//POUR UNE SORTIE DE CRISE: IL FAUT ABSOLUMENT UN DIALOGUE DIRECT ENTRE IBK, LE M5-RFP ET L’EPM

POUR UNE SORTIE DE CRISE: IL FAUT ABSOLUMENT UN DIALOGUE DIRECT ENTRE IBK, LE M5-RFP ET L’EPM

Face à la crise socio-politique que le Mali traverse depuis sept semaines, les populations maliennes, notamment celles vivant à Bamako, semblent ne plus savoir à quel saint se vouer. Toutes les missions de bons offices, entreprises tantôt par des médiateurs nationaux tantôt par des institutions sous régionales ou encore par des organisations internationales, ont buté contre l’intransigeance du mouvement contestataire, le M5-RFP, à faire de la démission du Président IBK son cheval de bataille.

Dans le cadre de la recherche de solutions à cette crise, outre les deux missions envoyées par la CEDEAO, une délégation de haut niveau constituée de cinq Chefs d’Etat de la sous-région a séjourné à Bamako le jeudi 22 juillet 2020.

Comme il fallait s’y attendre, cette mission des Chefs d’Etat a reconduit, en quelque sorte, les propositions antérieurement faites par les différentes missions de la CEDEAO

Mais malheureusement, cette fois-ci encore, l’aile dure du M5-RFP a eu l’outrecuidance de rejeter les propositions faites par les Chefs d‘Etat de la CEDEAO, au motif que ceux-ci ont fait savoir que ‘’l’exigence de la démission du Président IBK est une ligne rouge à ne pas franchir’’. A vrai dire, si jusque-là, le camp des contestataires continue à exiger la démission du Président IBK, tout en sachant pertinemment qu’il ne pourrait aucunement obtenir gain de cause, c’est parce que tout simplement la CEDEAO a bien voulu jouer à la tempérance, pour ne pas jeter l’huile sur le feu. Ce serait un pur leurre que de voir une quelconque faiblesse derrière cette attitude de tempérance dont a fait preuve la délégation des Chefs d’Etat de la CEDEAO. Le mouvement contestataire malien ne doit pas perdre de vue qu’il est loisible à cette organisation sous régionale d’utiliser des manières fortes pour ramener certains récalcitrants à l’ordre. Elle en a déjà fait la preuve sous d‘autres cieux.Il est clair qu’en faisant de l’exigence de la démission du Président IBK son cheval de bataille, les dirigeants du M5-RFP s’illusionnent tout simplement car ils savent pertinemment que cela ne leur réussira pas et cela, pour diverses raisons.

D’abord, le Président IBK a été démocratiquement élu par le peuple souverain du Mali. A cet effet, le M5-RFP n’est fondé ni légalement, ni légitimement pour exiger la démission de celui que le peuple a choisi. Ensuite si ce mouvement contestataire se fonde sur la popularité dont il jouit grâce à la présence de l’imam Dicko en son sein, il faut aussi qu’il sache que bien d’autres leaders religieux sont rattachés à la légalité constitutionnelle et œuvrent à sa sauvegarde. D’ailleurs l’Imam Dicko, lui-même, n’a jamais demandé la démission du Président IBK car lui, au moins, connait les désagréments que cela pourrait engendrer dans le pays. La démission du Président IBK n’est exigée que par une poignée de dirigeants du M5-RFP qui, au demeurant, sont en quête de popularité ou de place dans l’appareil d’Etat. Des gens qui ne luttent que pour leur égo.

De par l’entêtement dont ils font preuve, les dirigeants du M5-RFP courent à leur propre perte, tant au niveau national qu’à celui international.

Contrairement à ce que l’on voudrait faire croire à l’opinion nationale, la médiation de haut niveau de la CEDEAO n’est pas venue au Mali pour imposer sa vision des choses.

Elle est venue non seulement pour connaitre les opinions des uns et des autres et partant, proposer des pistes possibles de sortie de crise. Quoi qu’il en soit il serait tout simplement utopique de penser que les solutions à la crise socio-politique actuelle viendraient d’ailleurs. En vérité, pour une sortie de crise pérenne, il conviendrait d’instaurer un dialogue direct entre le Président IBK, le M5-RFP en tant que mouvement contestataire et aussi la majorité présidentielle (EMP). Et d’ailleurs l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga se convainc, plus que d’autres, de la nécessité absolue de cette option du dialogue tripartite pour résoudre la crise.  C’est ce qui l’a fondé à dire : « De mon point de vue, le Président de la République doit avoir un dialogue direct avec le M5 et sa majorité présidentielle.

Je reste persuadé qu’une réunion à trois finira par nous donner, à nous-mêmes, le mode opératoire des pistes de solutions que la CEDEAO nous a offertes.

Parce qu’on se rend bien compte qu’il y a un spectre très large des secteurs de la population, sur l’ensemble du territoire national, qui se sentent concernés non seulement par les revendications et les préoccupations exprimées vis-à-vis des dernières législatives, mais aussi par tout ce qui concerne la vie de la nation.  Il va de soi que si ces différents secteurs de la population ne se voient pas intégrés dans le processus, nous ne pourrions pas sortir de manière satisfaisante de cette situation-là. Et cela nécessite de part et d’autre que nous ayons un esprit de raison et de concessions mutuelles ». S’il est vrai que l’option du dialogue direct s’offre comme la meilleure voie de résolution de la crise, il faut cependant se demander si les leaders de l’aile durent du M5-RFP s’accommoderont de s’asseoir, avec le Président IBK, autour d’une table ?        

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-07-29T16:34:35+02:00juillet 28th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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