/, ACTUALITE/NON APPLICATION DES RECOMMANDATIONS DE LA CEDEAO: QU’ATTENDENT LES DIRIGEANTS OUEST-AFRICAINS POUR SANCTIONNER ?

NON APPLICATION DES RECOMMANDATIONS DE LA CEDEAO: QU’ATTENDENT LES DIRIGEANTS OUEST-AFRICAINS POUR SANCTIONNER ?

Sauf la mise en place d’un Gouvernement restreint pour faire fonctionner l’Etat malien, malgré de menaces de sanctions brandies par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), aucun autre point de ses recommandations issues du Sommet Extraordinaire des Chefs d’Etat de l’Organisation ouest-africaine n’a été appliqué par les acteurs protagonistes de la crise sociopolitique du Mali. Pourtant, après la date butoir donnée par les dirigeants de la CEDEAO, le 31 juillet 2020, il y a presque une semaine maintenant, aucune sanction n’est encore tombée. Qu’est-ce qui explique cette situation? La CEDEAO a-t-elle montré ses limites ?

Aujourd’hui, malgré la forte implication de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la résolution de la crise sociopolitique de notre pays, les lignes peinent à bouger. A part un seul point des recommandations de l’Organisation ouest-africaine, relatif à la formation d’un Gouvernement restreint pour faire fonctionner l’Etat malien, aucune desdites recommandations n’a été mise en œuvre.

Faut-il le signaler, les différents acteurs trainent les pieds, voire refusent les recommandations faites par les Chefs d’Etat de l’espace communautaire pour la sortie définitive de la crise sociopolitique.

Il faut rappeler qu’il s’agissait de : la démission immédiate des 31 députés dont l’élection est contestée, y compris le président du parlement, la majorité présidentielle devra mettre tout en œuvre pour obtenir cette démission qui ouvrira la voie à des élections partielles. En attendant ces élections partielles, le parlement pourra fonctionner avec les 116 députés restants; la recomposition rapide de la Cour Constitutionnelle conformément aux dispositions constitutionnelles du Mali, le parlement proposera ses représentants après la démission des 31 membres dont l’élection est contestée. En cas de difficulté de nomination des membres de la cour constitutionnelle par les différentes instances, le président de la République utilisera l’article 50 de la constitution pour nommer les 09 membres; la mise en place rapide d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de l’opposition et de la société civile.

L’opposition, particulièrement le M5-RFP, est encouragée à participer à ce gouvernement d’union nationale en vue de contribuer au règlement de problèmes de gouvernance qui affectent le Mali, et ce dans un esprit de patriotisme. La tâche prioritaire de ce gouvernement d’union nationale sera de mettre en œuvre toutes les réformes, recommandations et décisions issues du dialogue national inclusif et de traiter les questions de gouvernance en particulier.

Il s’agissait aussi de l’accélération de la mise en œuvre des accords d’Alger; la nomination de certains membres du gouvernement avant la formation du gouvernement d’union nationale, notamment ceux en charge de la défense, la justice, les affaires étrangères, la sécurité intérieure et les finances; la mise en place rapide d’une commission d’enquête pour déterminer et situer les responsabilités dans les violences qui ont entrainé des décès les 10,11, et 12 juillet 2020, ensuite les destructions de biens publics et privés ; la mise en place d’un comité de suivi de toutes les mesures ci-dessus prises, qui comprendra des représentants du gouvernement, du parlement, de la société civile de la magistrature, du M5-RFP, des femmes et des jeunes avec la participation de l’Union africaine et de Nations unies sous la présidence de la CEDEAO; la mise en place par la CEDEAO d’un régime de sanction contre ceux qui poseront des actes contraires au processus de normalisation de cette crise; l’ensemble des décisions et mesures ci-dessus devra être mis en œuvre au plus tard le 31 juillet 2020.

Malgré l’épuisement de cette date butoir, les acteurs prônent la résistance face aux dirigeants ouest-africains.

En plus des leaders du Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), aujourd’hui d’autres acteurs dans le camp même de la Majorité Présidentielle refusent catégoriquement d’appliquer les différentes recommandations. Les députés concernés pour la démission et leurs partis politiques rejettent cette option. Toute chose qui bloque la recomposition de la Cour Constitutionnelle aussi. Du coup, c’est le statu quo. Et le président IBK donne l’impression de ne pas avoir la volonté d’appliquer l’article 50 de la constitution qui lui confère presque le plein pouvoir. Raison pour laquelle, ils sont nombreux aujourd’hui à se poser la question si la CEDEAO n’a pas montré ses limites et de ce qui l’empêche de mettre à exécution ses menaces de sanctions. Depuis quelques jours déjà, tous les regards sont braqués sur l’instance de l’organisation ouest-africaine.

Boubacar DIARRA

By |2020-08-10T17:12:47+02:00août 7th, 2020|A LA UNE, ACTUALITE|0 Comments

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