///POUR LE TIMING DE LA TRANSITION AU MALI : LA CEDEAO DEVRAIT SE DOTER D’UN ORGANE DE SUIVI ET DE REGULATION DES TRAVAUX

POUR LE TIMING DE LA TRANSITION AU MALI : LA CEDEAO DEVRAIT SE DOTER D’UN ORGANE DE SUIVI ET DE REGULATION DES TRAVAUX

Au regard de la nonchalance qui caractérise l’acheminement de la Transition, l’opinion nationale malienne appréhende déjà une certaine prédisposition de la junte à ruser pour obtenir une prolongation du délai imparti, par la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à la période transitoire au Mali. Cette appréhension est d‘autant légitime dans la mesure où, depuis plus de treize (13) semaines que le régime d’IBK a été renversé et qu’une junte militaire a pris les rênes du pouvoir d’Etat, aucune action concrète n’a été menée par celle-ci, en sorte de mériter la confiance des populations.

Et pourtant les autorités de la Transition sont bel et bien conscientes que le temps leur est compté pour accomplir la mission qui est la leur et qui doit consister à planter les jalons d’une vraie refondation du Mali. S’il est vrai que le temps imparti aux autorités de la Transition parait restreint, pour mener à bien la tâche colossale qui leur est assignée, il n’en demeure pas moins vrai aussi que lesdites autorités n’en finissent pas de se perdre en conjectures avec pour conséquence des commissions d’impairs. En effet chaque étape dans la conduite de la Transition a été l’occasion de tumultes, retardant toujours l’acheminement de la Transition. De la publication de l’Acte Fondamentale à celle de la Charte de la Transition, en passant par les nominations du Président, du vice-président et du Premier ministre de Transition, toutes ces étapes ont été marquées par des levées de boucliers et autres critiques du fait des agissements unilatéraux de la junte. Il a fallu en certains moments des interventions de la CEDEAO pour rappeler à l’ordre, ceux qui devaient l’être.

Mais malheureusement, depuis plus de 9 semaines (à compter du 15 septembre 2020) que la Transition a démarré, jusque-là, les autorités peinent à trouver leurs marques quant à l’instauration du Conseil National de Transition (CNT) qui est pourtant un organe sans lequel, les actes posés par les autorités au cours de la Transition pécheraient par leurs illégitimités

C’est un secret de polichinelle que dire, pour l’instauration de cet organe législatif de la Transition, on devrait s’attendre à de belles empoignades qui auront des impacts négatifs sur le chronogramme de la Transition. Partant du principe convenu entre les autorités maliennes et l’élite sous régionale, à savoir 18 mois à compter du 15 septembre 2020 pour la durée de la Transition, on serait très dubitatif quant à la possibilité pour la junte de respecter ce délai. En tout cas en jetant un coup d’œil rétrospectif sur l’acheminement de la Transition, on concéderait volontiers qu’une sérieuse hypothèque pèse sur le délai convenu avec la CEDEAO. C’est là une réalité dont sont d’ailleurs conscientes les autorités de la Transition, elles-mêmes. Il est vrai qu’au terme de ce délai, l’organisation ouest-africaine pourrait toujours user de moyens coercitifs pour contraindre la junte à abandonner le pouvoir d’Etat et cela, sans préjudice des conséquences. En pareille cas, c’est bien sûr le peuple qui payerait les pots cassés, comme ce fut le cas durant l’embargo imposé au pays à la suite du putsch. Pour ne pas en arriver à cet extrême et comme le dit l’adage « mieux vaut prévenir que guérir », la CEDEAO devrait plutôt se doter d’un organe de suivi et de régulation des travaux de la Transition.

Cette précaution est d’autant nécessaire quand on sait que certains actes posés récemment par les autorités de la Transition au Mali, tendent à préparer le terrain pour d’éventuelles négociations avec l’élite sous régionale, le moment venu, en vue d’obtenir une prorogation du délai de la Transition

Les observateurs du microcosme politique malien sont unanimes à dire que le récent périple du Président Bah N’DAW auprès de certains de ses homologues de la sous-région. Eu égard à la complexité des tâches assignées à la Transition et vu le temps déjà perdu sans le moindre résultat positif, le moins que l’on puisse dire est que les autorités de la Transition seront prises de court par le temps. Dans ce cas, la CEDEAO s’accommodera-t-elle d’un quelconque prolongement du délai ? Cela est peut-être envisageable, bien sûr avec aussi les désagréments qui pourraient s’en suivre.

El Hadj Mamadou GABA

 

 

 

 

 

By |2020-11-17T15:11:08+01:00novembre 17th, 2020|ANALYSE|0 Comments

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