//GOODLUCK JONATHAN AU MALI AUJOURD’HUI: LA CEDEAO VA-TELLE ACTER LE CHOIX D’UN ANCIEN MILITAIRE PRESIDENT DE LA TRANSITION ?

GOODLUCK JONATHAN AU MALI AUJOURD’HUI: LA CEDEAO VA-TELLE ACTER LE CHOIX D’UN ANCIEN MILITAIRE PRESIDENT DE LA TRANSITION ?

L’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, médiateur de la CEDEAO dans la crise malienne, est à nouveau attendu à Bamako aujourd’hui, pour voir la mise en œuvre de la feuille de route de l’organisation sous-régionale. La CEDEAO, on se rappelle, a exigé du CNSP la nomination d’un président et d’un  Premier ministre de transition civils. Si le Premier ministre n’est pas encore connu, le président et le vice-président sont connus : il s’agit du colonel-major à la retraite Ba N’Daw et du colonel Assimi Goita, président du CNSP. Ce choix sera-t-il accepté par la CEDEAO, voilà toute la question !

Avec cette énième visite au Mali, Goodluck Jonathan revient donc après celle effectuée le 22 août après la chute du président IBK le 18 août dernier pour discuter avec la junte au pouvoir. Lors de cette visite, d’intenses tractations entre les autoritaires militaires au pouvoir et la mission de la CEDEAO avaient permis de dégager un accord sur un certain nombre de sujets entre les deux parties. « Pour ces points qui n’ont pas pu obtenir un accord entre les deux délégations, nous avons demandé  aux autorités militaires de réfléchir davantage, nous aussi nous allons faire la même chose », avait indiqué le chef de la médiation, Goodluck Jonathan, à sa sortie de la rencontre avec le CNSP. Et l’ex-Président nigérian avait été clair : « Ce que nous faisons est pour l’intérêt du Mali, ce n’est dans l’intérêt d’une personne ou d’un groupe d’individus, c’est dans l’intérêt du Mali et de la CEDEAO, parce que ce qui touche le Mali affecte le reste de la CEDEAO, parce que les pays sont liés, parce qu’il n’y a pas de mur qui nous sépare.  La CEDEAO veut le meilleur pour le Mali.

Elle utilise le même format d’approche, de démarche pour traiter le problème. L’approche de la CEDAO se fonde sur son protocole, qui est le même pour tous les pays ».

La médiation de la CEDEAO avait alors eu l’accord de la junte pour aller voir IBK et comprendre son point de vue sur la situation. « Nous lui (IBK) avons demandé : en tant que Président de la République, quelle est la voie à suivre, à votre avis ? Le Président Ibrahim Boubacar Kéita nous a fait savoir qu’il a donné sa démission, qu’il n’a pas été contraint à la faire et qu’il n’a pas envie de revenir aux affaires.  Ce qu’il souhaite, c’est une transition rapide pour permettre au pays de retourner dans un régime civil, le plus rapidement possible, un régime qui pourra interagir et travailler avec le reste du monde de manière libre pour le développement économique et la sécurité du Mali. On s’est donc trouvé à l’aise par cette idée émise par le Président », avait confié Goodluck Jonathan.

Sur une autre grande question débattue lors de cette visite, la structure et la durée de l’équipe du gouvernement intérimaire. Là-dessus, Gooluck Jonathan avait réagi en ces termes : « Nous avons discuté de certains points, nous leur avons fait part de la vision du protocole de la CEDEAO. La CEDEAO ne viendra pas imposer le gouvernement au peuple malien. Que ce soit un gouvernement élu ou un gouvernement transitoire, la décision revient au peuple malien. Le devoir de la CEDEAO est de faire comprendre son protocole qui régit l’espace. J’ai porté à la connaissance des autorités militaires les attentes de la CEDEAO sur la mise en place du gouvernement intérimaire. Je crois que d’ici deux jours, elles vous feront voir de quoi sera faite cette structure gouvernementale ».

Nous avons maintenant une idée de la structure,  mais qui n’est pas, pour dire vrai, celle envisagée par la CEDEAO. Va-t-on s’accommoder de cela ?

La réponse, on en aura peut-être avec le médiateur de la CEDEAO aujourd’hui. Par ailleurs, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheikh Tidiane Gadio, a été choisi par l’Organisation internationale de la francophonie pour mener une mission de suivi de la situation au Mali. Il sera lui aussi à Bamako demain ou dans les prochains jours, où il conduira une mission à la tête d’une délégation composée de parlementaires et diplomates de la francophonie. Cheikh Tidiane Gadio, 64 ans, a été désigné ce lundi 21 septembre Envoyé spécial pour le suivi de la crise malienne pour le compte de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). L’envoyé spécial et sa délégation seront chargés « d’accompagner le processus de transition civile au Mali », précise l’OIF dans un courrier à l’intention du président de la transition tout juste désigné, l’ex-ministre de la Défense Ba N’Daw, et du chef de la junte, désormais vice-président, le colonel Assimi Goïta. Plus d’un mois après le coup d’État, Cheikh Tidiane Gadio, qui défend une levée des sanctions imposée au Mali par la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), devra assurer une médiation entre les différentes parties prenantes de la crise, des différentes composantes du Mouvement du 5 Juin – Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP)  aux militaires putschistes, en passant par les groupes armés signataires de l’accord de paix d’Alger, les représentants des partis politiques et des organisations de la société civile qui ont participé à la concertation nationale.

Quelques jours après le coup d’État, le 23 août, invité sur la télévision nationale sénégalaise, il était revenu sur les contestations électorales qui avaient suivi les dernières élections législatives et présidentielles

« Le Mali a connu quatre coups d’État militaires, la seule passation de pouvoir entre civils a eu lieu entre le président Alpha Oumar Konaré et le président Amadou Toumani Touré, lui-même un militaire retraité. Cela pose un problème. Y a-t-il structurellement dans le fonctionnement de l’État malien quelque chose qui aboutit à ce genre de situation ? C’est une réflexion à mener », avait-il alors lâché. Diplomate expérimenté et actuel président de l’Institut Panafricain de Stratégie Paix-sécurité-gouvernance (IPS), qui se définit comme une structure autonome de formation, de réflexion et d’actions en faveur de la paix, la sécurité, la bonne gouvernance et de la solidarité panafricaine, Cheikh Tidiane Gadio dispose « d’une très riche expérience diplomatique »,  a justifié l’OIF dans le communiqué annonçant sa nomination.

 

MAIMOUNA DOUMBIA

 

By |2020-09-23T15:20:35+02:00septembre 23rd, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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