/, POLITIQUE, SOCIÉTÉ/LUTTE CONTRE LA CORRUPTION : MAHAMADOU CAMARA NE SERAIT-IL PAS UN SIMPLE AGNEAU SACRIFICIEL ?

LUTTE CONTRE LA CORRUPTION : MAHAMADOU CAMARA NE SERAIT-IL PAS UN SIMPLE AGNEAU SACRIFICIEL ?

La nouvelle qui défraie la chronique en ce moment-ci, sous nos cieux, est celle qui se rapporte à l’arrestation et à la mise sous mandat de dépôt de Mahamadou Camara, ex-directeur de cabinet du Président de la République et non moins ex-ministre de l’Economie Numérique, de l’Information et de la Communication.

En effet, l’opinion nationale malienne et celle internationale ont été informées via un communiqué signé et publié, le 28 mars 2020, par le procureur ‘’anticorruption’’ Mamoudou Kassogué et dans lequel on pouvait lire : « Le cabinet du Procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de la Commune III du District de Bamako en charge du Pôle Economique et Financier informe l’opinion de la réouverture des enquêtes dans l’affaire relative à l’acquisition de l’avion présidentiel et à la fourniture de matériels et d’équipements aux FAMA. Les investigations complémentaires menées par la Brigade Economique et Financière du Pôle Economique et Financier de Bamako ont permis de conforter les graves manquements à l’orthodoxie financière et comptable, relevés par le Bureau du Vérificateur Général, avec des faits de détournements de deniers publics sur fond d’opérations frauduleuses pour un montant de 9. 350. 120. 750 F CFA et de surfacturation par faux et usage de faux  pour un montant de 29. 311. 069. 068 F CFA. Le Procureur de la République annonce l’ouverture d’une information judiciaire contre Sidi Mohamed KAGNASSY, Amadou KOUMA, Nouhoum KOUMA, Soumaïla DIABY, Mahamadou CAMARA et Marc GAFFAJOLI pour faux en écriture, usage de faux et complicité de ces faits, de complicité d’atteintes aux biens publics par usage de faux et autres malversations et de complicité de favoritisme. Ainsi Nouhoum KOUMA et Mahamadou CAMARA ont été placés, le vendredi dernier (Ndlr : 27 mars 2020), sous mandat de dépôt. Le Parquet a procédé à la transmission des éléments d’enquêtes au procureur Général de la Cour Suprême pour saisine de l’Assemblée Nationale concernant Soumeylou Boubèye MAIGA, Mme Bouaré Fily SISSOKO et Moustapha BEN BARKA, ministres de la République au moment des faits… ».

S’il est vrai que le peuple malien a adhéré pleinement à la politique de lutte contre la corruption telle qu’elle a été cautionnée par le Président de la République et conduite par le Pôle Economique et Financier sous la houlette du procureur Mamoudou Kassogué , il n’en demeure pas moins vrai aussi que l’opinion nationale a accueilli avec beaucoup de circonspection l’information véhiculée par le communiqué du Pôle Economique et Financier se rapportant à «la réouverture des enquêtes dans l’affaire relative à l’acquisition de l’avion présidentiel et à la fourniture de matériels et d’équipements aux FAMA »

Dans le communiqué en question, il est fait cas de l’arrestation et du placement sous mandat de dépôt de deux (2) personnes, dont le sieur Mahamadou Camara, alors que ce sont plutôt neuf (9) personnes qui sont mises à l’index. Du coup, l’opinion nationale se demande, avec raison d’ailleurs, si Mahamadou Camara, cet ex-directeur de cabinet du Président de la République, n’est autre qu’un simple agneau sacrificiel dans cette affaire. Ce questionnement a sa part de pertinence dans la mesure où, à bien y disserter, on ne peut que rester perplexe face à la procédure adoptée par le Pôle Economique et Financier et qui, à l’entendement de la vox populi, transpire un traitement inégalitaire vis-à-vis des personnes indexées dans le dossier se rapportant à l’acquisition de l’avion présidentiel et à la fourniture de matériels et d’équipements militaires. En tout cas avec l’arrestation de Mahamadou Camara, la conviction de l’opinion nationale est que le Procureur du Pôle Economique et Financier de Bamako pourrait bien s’être planté dans cette affaire où le sieur Camara pourrait être victime de magouilles insoupçonnées.

De l’avis de bon nombre d’observateurs, dont des juristes chevronnés, l’arrestation et la mise sous mandat de dépôt de l’ex-directeur de cabinet du Président de la République ne tiennent en rien, ni dans le fond, ni dans la forme. De l’avis de certains juristes, de grossières erreurs auraient été commises dans la procédure, notamment en ce qui concerne le délai de prescription qui est de trois (3) ans pour les délits. Ce délai est largement dépassé, depuis que Mahamadou Camara a quitté le cabinet du Président de la République

Ensuite, nul n’est besoin d’être juriste pour savoir qu’il n’y a pas d’émission de mandat de dépôt pour de simples délits. Une autre incompréhension dans la procédure est que Mahamadou Camara avait ‘’Rang de ministre’’ à l’époque des faits a lui reprochés. Donc, normalement c’est la Haute Cour de Justice qui est compétente pour connaître de son cas comme pour ceux d’autres accusés de même statut que lui. Le communiqué du Pôle Economique et Financier révèle bien que : « Le Parquet a procédé à la transmission des éléments d’enquêtes au procureur Général de la Cour Suprême pour saisine de l’Assemblée Nationale concernant Soumeylou Boubèye MAIGA, Mme Bouaré Fily SISSOKO et Moustapha BEN BARKA, ministres de la République au moment des faits… ». Et pourtant Mahamadou Camara, lui-aussi, avait rang de ministre au moment des faits. Pourquoi dissocier son cas de ceux des autres, alors qu’il jouissait des mêmes prérogatives que ces derniers ?

 

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-04-01T01:02:16+02:00avril 1st, 2020|A LA UNE, POLITIQUE, SOCIÉTÉ|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

Aller à la barre d’outils