//GESTION COMPLEXE DU RPM APRES IBK : QUEL AVENIR POUR LA FAMILLE DU TISSERAND À LA CHUTE DU MENTOR ?

GESTION COMPLEXE DU RPM APRES IBK : QUEL AVENIR POUR LA FAMILLE DU TISSERAND À LA CHUTE DU MENTOR ?

Après la chute du président Ibrahim Boubacar Keïta, des scénarii se dessinent aujourd’hui pour le parti du Rassemblement Pour le Mali (RPM). Des doutes planent sur la survie de l’ex-parti majoritaire, surtout que les prémices d’une forte dissension se faisaient sentir bien avant la chute du mentor, IBK. Toute chose qui avait affaibli non seulement le regroupement des partis politiques qui soutenaient IBK, “Ensemble Pour le Mali” (EPM) mais aussi singulièrement la famille politique du Tisserand.

Le RPM arrivera-t-il à surmonter cette phase difficile et à garder sa place de leader après-IBK ? Court-t-il vers une impasse ou va-t-elle imploser tout court ? Qui seront capables de réunifier cette famille fractionnée par tant de dissidences?

Aujourd’hui, des interrogations ne manquent pas autour de l’avenir de l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement Pour le Mali (RPM). Depuis les élections législatives avortées jusqu’aux élections législatives de mars-avril 2020 dont des résultats étaient fortement contestés en maints endroits, les acteurs politiques du parti du Tisserand ne parlent plus du même langage. Cette situation du parti, uni juste de façade, a été surtout à la base de l’affaiblissement du pouvoir du président IBK. C’est pourquoi, lorsque des forces se sont constituées pour abattre le Locataire de Koulouba, des poids n’existaient pas pour les empêcher. Des tentatives fallacieuses s’étaient mobilisées à un moment donné pour freiner la tempête, mais sans succès. L’orage a finalement emporté IBK et son régime.

L’ex-président de la République ne voyait ni ne comprenait rien autour de lui. Comme dirait l’autre “il nageait dans le vide” croyant qu’il disposait de soutiens de poids, des soutiens capables de faire face à l’arsenal de guerre du Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP). Malheureusement, aucune des tentatives de ses partisans, en majorité circonstancielles, ne se mobilisaient que pour des questions d’intérêts. Toute chose qui lui rendait faible face à “l’armée du M5-RFP” dont les soldats étaient déterminés, engagés, et prêts à mourir s’il le fallait afin de le faire partir. Et finalement, ce qui devrait arriver, arriva. Le président et son régime ont chuté au moment même où la famille du Tisserand tendait vers l’implosion.

On se rappelle, la première tentative d’organiser les élections législatives, mais reportées sine die, pour des raisons connues de tous, avait abouti à la prorogation du mandat des députés à deux reprises. A cette occasion, le désormais ex-président de l’Assemblée Nationale, Moussa TIMBINE, avait manœuvré à ce que le président du RPM, Bocari TRETA, ne soit pas sur la même liste que lui lors desdites législatives en Commune V. Pourtant, ce dernier figurait sur cette liste lors des législatives avortées certainement contre la volonté de Moussa TIMBINE. Mais ce dernier est arrivé à ses fins lors des législatives de mars-avril 2020. Et finalement le président du parti RPM, Bocari TRETA, a tout simplement préféré garder sa dignité en renonçant à se présenter auxdites élections et permettre au parti de garder sa cohésion.

Mais cette imposition de Moussa TIMBINE au parti a continué son bonhomme de chemin. Croyant vraiment à sa force, il était contraint d’aller au second tour dans sa circonscription électorale où tout serait mis en œuvre pour qu’il soit réélu. Ce qui a été fait par la Cour Constitutionnelle comme dans plusieurs autres circonscriptions du pays en faveur du parti au pouvoir et particulièrement dans le district de Bamako. Du coup, place aux contestations postélectorales. Comme si tout cela ne suffisait pas, lors de la désignation du Président de l’Assemblée Nationale, Moussa TIMBINE a été encore imposé aux cadres du RPM qui avaient unanimement désigné Mahamadou DIARRASSOUBA. Or, celui-ci était très puissant dans sa circonscription de Dioïla. Avec lui, il avait porté à l’Assemblée Nationale 04 autres.

Cette imposition de M. TIMBINE à la tête de l’Assemblée a été considérée comme un affront, un manque de respect à l’égard des cadres du parti. Raison pour laquelle, lesdits cadres étaient moins enclins à soutenir IBK contre les contestataires.

Aujourd’hui, après la chute d’IBK et de Moussa TIMBINE, beaucoup de cadres pensent que c’était Dieu qui avait dit le droit. Maintenant, c’est dans cette situation que vit le RPM pendant cette période de Transition. Et tout porte à croire que l’ex-président malien, IBK, prendrait sa retraite politique. Car, sa fragile santé ne lui permet plus d’être au premier plan. C’est pourquoi, bon nombre d’analystes pensent que son héritage, c’est-à-dire, le RPM, pourra difficilement se remettre de ces blessures et garder sa position de leader sur la scène politique nationale. Tout laisse croire que ce parti RPM risque d’imploser pour certainement donner naissance à un autre parti.

Mais un autre scénario ne serait pas exclu. Il s’agit pour le père fondateur du RPM, Ibrahim Boubacar Keïta, de se transformer en conciliateur entre les cadres du RPM tout en demandant pardon aux cadres frustrés par ses différentes décisions incompréhensibles, donc, reconnaitre ses erreurs vis-à-vis d’eux. Si cela est fait, il est fort probable que la réunification de la famille du Tisserand soit possible.

Au regard de la crise, le RPM ne serait pas loin du scénario PDS d’Amadou Toumani TOURE (ATT) qui s’était éclaté à la chute de l’homme en 2012.

Par Boubacar DIARRA

By |2020-10-28T07:53:19+01:00octobre 28th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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