///LE CNSP ET LES DURES ÉPREUVES DU POUVOIR : SEULE LA PASSION DU MALI DOIT L’EMPORTER !

LE CNSP ET LES DURES ÉPREUVES DU POUVOIR : SEULE LA PASSION DU MALI DOIT L’EMPORTER !

Incontestablement, les membres du Comité National pour le Salut du Peuple (CNSP) jouissent d’un soutien populaire consécutif l’état d’exaspération des maliens face au régime corrompu du désormais ancien président IBK, mais aussi de l’agencement et du contenu de leur toute première déclaration. Mais au fur et à mesure, ils semblent butter aux dures réalités de l’exercice du pouvoir, coincés qu’ils sont entre les exigences formalistes de la CEDEAO et d’une certaine communauté internationale ! Entre discours et pratique, sauront-ils se tirer d’affaire à bon compte ? Voilà toute la question !

 Cela est d’autant plus vrai que les militaires pourraient très vite, s’ils ne prennent garde, se voir des acteurs politiques et même de la société civile sur le dos, s’ils devraient continuer à privilégier les acteurs du M5-RFP aux autres. Certains n’ont d’ailleurs pas apprécié qu’ils se soient affichés lors du meeting du M5. Le M5-RFP qui entend d’ailleurs leur soumettre un document de transition. Vont-ils se focaliser sur ce document pour mettre en place la nouvelle transition ? Une seule certitude, le colonel Goita et ses hommes se doivent de rester à équidistance de tous les acteurs en place, s’ils tiennent vraiment à réussir leur pari.

 A première vue, ça va pas être du tout une tache facile, au regard du fossé entre le militaire et le politique, même s’ils assurent que c’est aux Maliens de définir les contours de la transition.

Et de quelle transition parlent-ils, dès lors qu’on est passé de l’espérance d’une transition civile à une transition militaro-civile en l’espace de quelques jours seulement. Sur ce point, sans vouloir exclure les militaires du processus, ne siérait-il pas qu’on laisse la présidence de la transition à un civil qui, même si le rôle n’est pas encore défini, aura du pain sur la planche, du moment qu’il s’agit avant tout de restaurer la confiance entre le Mali et ses partenaires, dont le rôle va être grand dans la concrétisation des objectifs qui seront assignés à la transition. Il faut donc, en plus d’un homme de poigne, un homme qui est aux faits des rouages du fonctionnement des politiques internationales, un homme capable de fixer un Emmanuel Macron ou un  Donald Trump dans les yeux pour défendre le Mali. Loin du nous  l’idée de prendre les militaires pour des sans cervelle, mais le fonctionnement du cerveau d’un militaire est diamétralement opposé à celui d’un politique, disons d’un civil. Il y a aussi le fait que peu dirigeants accepteraient de confier certaines choses à un militaire. En contrepartie, un militaire pourrait bien être nommé comme Premier ministre de la transition, ne serait-ce que pour mieux veiller à ce que tout se déroule comme prévu dans la conduite de l’administration générale.

Un autre défi pas le moindre, comment les membres du CNSP vont-ils s’y prendre, pour ce qui concerne l’engagement souscrit dans la mise en œuvre de l’accord d’Alger ?

En effet, dans leur première déclaration, ils se sont engagés à appliquer l’Accord pour la Paix et la Réconciliation nationale issu du processus d’Alger en lançant cet appel à la CMA à la Plateforme : « Nous invitons par ailleurs nos frères de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) et de la plateforme à nous rejoindre pour la mise en œuvre efficiente de l’accord issu du processus d’Alger…Nous sommes attachés au processus d’Alger, la paix au Mali est notre priorité et elle se fera avec vous». Sur ce point, il y a un problème, car l’accord d’Alger, tel qu’il est aujourd’hui, n’est pas un bon accord pour nombre de nos compatriotes, qui souhaiteraient d’ailleurs qu’il soit relu pour l’adapter à la constitution et aux réalités sociopolitiques de notre pays. Cela a été dit et redit aussi lors du dialogue national inclusif ! Chose que refuse pour le moment la CMA, pour qui, il faut une application intégral dudit accord.

Comment faire alors pour dépasser cet obstacle qui, il faut le dire, est à la base du retard jusqu’ici pris dans la mise œuvre de cet accord.

 Les militaires du CNSP se sont-ils fait piéger ? Le plus dur dans tout cela est qu’ils parviennent à maintenir l’unité et la cohésion en leur sein. En effet, l’appétit venant en mangeant, il ne faudrait surtout pas que certains d’entre eux poussent des dents au point de vouloir reprendre les choses en main. Le cas Sanogo et consorts, avec ce qui est finalement advenu au colonel Youssouf Traoré est encore vivace dans les esprits. Pour finir, seule la passion Mali doit l’emporter !  

Maimouna Doumbia 

By |2020-08-27T18:54:56+02:00août 27th, 2020|ANALYSE|0 Comments

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