//COUP D’ETAT AU MALI: « QUELS QU’EN SOIENT LES ACTES POSES, IL Y A TOUJOURS UNE SORTE DE RETOUR EN ARRIERE », DIXIT MOHAMED AMARA, CHERCHEUR MALIEN

COUP D’ETAT AU MALI: « QUELS QU’EN SOIENT LES ACTES POSES, IL Y A TOUJOURS UNE SORTE DE RETOUR EN ARRIERE », DIXIT MOHAMED AMARA, CHERCHEUR MALIEN

« Au Mali l’armée n’est jamais loin et elle vient de le montrer » dixit Ibrahim MAIGA, Le mardi 18 août 2020, une mutinerie des militaires du camp de Kati a débouché sur la chute du régime d’Ibrahim Boubacar KEITA et de son gouvernement. Le pouvoir est désormais détenu par des soldats constitués en ‘’Comité National pour le Salut Publique’’. Ces militaires s’étaient mutinés avant d’arrêter le Président, son premier ministre Dr Boubou CISSE et un certain nombre de responsables politiques.

Le chef de l’Etat et le gouvernement ont démissionné. L’Assemblée nationale est dissoute. Les militaires promettent une transition civile. Ils prévoient des élections dans un délai raisonnable. Leur action vient après des semaines de tiraillement parfois émaillées de violences contre le pouvoir du désormais ancien Président. Tout cela intervient dans un contexte de crise sécuritaire contre les djihadistes. Mais à ce sujet, les militaires affirment que le Mali continuera d’honorer tous ses engagements internationaux et que la force française Barkhane, la MINUSMA, le G5-Sahel, la force Takuba restent les partenaires du pays et ce, malgré des condamnations internationales. Cependant, à l’émission ‘’Appel sur l’actualité’’ de la Radio France Internationale (RFI) deux chercheurs maliens ont donné leurs avis sur le coup d’état.

Mohamed AMARA, enseignant-chercher au centre Max weber de l’Université Lyon 2 et à l’Université de Lettres et sciences humaines de Bamako, auteur  de « Marchand d’angoisse » est intervenu : « Ce coup de force m’inspire deux choses. La première c’est la fragilité de la démocratie malienne. C’est-à-dire que quels qu’en soient les vœux, quels qu’en soient les actes posés, il y a toujours une sorte de retour en arrière suite à la mauvaise gouvernance, à la mauvaise gestion des affaires de l’Etat, de tout ce qui est public. Cela laisse parfois la place aux coups d’état. La deuxième lecture, ce qu’un coup d’état, je le dénonce parce que c’est antidémocratique. C’est extra-constitutionnel. C’est quelque chose qui nous ramène toujours en arrière, même si la situation du Mali et de tout le Sahel est chaotique. Je disais que le pays avait été l’enfant malade du Sahel. Et donc cette situation de vulnérabilité en tout cas a été propice au genre d’actes qui sont des actes anticonstitutionnels. Deux choses importantes, c’est la vulnérabilité malienne et puis aussi le fait que les mauvaises gestions des affaires publiques précipitent parfois un peu ce genre d’actes condamnables. »

Ibrahim MAIGA, chercheur à l’Institut de sécurité à Bamako : « Au Mali, l’armée n’est jamais loin et elle vient de le montrer. Il ne faut pas oublier l’histoire récente du Mali. En 2012, les militaires, à l’époque, dénonçaient l’incapacité du pouvoir à les doter en équipements et en matériels adéquats pour mener le combat surtout face à la protestation de plus en plus croissante à Bamako. Les militaires étaient déjà intervenus pour renverser le président Amadou Toumani TOURE à l’époque. On avait essentiellement  les mêmes éléments de langage (la gabegie, la mauvaise gouvernance).   Tout cela a précipité le pays tout de même dans une situation compliquée et complexe dont les conséquences sont vécues aujourd’hui encore. A partir de cet historique récent,  je dirai que depuis quelques mois déjà, des voix se faisaient de plus en plus entendre pour rappeler les parties maliennes notamment les acteurs politiques à trouver les voies et moyens de sortie constitutionnelle pour éviter l’irruption d’un acteur comme l’armée qu’on savait n’être pas loin. Les acteurs ont peut-être cru que l’armée n’oserait pas franchir ce pas.

YOUSSOUF KONATE

By |2020-08-21T09:50:03+02:00août 21st, 2020|A LA UNE|0 Comments

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