//MEDIATION DES PRESIDENTS DE LA CEDEAO AU MALI: LES MALIENS DONNENT LEURS POINTS DE VUE

MEDIATION DES PRESIDENTS DE LA CEDEAO AU MALI: LES MALIENS DONNENT LEURS POINTS DE VUE

Après la mission de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest  dirigée par l’ancien président nigérian GOODLUCK Jonathan la semaine dernière, quatre (05) chefs d’Etats sont attendus à Bamako ce jeudi 23 juillet 2020 pour trouver une solution à la crise sociopolitique que sévit notre pays. Cependant, nous avons fait un tour dans la ville auprès des Maliens pour demander leur avis par rapport à l’arrivée de ces chefs d’Etats.

Voici ce que pensent ces citoyens :

Ousmane BADIAGA :

J’apprécie la médiation de la CEDEAO dans notre pays. Quand on est en colère et qu’on trouve quelqu’un pour supplier, on doit l’écouter. C’est très important. Il faut que les différentes parties se comprennent et qu’elles s’entendent. Car la mésentente ne sert à rien. Celui qui te supplie de laisser la guerre t’aime.

Mahamadou DIAKITE, commerçant :

La venue des Présidents de la CEDEAO est vraiment importante. Mais l’intervention de la délégation de la CEDEAO dans ces derniers jours dans notre pays n’a pas servi à grand-chose. Les manifestations continuent toujours. Les émissaires devraient mettre les points sur les i avant de quitter le Mali : la démission du président Ibrahim Boubacar KEITA. Une seule personne ne peut pas se lever et faire ce qu’elle veut dans le pays. En vrai dire, la CEDEAO doit durcir le ton. Si on voit que l’opposition refuse les propositions de la CEDEAO, c’est qu’elle ne joue pas pleinement son rôle. C’est une organisation à nous tous. Donc un seul pays ne doit pas dire non à ses propositions. Bien sûr certains ne veulent pas du président Ibrahim Boubacar KEITA. Mais d’autres aiment sa façon de gouverner. C’est à la CEDEAO de prendre des mesures pour menacer les récalcitrants.

Adama Ouattara, maçon :

A mon avis, le Président malien et l’opposition doivent dialoguer pour trouver une porte de sortie de crise. C’est ce qui est mieux pour nous tous. La démission du Président n’est pas mon avis. Elle plongera le pays dans une crise alors que nous vivons déjà dans une autre crise. Seulement, le M5-RFP doit demander au Président de travailler en prenant compte de l’avis du peuple. La meilleure solution, c’est le dialogue.

Sorry SAMABALY, chauffeur :

La médiation de la CEDEAO est une bonne idée. Si deux hommes sont en conflits et qu’il y ait quelqu’un qui mène la médiation entre eux, c’est une bonne chose. Mais il faut qu’ils prennent en compte la situation actuelle. Les temps sont durs. Il faut qu’ils s’entendent pour que le peuple puisse prendre en charge les dépenses pour la fête. Ils peuvent dire tout sauf la démission du Président. Car cela peut provoquer une autre crise.

Salia DAO, mécanicien :

Chacun a son avis sur la situation actuelle du pays. A ce que je constate, le peuple n’a aucun intérêt dans ces manifestations. En dix ans, s’il faut qu’on fasse deux coups d’Etat. Cette situation n’arrange pas le pays. Nous avons des lois pour élire le Président de la république. Dans la démocratie, la loi interdit le coup d’Etat. Tout le monde le sait. Ce n’est pas la peine qu’on fasse un autre coup d’Etat. Le problème du Mali n’est pas la faute des dirigeants mais c’est la population qui est fautive. En commençant par les hameaux jusqu’au palais de Koulouba, rien ne marche. Les manifestants ne font que semer le désordre. Que ce soit le président Ibrahim Boubacar KEITA et son régime ou l’opposition, le pays a été détruit au vu et au su de tout le monde. Ce que je dis, c’est que notre pays nous appartient. Il faut qu’on cherche une solution entre nous pour recouvrer la paix.

Issa DEMBELE, ingénieur à la retraite :

En ce qui concerne la mission des Présidents, c’est bien parce que dès lors qu’on est en communauté, s’il y a des problèmes quelques part, que les responsables viennent voir. On souhaite qu’ils analysent le cas du Mali en profondeur. Il ne s’agit pas seulement de l’élection législative. Dès lors que le pays ne marche pas bien, il faut s’asseoir et analyser en profondeur le cas du Mali-là. Depuis 2013, les choses ne font que se dégrader. Par la façon de gérer qu’on vit aujourd’hui, on ne parle plus de Kidal. On a supposé abandonner Kidal. Le problème est venu au centre. On a l’impression qu’on a laissé tomber le centre. Maintenant on se cherche à Bamako. Le travail d’un Président c’est la paix et la sécurité. Sans ça rien n’est possible. On est en train de perdre une grande partie du pays. Les trois quart, on l’a perdu. Il n’y a qu’un quart qu’on a. Et dans un quart des attentats ont commencé. Donc qu’est ce qui reste ? Un Président dont la gestion a abouti à tout cela. On est fondé à dire vraiment qu’il ne peut plus continuer à gouverner. Il ne peut pas parce qu’on tout perdu. Les manquements sont partout. Lui-même, il manque à tout le temps la constitution malienne. C’est lui qui en est le gardien.  Donc il n’a pas respecté son serment. On n’a rien contre sa personne mais en tant que chef d’Etat, les Maliens ne sont plus d’accord avec lui.

Oumou Guindo, infirmière :

Pour que le Mali sorte de cette crise… Nous savons tous comment les choses fonctionnent. Il n’y a pas de sécurité, pas d’éducation… Nous Maliens devons résoudre ce problème entre nous. Les Présidents de la CEDEAO doivent rester chez eux. Ils n’ont pas une raison de venir. Nous connaissons nos problèmes mais seul Dieu peut nous aider dans ce problème. Plus de cela. Partout où l’on va, c’est la corruption. Nous accusons les dirigeants. Si la population prend le droit chemin, tout sera régler. C’est tout. Par exemple si on prend 100 motos tu trouveras à peu 40 qui ont la vignette. Tout le reste ne pense qu’à donner du pot de vin aux policiers. Donc le problème vient de la base.

Sorry BAH, enseignant à la retraite :

Concernant la médiation de la CEDEAO, le M5-RFP est radical. Cela m’a un peu déçue. Il cherche une solution de médiation ; je n’en disconviens pas à dire que je ne suis pas politicienne ou autre chose mais dire que le Président a fait ceci, il a fait cela. Ce n’est pas ainsi qu’on peut démettre un Président. Il a été élu démocratiquement. Par rapport à cela la mission de la CEDEAO était venue pour résoudre ce problème. Pourquoi ils ont été refoulés ? Ils n’ont pas voulu les écouter. Les quatre (05) qui doivent venir, est ce que le Mali va continuer comme cela, dans l’anarchie ?  Moi je ne suis pas d’accord. Sinon, ce qui concerne la mission de la CEDEAO ? Ils ont bien essayé. Ils sont venus jusqu’à ce qu’ils sont partis. Sinon s’ils avaient eu un compromis entre eux, les chefs d’Etats n’allaient pas faire de déplacement. C’est un dernier crédit pour l’opposition parce que moi, je connais les conséquences.

Oumar BENGHALY, commerçant :

Que les chefs d’Etats de la CEDEAO viennent nous débarrasser du vieux. Qu’ils partent avec lui et toute sa famille pour qu’on puisse avoir la paix. Les Maliens souffrent à cause d’Ibrahim Boubacar KEITA. Il y a eu plus de tueries sous son mandat que sous n’importe quel autre au monde. De Kayes jusqu’à Kidal, il y a des massacres partout. A mon avis, les Maliens doivent laisser venir les Présidents de la CEDEAO.

Kadidiatou BOCOUM, enseignante :

Quant à moi, les chefs d’Etats de la CEDEAO ne doivent pas venir maintenant. Ce n’est pas le moment. Car il s’est passé beaucoup de chose sans qu’ils ne viennent. Ils viennent maintenant parce qu’ils savent que c’est à tour de rôle. Ces genres de choses les attendent tous. Le Président de la Guinée, Alpha CONDE a chaud aujourd’hui. Quand la rébellion a commencé au Mali, tous nos voisins nous ont laissé sans réagir. Mais aujourd’hui le Burkina Faso est touché. C’est la négligence qui a provoqué tout cela. Ils nous ont laissé dans le trou. Est que quelqu’un d’autre doit venir résoudre nos problèmes ? Nous devons le résoudre entre nous Maliens.

Moussa DOLO dit Hama soum, commerçant :

Les Présidents doivent venir parce que nous sommes membres de la CEDEAO. C’est une bonne initiative. C’est normal qu’ils nous viennent nous aider à résoudre nos problèmes. Si nous restons dans cette situation le pays ne va jamais s’en sortir. Il faut qu’il y ait quelqu’un pour aider car seul nous ne pouvons plus. J’apprécie beaucoup cette initiative. Et nous devons respecter les propositions qu’ils vont faire.

Salim SOGODOGO :

Je trouve que la mission de la CEDEAO au Mali est parfaite. Ils ont proposé des solutions pour sortir de la crise. Si on parvient à accepter les propos de la CEDEAO, c’est une solution pour nous faire sortir de cette fameuse crise. Je salue tous les membres qui sont venus ici à Bamako. C’est une mission noble. C’est parfait pour les Maliens. Je lance un appel à tous les Maliens de prendre la mission de la CEDEAO au sérieux.

Yacouba SISSOKO, jeune diplômé sans emploi :

Cette chose est bizarre. La CEDEAO est une organisation africaine. Et c’est pour les africains. Si tu vois que la CEDEAO vient au Mali, qui la finance ? Ce sont les Occidentaux qui la financent. La CEDEAO fait ce qui arrange les Occidentaux. Elle ne vient pas pour aider le Mali mais elle vient aider le Président Ibrahim Boubacar KEITA. Les chefs d’Etats de la CEDEAO viennent négocier afin que le Président puisse rester à sa place. Ce n’est pas pour le bonheur des Maliens. Qu’ils restent chez eux. Nous allons régler nos problèmes par nous-mêmes.

Aboubacar SISSOKO, jeune diplômé sans emploi :

Qu’ils viennent puisque c’est une question de Président. Nous allons parler mais le M5-RFP restera sur sa position. Vraiment que le vieux parte. On ne peut pas payer nos impôts et que lui et sa famille s’accaparent tout. Le Mali n’est pas un héritage familial. On n’a pas besoin de la CEDEAO. Bien vrai qu’Alassane a mis la Cote d’Ivoire en marche ; qu’il règle d’abord ses propres problèmes avant de venir au Mali. Quant à Christian KABORE, lui doit chercher à combattre ses djihadistes. Tout le monde sait que le Président Ibrahim Boubacar KEITA n’a rien foutu durant ses sept (07) ans. Les gens meurent n’importe comment. Le prochain Président malien doit appliquer la peine de mort. Vraiment nous souhaitons que cette loi soit appliquée au Mali.

Salimatou KONE, ménagère :

Nous souhaitons que ces étrangers puissent trouver une solution à notre problème afin que les Maliens trouvent la paix. Et que la faim et la soif finissent dans notre pays. C’est ce que nous cherchons.

Youssouf COULIBALY, étudiant :

Le dialogue est bon dans toute chose. Le pays est en retard. A l’état actuel les conflits ne sont pas bons pour lui. Le coup d’Etat ou la démission du Président Ibrahim Boubacar KEITA, tout cela n’arrange le Mali. On était en avance par rapport au Burundi et au RWADA mais actuellement ils sont tous au-dessus de nous. Essayons de voir les choses en face et cherchons une solution à l’amiable.

Issa COULIBALY, étudiant :

Selon moi les chefs d’Etats de la CEDEAO ne doivent pas venir. Cela ne doit pas se faire. Nous devons chercher une solution entre nous en tant que Maliens. Mais s’il faut que nous soyons incapables de gérer nos problèmes jusqu’à ce que d’autres nationalités viennent… Surtout qu’elles viennent pourparler entre nous. Le Mali est un repère en matière de dialogue et de paix. Tous ces problèmes sont provoqués par la CEDEAO et la France.

Dramane COULIBALY, tailleur :

Nous n’apprécions pas l’arrivée des Présidents de la CEDEAO parce que nous devons gérer les problèmes de notre pays nous-mêmes. C’est mieux que des inconnus viennent s’y mêler pour les aggraver. Le nord est occupé par les djihadistes. Pourquoi ils ne vont pas libérer cette partie ? Qu’ils nous laissent gérer nos problèmes à notre façon.

Souleymane SANOGO, chauffeur :

Ce sont les envoyés d’Emmanuel MACRON parce que MACRON sait bien que si jamais IBK part, l’armée française va le suivre. Et les intérêts de la France seront menacés. Donc il fait tout pour maintenir son représentant IBK.

Il ne faut pas les écouter. Ils n’ont rien à nous apprendre. Surtout Alassane, c’est le vrai pion de la France. Il veut continuer à nous coloniser. L’exemple palpable est cette monnaie. Il faut qu’ils se comportent bien sinon on ne va pas les tolérer !!

SIDIBE Mariam BAH, ménagère :

Nous voulons simplement que le Président démissionne. Que la CEDEAO soit là au Mali ou pas. Ça ne nous intéresse pas. Un homme ne peut pas tout faire. Quand on ne peut plus, mieux vaut partir. De 2013 à aujourd’hui, le Mali plonge dans le gouffre de jour en jour. Je pense que le mieux est qu’il démissionne.

By |2020-07-23T09:45:07+02:00juillet 23rd, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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