//UNE NOUVELLE TOURNURE DE LA CRISE SOCIOPOLITIQUE: VERS UNE FISSURE DU CAMP DE LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE !

UNE NOUVELLE TOURNURE DE LA CRISE SOCIOPOLITIQUE: VERS UNE FISSURE DU CAMP DE LA MAJORITÉ PRÉSIDENTIELLE !

La crise sociopolitique que connait notre pays depuis quelques semaines a pris une autre tournure. Depuis le vendredi de la désobéissance, la vie socioéconomique de Bamako et de plusieurs autres grandes villes du Mali est fortement perturbée. Les manifestations avaient été lancées par les leaders du Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP). Ainsi, la nouvelle tournure risque de diviser le camp de la Majorité Présidentielle. 

Les manifestations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays pour réclamer la démission du Président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta font diviser les maliens. Cette menace de scission découle de la désobéissance civile le 10 juillet qui a occasionné des morts, du pillage, des saccages des services publics et privés, Et, aujourd’hui, cette menace pèse sur la Majorité Présidentielle. Certains acteurs n’ont plus les mêmes visions au sein de l’Ensemble Pour le Mali (EPM).

Beaucoup épousent certaines doléances du M5-RFP. Surtout celle qui demande la formation d’un Gouvernement Consensuel avec un Premier ministre consensuel et de plein “Pouvoir”. Cette idée est fortement épousée et défendue par Housseyni Amion Guindo et son parti CODEM (Convergence pour le Développement du Mali). N’est-ce pas la raison pour laquelle il a demandé la démission du Premier ministre actuel. Dr. Boubou CISSE n’est pas consensuel.

Aussi, le PARENA (Parti pour la Renaissance Nationale) de Tiébilé Dramé, ministre sortant des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, dans une déclaration, a condamné l’usage excessif de la force et les tirs à balles réelles. Il a déploré le détournement des missions de la Force Spéciale anti- terroriste (FORSAT). Le parti a très tôt perçu le risque déstabilisateur de l’arrêt de la Cour constitutionnelle. Il a prôné le rétablissement des résultats proclamés par l’administration territoriale. Le PARENA est et reste partisan de la résolution de la crise née des dernières législatives par le dialogue dans le respect des libertés démocratiques fondamentales.

Telle est aussi la position du parti de l’ex opposant vedette du régime d’IBK. Le Parti Africain pour la Solidarité (PASJ) s’est prononcé sur les évènements de ces derniers jours. Il a affirmé constater avec désolation les débordements de la marche qu’ont dirigée certains leaders du M5-RFP. Le parti a déploré les dégâts matériels, surtout les pertes en vies humaines. Aussi condamne-t-il ces actes barbares et ignobles. Il invite les autorités du pays à tout mettre en œuvre pour en situer les responsabilités et traduire les auteurs devant la justice. Depuis quelques jours, le Pr. Tiémoko SANGARE, porte-parole de la Coalition Pour le Mali (CPM) regroupant des Mouvements, Associations et partis politiques de la Majorité Présidentielle, avait réaffirmé son soutien à toutes les démarches entreprises par le Président de la République et son Premier ministre. Il avait dit être déterminé à défendre les Institutions de la République et la Constitution malienne.

Aujourd’hui, nombre de partis politiques de la Majorité ne sont plus du même avis.

C’est à cause de la tournure des évènements et les doléances présentées par le M5-RFP. Certains se sont prononcés ; d’autres se réservent encore. Dans tout cela, le parti au pouvoir, le Rassemblement Pour le Mali (RPM) édifie moins les populations quant à sa position sur les derniers évènements. Ce flou ou ce silence est aujourd’hui interprété différemment. Peut-on d’ores et déjà imaginer un début d’une fissure au sein de cette Majorité. Or elle a vocation de soutenir les actions du président de la République. Une chose est certaine : les prochains jours nous édifieront davantage ! Soumeylou Boubèye MAIGA de l’ASM-CFP a laissé entendre ceci : “Dommage qu’il ait fallu plus d’un mois, des morts, des blessés, des destructions de biens publics et privés pour prendre une décision qui s’imposait d’elle-même, mais qu’on prétendait juridiquement impossible. Il faudrait aller beaucoup plus loin en crevant l’abcès né des élections législatives qui est au cœur de la crise”.

Boubacar DIARRA

By |2020-07-15T15:31:03+02:00juillet 15th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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