//ZOOM SUR L’ORPAILLAGE: Et si la lutte contre la corruption s’étendait aussi à ce secteur ?

ZOOM SUR L’ORPAILLAGE: Et si la lutte contre la corruption s’étendait aussi à ce secteur ?

Troisième producteur Africain avec 65 Tonnes par an, la réputation du sous-sol Malien n’est plus a établir quant a sa richesse en Or. Cependant, cette réputation, aussi élogieuse qu’elle soit, pourrait être bien en dessous de la valeur réellement produite par nos terres, valeur qui serait dissimulée faute de corruption et d’excavation illégale, et ce malgré la focalisation du régime actuel sur la lute contre la corruption. La question se pose donc : entre maltraitance des natifs, pollution et exploitation illégale, Et si la lute contre la corruption s’étendait aussi a ce secteur ?

Dites au citoyen ‘’Lambda’’ malien que son pays, le Mali, est le troisième plus gros producteur d’or sur le continent africain, après respectivement l’Afrique du Sud et le Ghana, il rétorquera en demandant ‘’à quoi cela a servi ?’’. L’amertume qui transpire de cette réplique du citoyen ‘’lambda’’ se comprend aisément dans la mesure où, malgré l’importance de la quantité de ‘’Métal Jaune’’ produite régulièrement par le Mali, aucune amélioration significative ne se constate, tant en ce qui concerne le train de vie des ménages, que du côté de l’Etat qui n’en finit pas de ployer sous les charges des dettes intérieures et extérieures.

En vérité la gestion des affaires, dans ce secteur pourtant vital pour l’Economie nationale, se fait dans une certaine opacité telle que seuls les ‘’vrais initiés’’ peuvent trouver leurs marques. Dans le domaine de l’exploitation minière, notamment en ce qui concerne l’orpaillage, on retrouve sous nos cieux, trois grandes catégories d’exploitants. Les exploitants industriels qui se conforment au code minier du pays ; les orpailleurs clandestins et les orpailleurs nantis de permis d’exploration. C’est cette dernière catégorie, constituée essentiellement d’orpailleurs chinois, qui semble causer le plus de tort dans le domaine de l’exploitation de l’or au Mali.

Un ancien ministre malien des Mines fait constater que les exploitants chinois sont entièrement responsables de pratiques choquantes, qui entraînent des perturbations écologiques inimaginables. Selon lui, les chinois cherchent de l’or au Mali depuis plusieurs années dans le lit des cours d’eau, au moyen de drague. Mais depuis trois, quatre ans, ils se sont mis à d’autres pratiques qui ont en commun une bonne dose d’illégalité ou de non-respect du code minier. Certains auraient ainsi conclu des accords localement pour acheter des terrains et creuser comme ils l’entendent sans déclarer aucune activité. D’autres se sont associés à des Maliens titulaires de permis d’exploration. Et sous cette couverture, ils se lancent directement dans l’exploitation. Résultat, ils ne payent pas les taxes prévues par les textes et ne respectent pas non plus les normes environnementales.

C’est dans ce désordre total que se pratique l’orpaillage chez nous sans que l’Etat ne sache exactement qui fait quoi. Bien entendu que dans de telles circonstances, l’Etat ne peut établir aucun bilan fiable qui pourrait édifier les citoyens sur ce que rapporte à l’économie nationale, l’exploitation de l’or. Il est regrettable de constater qu’aucun bilan, aucun chiffre n’est actuellement disponible pour évaluer la quantité d’or produite illégalement par ces exploitations et le manque à gagner pour l’État.

Mais ce sur quoi les experts s’entendent, c’est que ces pratiques n’auraient pas lieu sans une succession de petites complicités, à plusieurs niveaux, qui vont souvent de pair avec des actes de corruption. Puisque la lutte contre la corruption est un des chantiers prioritaires du gouvernement de transition, on pourrait peut-être étendre cette politique de lutte contre la corruption au secteur de l’orpaillage. Le jeu vaut bien chandelle étant donné que, du fait des agissements malveillants, sur fond de corruption, de certains acteurs, des villages entiers pâtissent des conséquences de l’orpaillage.

Partout où ils se sont installés, les orpailleurs chinois l’ont été avec la complicité de certains leaders d’opinion se réclamant des sites en question. Comme pour se donner les coudées franches et échapper à l’autorité de l’Etat, certains parmi les chinois auraient conclu des accords localement pour acheter des terrains et creuser comme ils l’entendent sans déclarer aucune activité. D’autres se sont associés à des Maliens titulaires de permis d’exploration. Et sous cette couverture, ils se lancent directement dans l’exploitation. Résultat, ils ne payent pas les taxes prévues par les textes et ne respectent pas non plus les normes environnementales.

Encore plus grave, aujourd’hui, est que les orpailleurs semblent nantis d’assez de puissance, qu’ils n’hésitent plus à en imposer aux habitants des contrées sur lesquelles ils jettent leur dévolu à des fins d’orpaillage. Des villages et communes qui pensaient y gagner au début se révoltent aujourd’hui. Ainsi le mois dernier, les habitants de la commune de Naréna au Sud-ouest de Bamako ont demandé le départ des Chinois qui n’ont pas honoré leurs engagements et dont la présence a fini par provoquer des tensions locales.

EL HADJ MAMADOU GABA – LE SOIR DE BAMAKO

By |2021-11-20T17:54:19+01:00novembre 20th, 2021|ACTUALITE|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

Aller à la barre d’outils