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FRONDE SOCIALE: LES SYNDICATS DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE DOIVENT SAVOIR RAISON GARDER

Comme partout ailleurs dans le monde et conformément aux principes de la realpolitik, les suites immédiates d’un coup d’Etat placent inéluctablement le pays dans une situation d’exception pour une période dite de ‘’Transition’’ et au cours de laquelle la gestion des Affaires publiques doit absolument obéir aux contraintes imposées par cette exception. Le Mali, bien sûr, ne faisant pas exception à la règle, est entré depuis le 18 août 2020, dans ce processus de Transition, avec pour objectif fondamental, poser solidement les jalons d’une “Refondation” du pays. Il ne faut surtout pas s’y méprendre, car la gestion d’une période transitoire est un vrai labeur qui ne devrait pas être considéré comme une affaire ‘’des militaires seulement’’. Ce sont plutôt tous les citoyens, dans toutes leurs diversités, qui doivent apporter leurs pierres à cette reconstruction nationale.

Il n’est point besoin de dire, s’il y a eu coup d’Etat, c’est bien parce que l’Etat et les tenants de ses rênes ont failli quelque part. Et pour réussir à juguler, un tant soit peu, les défaillances qui ont conduit au putsch, il faut non seulement un certain temps mais aussi il faut trouver les voies et moyens pour assurer une certaine stabilité financière au pays. Nul n’ignore que dans notre pays, les finances de l’Etat suffisent à peine pour supporter les charges salariales et le budget de fonctionnement de l’Etat. On n’a pas besoin d’être dans les secrets des dieux pour savoir que le Mali, à l’image de tant d’autres pays pauvres, a toutes les peines du monde pour joindre les deux bouts. Mais là où le bât blesse est que les masses laborieuses ne sont aucunement édifiées sur cet état de récession financière du pays. Et c’est donc de bonne guerre si, pour un ‘’Oui’’ ou pour un ‘’Non’’, des organisations syndicales ne s’embarrassent nullement de brandir l’épouvantail des grèves pour, espèrent-elles, contraindre l’autorité de l’Etat à satisfaire à leurs doléances qui portent, pour la plupart et pour l’essentiel, sur des revendications pécuniaires.

Devrait-on en vouloir aux organisations syndicales pour leurs propensions excessives aux grèves ? Bien sûr que non !

Dans la mesure où c’est plutôt l’Etat, par le truchement du Gouvernement, qui s’illustre par une rétention  de l’information. De telle sorte que les difficultés, surtout financières, de l’Etat sont méconnues des masses laborieuses. Pour se défaire de cette attitude caractérisée par la rétention de l’information et aussi permettre un apaisement du front social, le gouvernement de Transition a préféré jouer franc avec les syndicats grévistes en les prévenant que quoique légitimes soient leurs grèves, il va bien falloir patienter eu égard aux contraintes financières de l’Etat. C’était au cours d’un point de presse qui s’est tenu le mercredi 11 novembre 2020 au ministère de l’Administration Territoriale et qui a été animé par trois membres du gouvernement. L’objectif de ce point de presse était surtout de demander aux syndicats grévistes de surseoir à leurs mouvements de grève. En prenant la parole, l’hôte de la rencontre, Lt Col. Abdoulaye MAIGA avait expliqué que « Le mouvement de grève en cours ne permet point l’exécution des missions assignées à la Transition pour lesquelles tout retard compromet le déroulement normal du processus. Certes les revendications des syndicats sont légitimes, mais le Gouvernement estime qu’au regard des contraintes financières, il y a lieu de patienter en attendant la conférence sociale en vue, pour l’harmonisation des grilles salariales et des primes et indemnités. En tout état de cause, le Gouvernement reste ouvert au dialogue ».

Après ces propos du ministre de l’Administration territoriale, ses homologues de la Fonction publique et de la Sécurité ont abondé dans le même sens pour mettre l’accent sur les difficultés financières et budgétaires que le pays connait en cette période de Transition

Si ces informations sont de nature à révéler une certaine vérité sur les capacités financières de l’Etat, on devrait néanmoins se demander si, avec cette franchise, le gouvernement de Transition réussira effectivement à stopper les grèves intempestives ? La réponse à ce questionnement serait plutôt la négative étant donné que suite à ce point de presse, les organisations syndicales de l’Administration territoriale ont animé un point de presse pour dégager leur position, en réponse au gouvernement. A cet effet, la plateforme d’action commune des syndicats du ministère de l’administration territoriale était face à la presse, le samedi 14 novembre 2020, à la Bourse du travail. Lors de leurs interventions au cours de ce point de presse, les responsables syndicaux ont plutôt fustigé les propos tenus par les différents ministres de la Transition lors de leur conférence de presse tenue le 11 novembre 2020. A travers cette fustigation, les dirigeants syndicalistes voudraient plutôt signifier que, quoi qu’il advienne, la grève qu’ils ont déclenchée continuera, bien que des ministres aient évoqué des raisons solides qui y surseoir.

Au cours de leurs interventions, lors de la conférence du samedi 14 novembre 2020, les dirigeants syndicaux de l’Administration Territoriale ont semblé faire du non-respect des promesses, par les gouvernements antécédents, leur cheval de bataille

Alors qu’en réalité, le gouvernement de Transition a été parfaitement clair en faisant savoir que : « Certes les revendications des syndicats sont légitimes, mais le Gouvernement estime qu’au regard des contraintes financières, il y a lieu de patienter en attendant la conférence sociale en vue, pour l’harmonisation des grilles salariales et des primes et indemnités. En tout état de cause, le Gouvernement reste ouvert au dialogue ». Face à cette réalité qui n’est un secret pour personne, il conviendrait tout simplement que les syndicats de l’Administration Territoriale sachent raison garder.

 

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-11-17T15:21:12+01:00novembre 17th, 2020|A LA UNE, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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