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POUR LA LIBERATION DE SOUMAÏLA CISSE ET COMPAGNONS : LE GOUVERNEMENT ET LE FSD GAGNERAIENT A COORDONNER LEURS ACTIONS

Ce serait une lapalissade que dire, l’enlèvement de Soumaïla Cissé et de ses compagnons par des hommes armés non encore identifiés dans le cercle de Niafounké est venu en rajouter à une situation naguère délétère dans le microcosme politique malien. On sait que bien avant ce malencontreux rapt, les différents protagonistes de l’arène politique malienne ne se vouaient pas une grande sympathie réciproquement. Compte tenu de cette espèce d’inimitié par laquelle s’illustre notre classe politique, on comprendrait alors aisément la réaction du ‘’Front pour la Sauvegarde de la Démocratie’’ (FSD), suite à l’enlèvement de son leader Soumaïla Cissé et de la délégation qui l’accompagnait sur le terrain dans le cadre de la campagne électorale pour les élections législatives dont le 1er tour a eu lieu le dimanche 29 mars 2020.

Suite à l’enlèvement de ses militants, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie (FSD) s’est fendu d’un communiqué, le jeudi 26 mars 2020, dans lequel il fait part de son indignation suite à cet acte que l’on pourrait qualifier de terroriste. Dans le communiqué en question, le FSD n’est pas passé par quatre chemins pour déclarer qu’il tient le gouvernement pour seul et unique responsable de ce drame et l’engage à tout mettre en œuvre pour ramener Soumaïla et ses compagnons sains et saufs. Le FSD accuse le gouvernement d’avoir négligé le volet sécuritaire des élections législatives, alors qu’il lui incombait d’assurer la protection des citoyens, aussi bien les électeurs que les candidats.

A l’entendement du FSD, le gouvernement, n’ayant pas réussi à garantir la sécurité des personnes, s’est tout simplement rendu coupable d’un grossier mensonge d’Etat. « Ce mensonge d’État fait suite à la légende selon laquelle ce serait le fameux ‘’Dialogue National Inclusif’’ qui aurait décidé de la tenue des élections ici et maintenant. Faux et archifaux ! Le DNI a juste soumis à la décision du Président de la République l’organisation des élections législatives … La prise des mesures appropriées afin de sécuriser le déroulement desdites élections sur l’ensemble du territoire national est du ressort de l’État. Donc c’est IBK et lui seul qui a décidé de tenir les élections, sans son volet sécuritaire », pouvait-on lire dans le Communiqué du FSD. Comme pour mieux enfoncer le clou dans la fustigation du gouvernement, le communiqué du FSD révèle que cinq (5) autres candidats avaient fait l’objet d’attaques au cours desquelles les victimes ont été entièrement dépouillées de leurs biens, sans même que le gouvernement ne se soit donné la moindre peine, ne serait-ce que d’ordonner l’ouverture d’une simple enquête, à plus forte raison de chercher à arrêter les responsables.

Quoi qu’il en soit, bien qu’un tel état d’âme soit de bonne guerre du côté du FSD, il faut tout de même reconnaitre que la résolution de cette situation avec en filigrane la libération pure et simple de Soumaïla et de ses compagnons requiert que les choses soient considérées avec plus de discernement. Des actions sont en cours pour résoudre ce problème qui n’est pas loin de prendre une envergure nationale. En effet, sur initiative du Président de la République, le gouvernement a été instruit de mettre sur pied une cellule de crise pour œuvrer à la libération de Soumaïla Cissé et de ses compagnons. A l’effet de la mise en orbite de cette cellule de crise gouvernementale, placée sous l’égide de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, le gouvernement a donné l’assurance de tout mettre en œuvre pour parvenir à la libération du président de l’URD. Mais indépendamment de la cellule de crise instruite par le Président de la République et placée sous l’autorité du gouvernement, le FSD, lui aussi, s’est mis en posture d’entreprendre des démarches pour la même raison, à savoir obtenir la libération de Soumaïla et de ses compagnons.

Pour s’assurer une meilleure conduite de ses démarches, le FSD a sollicité de l’Imam Mahmoud Dicko, son implication dans les éventuels pourparlers auprès des ravisseurs du chef de file de l’opposition et de ses camarades. On voit donc clairement que le gouvernement et le FSD visent le même objectif, à savoir la libération des otages. A cet effet, ce serait tout simplement une lapalissade que dire, les deux parties, à savoir le gouvernement et le FSD, gagneraient plus à taire leurs différences et à coordonner leurs actions en vue de mettre toutes les chances de leur côté. Cette attitude est d’autant recommandable quand on sait qu’en pareille circonstance les querelles de chiffonniers pourraient bien desservir la cause en amenant les ravisseurs à se rétracter ou à mettre la barre aussi haut qu’il serait très difficile de la franchir. Le plus important étant l’obtention de la libération de Soumaïla et des siens, l’idéal serait plutôt que les deux cellules de crise, la cellule gouvernementale et celle du FSD, travaillent en parfaite symbiose quitte à consentir des concessions reciproques.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-04-03T07:02:53+02:00avril 3rd, 2020|A LA UNE, ACTUALITE, POLITIQUE, SÉCURITÉ|0 Comments

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