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RENCONTRE CEDEAO-CNSP : C’EST AUJOURD’HUI A ACCRA (GHANA)

LA JUNTE Y ASSISTE POUR FAIRE DES PROPOSITIONS DE SORTIE DE CRISE

Le moins que l’on puisse dire, au égard des nombreuses péripéties qui marquent déjà la période transitoire, est que la junte militaire qui a pris le pouvoir au Mali n’est pas encore au bout de ses peines. Loin s’en faut d’ailleurs. Si au plan national, elle a tant bien que mal réussi à tenir les journées de Concertations nationales qui ont été sanctionnées par une charte qui a du mal à fédérer le consensus, il faut dire que le plus gros écueil qui se pose et qu’il faut absolument lever, est la sanction qu’impose la CEDEAO au Mali, sous prétexte de faire pression sur la junte afin de contraindre celle-ci à accélérer le processus de retour du pays à une vie constitutionnelle normale. Cette sanction imposée par la CEDEAO est d’autant redoutée par les populations maliennes dans la mesure où elle est assortie d’un embargo économique et financier dont les effets commencent à se faire fortement ressentir auprès des populations vulnérables.

Rappelons que la condition sine qua non de la levée des sanctions imposées par l’organisation sous régionale est surtout le retour à une vie constitutionnelle normale. Mais aussi l’élite sous régionale pourrait bien s’accommoder d’un allègement des sanctions si la junte parvenait à donner des preuves irréfutables de sa volonté à rendre le pouvoir aux civils au terme d’une Transition relativement courte. Pour cette période transitoire, la Communauté ouest-africaine, par la voix des chefs d’Etat et de gouvernements, avait suggéré une durée de neuf (9) à douze (12) mois avec un civil à la tête de la Transition. Entre temps, il y a eu des journées de Concertations nationales qui ont été sanctionnées par une charte qui institue une Transition de dix-huit (18) mois et dont les rênes seront tenues par un civil ou par un militaire. Cette convenance du peuple malien, notifiée dans la charte de la Transition, agréera-t-elle à la CEDEAO qui joue le rôle de gendarme dans cette crise malienne ?

Cette question vaut son pesant d’or étant donné que déjà des voix, notamment au sein du M5-RFP, se sont élevées pour accuser la junte d’avoir tripatouillé, en sa faveur, les résultats issus des journées de concertation

Quoi qu’il en soit une rencontre au Sommet de la CEDEAO se tient aujourd’hui à Accra (Ghana) et une délégation de la junte au pouvoir à Bamako devrait s’y rendre sur convocation de l’organisation sous régionale. C’est à bord d’un avion affrété par le Ghana que la délégation de la junte devrait se rendre à Accra, la capitale ghanéenne. Tant les membres de la délégation du CNSP se convainquent de l’importance que revêt, pour eux, ce sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, autant il n’est pas question pour eux d’aller affronter l’élite sous régionale. Au cours de cette rencontre, les militaires maliens sont plutôt mus par l’envie d’écouter attentivement leurs interlocuteurs et ensuite ils expliqueront les raisons fondamentales qui ont motivé le coup d’état du 18 août dernier.

Quant à leur prédisposition à remettre le pouvoir aux civils, un membre de la délégation explique que la junte fera des propositions de sortie de crise. Rappelons qu’en fin de la semaine dernière, des journées des Concertations nationales se sont tenues et les travaux ont été sanctionnés par une Charte qui devient, après acclamation populaire, la règle fondamentale de conduite de la Transition. Mais malheureusement, jusque-là, on n’est pas encore parvenu à jeter le dévolu sur une quelconque personnalité du pays pour lui confier les rênes de la Transition. Or c’est justement aujourd’hui, mardi 15 septembre 2020, qu’expire l’ultimatum qu’avait lancé la CEDEAO à l’endroit de la junte pour la désignation d‘un président civil pour la Transition. Si le CNSP peut encourir des blâmes pour la non satisfaction de cette exigence de la CEDEAO, à savoir la désignation au plus tard le 15 septembre d’un président civil pour la Transition, il n’en demeurera pas autant pour la tenue des journées de concertations sanctionnées par une charte de la Transition. Même si des voix se sont élevées pour contester les résultats desdites concertations, la convenance nettement majoritaire est que cet exercice démocratique a pleinement réussi et les participants s’en sont bien félicités.

El Hadj Mamadou GABA

 

By |2020-09-15T15:43:42+02:00septembre 15th, 2020|A LA UNE, COOPÉRATION, INTERNATIONAL|0 Comments

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