//RAPT DE SOUMAÏLA CISSE: LA THESE D’UN ENLÈVEMENT POUR RAISON POLITIQUE DE PLUS EN PLUS PLAUSIBLE

RAPT DE SOUMAÏLA CISSE: LA THESE D’UN ENLÈVEMENT POUR RAISON POLITIQUE DE PLUS EN PLUS PLAUSIBLE

Décidément le mystère qui entoure le rapt de l’honorable Soumaïla Cissé député élu à Niafounké, président du parti politique URD et non moins chef de file de l’opposition, ne laisse personne indifférent. Comme à l’accoutumée en pareille circonstance, les esprits se focalisent sur les groupes terroristes qui pullulent dans les régions du centre et du septentrion de notre pays. Et surtout que le rapt en question s’est produit dans le cercle de Niafounké (région de Tombouctou).

Depuis quatre mois que cet acteur politique est porté disparu, c’est le black-out total, non seulement sur l’identité de ses ravisseurs mais aussi sur son lieu de captivité. Toute chose qui ne contribue qu’à enfler les supputations et autres ragots.

Si durant tout ce temps, un mystère total continue de peser sur l’identité des ravisseurs et aussi sur le lieu de captivité du célèbre otage, il faut dire que la thèse d’un enlèvement pour raison politique devient de plus en plus plausible.

Signalons que Soumaïla a été enlevé alors qu’il battait campagne, pour les élections législatives de mars-avril 2020, dans sa circonscription électorale de Niafounké. En sa qualité de chef de file de l’opposition, il devait naturellement se faire le devoir d’être extrêmement attentif quant au déroulement du scrutin, tant dans sa circonscription électorale que sur le reste du pays. Histoire de s’assurer d’un bon déroulement du vote. Ses adversaires politiques n’étaient-ils pas convenus de piper les dés en leurs faveurs, bien sûr ? Dans ce cas il fallait trouver le moyen d’écarter Soumaïla, le temps que les choses entrent dans l’ordre. Tout compte fait, nous avons vu comment se sont terminées les élections en question avec des contestations, tous azimuts, des résultats définitifs proclamés par la Cour Constitutionnelle. C’est donc dire, avec ou sans Soumaïla, ce tripatouillage des résultats issus des urnes a finalement conduit à la crise que nous vivons aujourd’hui, bien que le chef de file de l’opposition soit porté disparu. En tout cas si cette thèse devait s’avérer, on pourrait alors en déduire que le rapt de ce chef de file de l’opposition n’a absolument rien servi à ses ravisseurs, dans la mesure où la contestation des résultats a eu plus de retentissement qu’elle ne l’aurait eu sous le leadership de Soumaïla.

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, depuis l’enlèvement des membres de l’équipe de campagne de l’URD, aucun terroriste ou groupe de terroristes n’a revendiqué l’acte. A plus forte raison qu’on puisse savoir vers qui s’orienter pour mener des négociations.

Qu’à cela ne tienne ! Mais malgré le fait que l’identité des ravisseurs et aussi le lieu de captivité des otages soient restés ‘’Top-Secret’’, le Président de la République avait néanmoins annoncé à la mi-juin dernière que non seulement les ravisseurs de Soumaïla sont identifiés et que le contact est établi avec eux, mais aussi que l’otage se portait bien. Mais malheureusement, plus d’un mois après cette annonce qui avait pourtant enchanté le peuple, aucun autre signe d’espoir n’a été donné par le Chef de l’Etat et le sérail du pouvoir, en ce qui concerne le cas de Soumaïla.

Ce mutisme du Chef de l’Etat, après qu’il ait fait sa déclaration en mi-juin, sème le doute dans l’opinion nationale qui se demande si réellement le Président IBK se fait des soucis pour l’enlèvement du premier de ses opposants.

Du coup, nombreux sont les citoyens qui voient dans le rapt de l’honorable député de Niafounké, une visée à connotation politique. Le plus aberrant encore est le ‘’silence assourdissant’’ par lequel n’en finit pas de s’illustrer la Cellule de Crise Gouvernementale mise en place sur initiative du Chef de l’Etat, lui-même, pour trouver les voies et moyens susceptibles de conduire à une libération rapide de Soumaïla Cissé. Depuis la mise en place de cette cellule de crise, nul n’a jamais su où en sont ses activités et cela devenait vraiment traumatisant, particulièrement, pour les familles biologique et politique du célèbre otage. En prêtant l’oreille à la vox populi au Mali, notamment à Bamako, la majorité écrasante des maliens semble ne plus croire à un enlèvement orchestré par des groupes terroristes, mais plutôt par des adversaires politiques de Soumi Champion.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-07-29T16:02:15+02:00juillet 28th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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