/, ANALYSE/DANS LES COULISSES DU RPM: ENTRE IBK ET SA FAMILLE POLITIQUE C’EST LE DÉSAMOUR TOTAL

DANS LES COULISSES DU RPM: ENTRE IBK ET SA FAMILLE POLITIQUE C’EST LE DÉSAMOUR TOTAL

Les relations mi-figue mi-raisin entre le Président IBK et sa famille politique, le RPM, que d’aucuns avaient qualifiées de simples sautes d’humeur, se sont peu à peu muées en conflits larvés pour finalement atteindre le stade de désamour total. Depuis l’accession d’Ibrahim Boubacar Keïta à la magistrature suprême de l’Etat en 2013, des grincements de dents avaient commencé à se faire sentir au sein de son parti d’appartenance. Pour les raisons de ce mécontentement, la discordance d’analyses que chaque partie se fait quant aux sacrifices consentis de part et d‘autre pour aboutir à l’élection d’IBK en 2013.

A l’entendement des dirigeants du RPM, c’est à eux que IBK, alors candidat de leur parti, doit sa brillante victoire au sortir du scrutin présidentiel de 2013. Mais malheureusement, déplorent-ils, suite à cette victoire, IBK a commencé à prendre ses distances avec ses camarades de parti.  Il aurait mis six mois avant d’accorder une audience à une délégation constituée des responsables du RPM. Bien sûr que les têtes couronnées du parti présidentiel, le RPM, n’ont pas du tout aimé cette attitude de mépris à leur égard et d’aucuns parmi eux n’ont pas manqué de la qualifier ‘’d’ingratitude’’.

Du côté d’IBK, c’est un autre son de cloche.

Ce dernier prétend et le dit à qui veut l’entendre qu’il ne doit aucunement sa victoire de 2013 au RPM qui est en quête perpétuelle de popularité et qui a toutes les peines du monde pour mobiliser les citoyens. Selon lui, ce sont essentiellement les porteurs d’uniforme et les leaders religieux qui ont été les vrais artisans de sa victoire. Quoi qu’il en soit, cette espèce de ressentiment qui s’est installée entre IBK et les autres leaders de sa famille politique s’est progressivement enracinée à telle enseigne qu’aujourd’hui, on ne serait pas en tort de parler plutôt de désamour total. Signalons que depuis son accession à la magistrature suprême de l’Etat en 2013, le Président IBK a toujours ignoré sa famille politique quant à l’attribution du poste de Premier ministre, à une seule exception près. Malgré cette indifférence notoire dont fait preuve le Chef de l’Etat à leur égard, les leaders de ce parti se sont néanmoins  accommodés à faire mauvaise fortune contre bon cœur en restant toujours attachés à leur mentor.

C’est ainsi qu’avec la crise sociopolitique qui ébranle le sérail du pouvoir d’Etat depuis bientôt huit semaines, le RPM, en tant que locomotive de la majorité présidentielle a eu à poser des actes, quoique timides, allant dans le sens de l’apaisement.

Mais la mise en place du ‘’mini-gouvernement’’ de six (6) personnes, sous la houlette du Premier ministre Boubou CISSE, sans en piper mot au RPM, a vraiment offusqué les dirigeants du parti majoritaire au Mali. Et de ce fait, ils ont tout simplement décidé de laisser le Président IBK seul face à l’adversité en cette période charnière marquée par les péripéties d’une crise sociopolitique. C’est dans ce contexte, l’issue d’une réunion tenue le 30 juillet 2020, que le Bureau Politique National (BPN) du RPM a décidé d’afficher sa plus stricte neutralité dans la gestion des affaires du pays tant que le Président IBK tiendra les rênes de l’Etat. Si telle est la décision commune arrêtée par l’instance dirigeante du parti, il faut aussi dire que nombreux ont été les responsables qui ont suggéré qu’il faille lancer un appel à l’endroit de la composante juvénile du parti, la jeunesse du RPM, afin que celle-ci rallie le mouvement de contestation, le M5-RFP, dans sa revendication de la démission du Premier ministre Boubou CISSE.  Comme pour en rajouter aux peines du Président IBK, les dirigeants du RPM exhortent les députés du parti qui comptent parmi ceux dits ‘’mal élus’’ de rejeter toute idée de leurs démissions comme suggéré par la conférence virtuelle des chefs d’Etat de la CEDEAO.

Sur ce point, les deux camps qui se regardaient en chiens de faïences soufflent enfin dans la même trompette.

Ne pas démissionner quoi qu’il advienne, peu importent les peines que cela pourrait causer au Président IBK. Mais ce qui est encore aberrant dans la vie de ce parti majoritaire, est que cette dissension au sommet a eu des répercutions malencontreuses jusqu’au niveau de ses structures de base. En effet au niveau de bon nombre de sections on retrouve deux bureaux différents se réclamant tous du RPM.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-06T16:20:40+02:00août 6th, 2020|A LA UNE, ANALYSE|0 Comments

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