//DEUX COUPS D’ÉTAT MILITAIRE EN MOINS D’UNE DÉCENNIE : QUELS RÉSULTATS POUR LE PEUPLE ?

DEUX COUPS D’ÉTAT MILITAIRE EN MOINS D’UNE DÉCENNIE : QUELS RÉSULTATS POUR LE PEUPLE ?

Après l’avènement de la démocratie et le multipartisme dans notre pays, suite au coup d’état militaire de 1991 contre le régime du Gal. Moussa TRAORE, l’espoir était né. Et les uns et les autres ne pensaient plus qu‘un autre coup d’état militaire serait possible surtout contre des régimes démocratiquement mis en place. 

Malheureusement, le Mali a connu plus de coups de force dans l’ère démocratique que dans n’importe quelle autre période. Déjà, en moins de 10 ans, notre pays vient de connaitre son second putschLe Mali est-il encore prêt à basculer dans un régime démocratique? Pourquoi, le peuple tombe-t-il toujours dans des coups d’état militaire répétitifs ? Comment expliquer cecycle interminable? Les militaires maliens ne sont-ils pas prêts à se poster le dos au pouvoir? Les hommes politiques sont-ils à la base des coups d’état par la non tenue des engagements lorsqu’ils atteignent le pouvoir?  Faut-il s’attendre à ce qu’il y ait à chaque décennie, un coup d’état ? Voilà, entre autres, des interrogations sans réponsesIl est clair que le coup d’état militaire du mardi 18 août 2020 serait de trop pour le Mali, pour le peule malien. Aujourd’hui, même si on a tendance à comprendre le contexte dans lequel le président IBK et son régime ont été destitués, il est clair qu’un tel acte ne donnerait pas une bonne image à notre pays

Pourtant, faut-il le rappeler, le Mali était presque cité à un moment donné comme un exemple de la démocratie dans la sous-région, voire sur le continent africain.

De 1992 à nos jours, seul le régime d’Alpha Oumar Konaré a fait deux mandats. Il a passé la main à Amadou Toumani TOURE sans aucune autre forme. Depuis l’avènement de l’ère démocratique, c’est le seul bon exemple dont les Maliens pouvaient s’enorgueillir. Ce passage de témoin entre le Président sortant et le Président rentrant en 2002 a redonné l’espoir au peuple. Il la rassuré que les coups d’état militaire étaient devenus un mauvais souvenir au Mali. Hélas, cela ne reste qu’une bonne époque pour notre pays dont tous les démocrates rêvent aujourd’hui.  Malheureusement, le Gal. Amadou Toumani TOURE, bien qu’il ait toujours voulu une gestion consensuelle du pouvoir, n’a pas échappé à un coup d’état militaire en 2012, alors qu’il était presqu’en fin de second mandat. Le régime d’ATT a chuté suite à une mutinerie, donc, un coup qui serait loin d’être préparé. Toute chose qui a basculé le pays dans l’anarchie totale avec des conséquences que le peuple malien a vécu. C’est ainsi qu’après une courte transition, Ibrahim Boubacar KEITA, a été élu en 2013. Mais l’histoire s’est encore répétée. Son premier mandat a donné plus ou moins satisfaction.

Alors, il constituait un grand espoir en 2013. L’on le croyait apte à remettre le Mali sur de bons pieds. Mais cet espoir s’est effondré. Le régime a rencontré toutes les difficultés pour satisfaire le peuple.

Ce qui a déclenché des mouvements d’humeur contre lui et son régime. Ces sautes d’humeur se sont révélées par les différentes manifestations conduites par le Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP). Cette structure regroupait plusieurs partis politiques de l’opposition et des organisations de la société civile. A ces remous politiques se sont ajoutées les frustrations au sein l’armée. Le président IBK et son régime ont reçu comme réponse aujourd’hui la colère des militaires. Cela a abouti à sa chute. A l’analyse de la situation, on se demande maintenant si le coup d’état n’est pas devenu la seule option pour faire taire la colère des uns et des autres.

Ainsi, faut-il encore croire que tous les régimes démocratiques mis en place au Mali pourraient s’attendre à des putschs ?

À ce rythme, on risquerait de tomber dans un cercle vicieux de coup d’état, demandant à tout va la démission d’un Président. On risquerait d’entrer dans une “ norme”.  Aujourd’hui, il est temps que le peuple comprenne que ce n’est pas seulement un homme fort qui construit un pays mais surtout des institutions fortes et un peuple qui est prêt à accompagner les institutions tout en respectant et comprenant le vrai sens de la démocratie.              

 Boubacar DIARRA

By |2020-08-24T16:52:48+02:00août 24th, 2020|A LA UNE|0 Comments

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