/, ANALYSE/POUR LA LIBERATION DE SOUMAÏLA CISSE: QUE FONT ALORS L’URD ET LE FSD ?

POUR LA LIBERATION DE SOUMAÏLA CISSE: QUE FONT ALORS L’URD ET LE FSD ?

En vérité, très nombreux étaient les Maliens qui avaient parié, la main sur le cœur, que la captivité de Soumaïla CISSE n’allait durer, au maximum, qu’une semaine et les plus pessimistes avaient plutôt tablé sur une dizaine de jours, au plus. Mais au fur et à mesure que les jours s’égrainent et que le silence devenait de plus en plus pesant, l’opinion nationale s’est finalement rendue à l’évidence que la situation est beaucoup plus complexe qu’on ne l’aurait cru. Et pourtant, à la suite immédiate du rapt, nombreux ont été les signes qui auguraient d’un dénouement rapide de ce qu’il convient de qualifier, aujourd’hui, de ‘’calvaire’’ pour le Chef de file de l’opposition politique malienne.

On se souvient qu’à la suite immédiate de ce rapt, tant au niveau des organisations de la société civile, de la classe politique, qu’à celui des pouvoirs publics, des initiatives ont fusé de partout avec pour objectif focal, la libération de Soumaïla et de ses camarades d’infortune. Ainsi, nonobstant les initiatives privées qui ont été prises par certains leaders d’opinion en présence sur le terrain, la famille politique à laquelle appartiennent les ‘’infortunés’’, autrement dit le parti ‘’Union pour la République et la Démocratie’’  (URD) a, elle-aussi, mis en place une cellule de crise en assignant à celle-ci, le rôle de trouver les voies et moyens pouvant conduire, le plus rapidement possible, à la libération des otages. Pour la circonstance, le maire de Koumaïra, Amadou Kalossi et son 2èmeadjoint n’ont ménagé aucun effort pour obtenir des ravisseurs, dans la nuit du 2 au 3 avril 2020, la libération de cinq (5) des otages, avant que s’en suive l’élargissement de trois (3) autres, portant ainsi à huit (8), l’effectif total des otages libérés. Signalons qu’au cours de l’opération de rapt, le garde du corps du leader de l’URD a essuyé un tir à bout portant et il a succombé des suites de sa blessure.

Deux autres membres de la délégation ont été grièvement blessés et les ravisseurs ont autorisé leur évacuation dans un centre de santé. Ce qui était synonyme de leur libération.

Tout compte fait, on retiendra que sur les douze personnes qui constituaient la délégation, seule Soumaïla CISSE est resté en captivité. C’est la rapidité avec laquelle la libération des compagnons du Chef de file de l’opposition a été obtenue qui a fondé l’opinion nationale malienne à se convaincre que la libération de Soumaïla aussi était imminente. Cette conviction s’était renforcée davantage quand, sur initiative du Président de la République, le Gouvernement a été instruit de mettre sur pied une cellule de crise pour œuvrer à la libération de Soumaïla CISSE et de ses compagnons. A l’effet de la mise en orbite de cette cellule de crise gouvernementale, placée sous l’égide de l’ancien Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, le Gouvernement a donné l’assurance de tout mettre en œuvre pour parvenir à la libération du président de l’URD. Mais indépendamment de la cellule de crise instruite par le Président de la République et placée sous l’autorité du Gouvernement, le FSD, lui aussi, s’est mis en posture d’entreprendre des démarches pour la même raison, à savoir obtenir la libération de Soumaïla et de ses compagnons.

Ce qui avait encore plus réconforté le citoyen ‘’lambda’’ dans sa conviction que le Président de l’URD ne resterait pas longtemps en captivité, c’est lorsque, pour s’assurer une meilleure conduite de ses démarches, le FSD avait sollicité de l’Imam Mahmoud DICKO, son implication dans des éventuels pourparlers avec les ravisseurs du chef de file de l’opposition et de ses camarades. Mais compte tenu du grand silence qui a suivi à la mise en place de la cellule de crise du FSD et surtout à l’intéressement de l’Imam DICKO, l’espoir suscité s’est mué peu à peu en une espèce de déception et c’est à juste raison que l’opinion se demande ce que font l’URD et le FSD ces deux courants politiques dont les rênes étaient tenues par le célèbre otage.

Ce questionnement vaut son pesant d’or quand on sait que c’est plutôt une espèce de black-out qui est faite sur le rapt de Soumaïla.

Jusque-là pas d’information crédibles ni sur l’identité des ravisseurs, ni sur le lieu de captivité encore moins sur le mobile du rapt. Le plus écœurant est que, tant à l’URD qu’au FSD, on a tendance à faire de cette infortune de Soumaïla une espèce de récupération politique en inondant d’affiches géantes de Soumaïla CISSE, les places publiques à Bamako et dans d’autres grandes villes de la sous-région. Nul n’est dupe que cette espèce de publicité ‘’gratuite’’ est plus destinée à octroyer une certaine popularité à l’URD et au FSD plutôt que de contribuer, d’une façon ou d’une autre, à la libération de l’infortuné otage.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-13T15:40:26+02:00août 13th, 2020|ACTUALITE, ANALYSE|0 Comments

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