//MÉDIATIONS POUR UNE SORTIE DE CRISE: ET SI L’ON PRIVILÉGIAIT SIMPLEMENT DES CONCERTATIONS INTERNES

MÉDIATIONS POUR UNE SORTIE DE CRISE: ET SI L’ON PRIVILÉGIAIT SIMPLEMENT DES CONCERTATIONS INTERNES

Le moins que l’on puisse dire est que la crise sociopolitique que le Mali traverse en ce moment-ci est beaucoup plus complexe qu’on le pense. D’aucuns parmi les observateurs avertis avaient juré, la main sur le cœur, qu’avec l’intervention de la CEDEAO, une solution serait vite trouvée. Mais malheureusement cette organisation sous régionale, après trois tentatives de conciliation des positions entre les protagonistes, est visiblement en passe de jeter l’éponge, si cela n’est déjà fait. Alors que conviendrait-il de faire, sinon que de privilégier simplement des concertations internes ?

En vérité, vu tout le ballet des missions de bons offices qui a été exécuté tous azimuts mais sans pour autant apporter de résultats probants, il n’est pas exclu que l’option des concertations internes puisse être une solution idoine. Même le médiateur principal de la CEDEAO dans la crise malienne ne désespère pas de cette procédure. D’ailleurs comme pour encourager cette option de concertations internes, le médiateur de l’organisation sous régionale a insisté  auprès du chérif de Nioro afin que celui-ci invite l’imam Mahmoud DICKO, l’autorité morale du M5-RFP, à prôner auprès de ses partisans un esprit d’apaisement. Toutefois, le médiateur sous régional a prévenu que le temps presse et qu’il faille aller vite pour la mise en place d’un gouvernement d’union nationale avec la possibilité de trouver un Premier ministre consensuel.

A vrai dire, le citoyen ‘’lambda’’ se dit étonné de voir tout ce ballet de missions de bons offices alors que le pays regorge de personnes ressources qui ont fait leurs preuves en réussissant à concilier des positions les plus tranchées sous d’autres cieux. En effet, il n’est un secret pour personne qu’en vertu de certaines valeurs ancestrales, les missions de bon offices menées au Mali entre Maliens et par des Maliens ont toujours eu un dénouement heureux. Nous avons chez nous des structures, à l’image du ‘’Réseau des Communicateurs Traditionnels’’ (RECOTRAD), qui ont toujours su jouer leurs partitions dans le règlement des différends à quelque niveau que ce soit.

Indépendamment de cette structure de médiation il y a aussi de nombreux leaders d’opinion qui pourraient jouer des rôles prépondérants dans tout processus de résolution de crise au Mali. Il suffit tout simplement de leur lancer un appel. Et puis les solutions de sortie de la crise que nous vivons en ce moment sont d’autant aisées à trouver quand on sait qu’au nombre des protagonistes de renoms il y en a qui ont servi de médiateurs en maintes occasions et en d’autres circonstances. Si des médiateurs d’hier deviennent aujourd’hui des éléments de la crise, il ne devrait pas être difficile de les convaincre à savoir raison garder. D’ailleurs Mahmoud DICKO l’autorité morale de la contestation en a fait allusion au début de la crise tout en jetant la balle dans le camp du Président IBK.

Quoi qu’il en soit, il n’y a nul doute qu’une issue favorable sera trouvée à cette crise dès lors que des mesures sont envisagées pour des concertations internes. C’est dans ce cadre que les leaders religieux Ousmane Chérif HAIDARA, M’Bouillé HAÏDARA et l’imam Mahmoud DICKO se sont accordés pour apporter leurs pierres à l’œuvre de résolution de la crise que le Mali traverse depuis plus de dix semaines. En vérité, il faut le dire, si la crise a persisté jusque-là, c’est bien du fait de certains jusqu’au-boutistes membres du M5-RFP qui ne jurent que par la démission du Président de la République. Une exigence qui est rejetée non seulement par la CEDEAO mais aussi par l’aile modérée du mouvement de contestation.

A bien y disserter, on pourrait affirmer que les dirigeants du M5-RFP pourraient bien essuyer le revers de la médaille en pâtissant de l’entêtement dont ils font preuve, eu égard à la position de force qui est la leur aujourd’hui. Mais comme le dit l’adage ‘’ Tant va la cruche à l’eau qu’enfin elle se brise’’, le camp des radicaux du M5-RFP pourrait bien pâtir de son obstination en s’exposant à une espèce de ressentiment de la part des masses laborieuses qui, au demeurant, sont plutôt éprises de paix et de quiétude. D’ailleurs les signes précurseurs de ce ressentiment sont déjà perceptibles en bien d’endroits et nombreux sont les citoyens qui trouvent que le M5-RFP exagère dans ses prises de positions. Ce qui est encore à redouter, au cas où des concertations internes n’aboutiraient pas, pour raison d’intransigeance des contestataires, il ne se trouvera finalement plus personne, ni à l’interne ni à l’extérieur, qui se donnerait la peine de servir de médiateur pour amener les uns et les autres à faire de réelles concessions pouvant déboucher sur une sortie de crise pérenne.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-18T08:45:37+02:00août 18th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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