//EMBARGO SUR LE MALI: UN COUTEAU A DOUBLE TRANCHANT POUR LES DIRIGEANTS DE LA CEDEAO !

EMBARGO SUR LE MALI: UN COUTEAU A DOUBLE TRANCHANT POUR LES DIRIGEANTS DE LA CEDEAO !

Depuis le renversement du régime d’Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août dernier, les Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont décidé de mettre le Mali sous embargo jusqu’à nouvel ordre. Mais tout en punissant le peuple malien, ces dirigeants ouest-africains seraient dans l’ignorance totale que leurs peuples en souffriront tout autant. Dès lors, l’embargo devient un couteau à double tranchant.

Un embargo sur le Mali ne signifie-t-il pas un embargo sur les peuples de la CEDEAO ? Il est clair que le Mali a besoin de la CEDEAO et vice versa. En cette ère d’intégration africaine, nous pouvons affirmer que la communauté ouest-africaine est comme un homme. Si une partie est malade, c’est tout le corps qui en souffre. Donc, en réponse au coup d’Etat militaire que notre pays a enregistré, il y a une dizaine de jours, les dirigeants de l’espace communautaire ont décidé de mettre le Mali sous embargo. Toute chose qui fera subir le peuple malien des difficultés économiques et financières. Faut-il faire souffrir tout un peuple pour des actes posés par des militaires ?

Une chose est clair, cette situation ne fait pas l’unanimité du peuple de la CEDEAO, voire même des Chefs d’Etat.

Car, il y a quelques jours, un ancien ministre sénégalais a fait une sortie médiatique pour fustiger cette décision surtout au regard du contexte dans lequel le Mali se trouve actuellement. Celui-ci serait dans la même que son président, Macky SALL qui avait suggérer à ses pairs de la sous région que l’embargo ne concernerait pas les produits de première nécessité, de l’électricité, des produits pharmaceutiques et des produits pétroliers, donc, de carburant. Aujourd’hui, si cet embargo fera souffrir les Maliens, le reste du peuple de la CEDEAO ne demeurera en marge de cette souffrance. Depuis belle lurette, beaucoup d’autres pays de la sous-région importent du Mali certains produits de première nécessité comme la viande. Etant un pays sahélien, le Mali est l’un des rares pays de l’espace CEDEAO qui réussit bien dans le secteur de l’élevage.

Raison pour laquelle, ils sont nombreux des pays de la sous région qui se ravitaillent au Mali en viande.

En réaction à cet embargo, les acteurs de la filière viande ont décidé de suspendre l’exportation de la viande malienne vers ces pays de la CEDEAO. Du coup, les conséquences de cette décision d’embargo se font déjà sentir dans certains pays. Hier, des informations nous sommes parvenues pour dire que le prix de la viande aurait fortement augmenté à Abidjan. Le kilo de la viande aura connu une flambée extraordinaire. Car, le kilo se vendrait à 6000 FCFA et certaines localités du pays ne seraient plus ravitaillées en viande. Déjà, hier, des rumeurs circulaient pour affirmer que la Côte d’Ivoire aurait allégé la mesure à la frontière. Sans nul doute, un embargo sur le Mali signifie presque un embargo sur le Sénégal voisin où la plus grande partie des exportations se ferait vers le Mali. Du coup, si cette situation perdure, finalement, les dirigeants de la CEDEAO risqueront de connaitre un soulèvement populaire de la sous-région pour réclamer la levée. Car, la souffrance serait collective. Ce qui doit permettre aux Chefs d’Etat de revoir leur copie par rapport aux sanctions d’un pays en réponse à un coup d’Etat.

Boubacar DIARRA

By |2020-08-27T16:43:31+02:00août 27th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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