qui l’accompagnait. Au niveau international, nombreuses ont été les voix qui se sont élevées pour, non seulement fustiger cet enlèvement mais aussi pour appeler à la libération, sans condition aucune, du chef de file de l’opposition politique au Mali. C’est dans ce cadre que le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est fendu d’une déclaration publique le mardi 07 avril 2020, pour ‘’exiger la libération rapide de Soumaïla CISSE’’.

Bien sûr que c’est là une façon, pour le Conseil de Sécurité’’, de s’insurger contre cet enlèvement quoi qu’elle fût tardive. Signalons que c’est depuis le 25 mars 2020 que Soumaïla et ses compagnons sont tombés dans une embuscade tendue par des groupes djihadistes ou alors des bandits de grand chemin. Mais suite à d’intenses tractations et négociations, tous les infortunés, à l’exception de Soumaïla lui-même, furent libérés les 02 et 03 avril 2020. C’est donc dire que cette sortie de l’institution internationale est intervenue des jours après que les compagnons d’infortune de Soumaïla ont été libérés. A écouter la vox populi au Mali, cette sortie du Conseil de Sécurité n’en valait vraiment pas la peine et d’aucuns vont jusqu’à craindre qu’elle ne crée plus problème qu’elle n’en résolve. Au citoyen malien de s’étonner en demandant ‘’de quoi je me mêle’’ à propos de cette intervention tardive et inopportune du Conseil de sécurité de l’ONU.

Si le conseil de Sécurité de l’ONU avait pleinement joué sa partition dans la politique de lutte contre le terrorisme dans le Sahel en général et particulièrement au Mali, on n’en serait pas arrivé aujourd’hui à un tel niveau d’insécurité, à plus forte raison d’assister à des enlèvements de hautes personnalités du pays

Depuis l’enlèvement du chef de file de l’opposition politique au Mali, la mobilisation a été générale et spontanée pour obtenir la libération des otages et cela, sans aide extérieure aucune. La libération des autres membres de la délégation a été obtenue suite aux interventions de médiateurs maliens qui, au-delà de toute démagogie, espèrent pouvoir obtenir rapidement la libération de Soumaïla aussi. De la conviction d’une majorité écrasante des Maliens, c’est l’incapacité ou alors la mauvaise foi du conseil de sécurité de l’ONU à engager une vraie lutte contre les groupes terroristes qui a entrainé l’aggravation de l’insécurité dans les régions du centre et du septentrion du pays.

Si le conseil de Sécurité de l’ONU avait pleinement joué sa partition dans la politique de lutte contre le terrorisme dans le Sahel en général et particulièrement au Mali, on n’en serait pas arrivé aujourd’hui à un tel niveau d’insécurité, à plus forte raison d’assister à des enlèvements de hautes personnalités du pays. On sait que dans le cadre de la résolution de la crise multidimensionnelle à laquelle le Mali est confronté depuis huit (08) ans, la communauté internationale, par le biais du Conseil de Sécurité, a un rôle primordial à jouer. D’ailleurs l’Accord d’Alger ne dispose-t-il pas en son article 54 que « La communauté internationale est garante de la mise en œuvre scrupuleuse de l’Accord (en question) et est engagée à accompagner les efforts déployés à cet effets… » ?

A cet égard, il incombe au Conseil de sécurité de prendre, sans complaisance, les mesures qui s’imposent pour pacifier et stabiliser le Mali. Mais si, environ cinq ans après la signature de l’Accord, sa mise en œuvre peine à trouver ses marques, c’est bien parce que cette institution a été incapable d’assumer correctement son rôle. Il s’est complu dans des tergiversations et autre politique protectionniste au détriment de son rôle de garant de la mise en œuvre de l’Accord. De tous temps, en tout cas dans le contexte du Mali, le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’est jamais illustré que par des discours creux et des condamnations du bout des lèvres.

De la conviction d’une majorité écrasante des Maliens, c’est l’incapacité ou alors la mauvaise foi du conseil de sécurité de l’ONU à engager une vraie lutte contre les groupes terroristes qui a entrainé l’aggravation de l’insécurité dans les régions du centre et du septentrion du pays.

Si cette institution internationale avait pleinement joué son rôle, les localités du centre du Mali ne seraient pas en proie à une insécurité aussi grande que celle que l’on connait aujourd’hui. Le laxisme dont fait preuve la communauté internationale, et par ricochet le Conseil de Sécurité, est devenu si flagrant que nombreux sont les observateurs qui s’accordent à leur prêter des desseins inavoués dans la résolution de la crise malienne.

En tout cas, il suffit de tendre l’oreille à l’opinion nationale pour se rendre compte que le Conseil de Sécurité de l’ONU n’est pas en odeur de sainteté auprès des populations maliennes. C’est pourquoi, s’agissant des tractations pour obtenir la libération de Soumaïla CISSE, la majorité écrasante des citoyens préfère que le Conseil de Sécurité ne s’y mêle pas du tout, au risque de compliquer les choses.

 

El Hadj Mamadou GABA

 

 

By |2020-04-08T23:58:15+02:00avril 8th, 2020|A LA UNE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO, SÉCURITÉ|0 Comments

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