//LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION (CNT) : UN BALLON D’ESSAI ?

LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION (CNT) : UN BALLON D’ESSAI ?

Les nouvelles autorités de la Transition font face à une colère noire. La révolte est liée au Décret pris par le vice-président portant sur la composition et les modalités de désignation des membres de l’organe législatif de la Transition. La proposition contenue dans le document signé accorde en effet la portion congrue du futur conseil national aux vrais acteurs politiques. La junte veut se tailler la part du lion comme l’a fait observer une bonne partie de la classe politique malienne.

D’emblée, le M5-RFP rejette le format qui pourrait cacher un plan de confiscation du pouvoir. La junte qui a réalisé le coup de force du 18 août rechigne à céder l’espace politique aux acteurs naturels à savoir les partis politiques. Le comble est que des opportunistes les exhortent à s’accrocher après la désignation de Bah N’DAW comme chef de l’Etat et Président de la Transition suivie de la nomination d’un premier ministre trahissant la confiance des membres du M5. Chacun a pu le comprendre au Mali : la junte travaille à  gagner la confiance au détriment des acteurs politiques que Assimi et ses compagnons veulent sacrifier, politiquement s’entend.  Le CNSP veut réussir à s’imposer dans la perspective des échéances électorales à venir. C’est le sens de toutes les tentatives en cours depuis un certain temps. Après s’être bien servie lors de la formation du gouvernement de Transition, la junte militaire du CNSP veut encore contrôler l’organe législatif à travers l’officier DIAW d’après les informations.

Elle veut caser tout le monde pour pouvoir se positionner à la fin de cette période transitoire, affirment certains Maliens qui invitent à la mobilisation pour capoter le projet

Pour d’autres par contre, c’est une façon pour les militaires de tâter le terrain. En clair, pour d’autres qui encouragent la classe politique à se dresser contre le projet des militaires, la junte lance un ballon d’essai en adoptant ce format de l’organe législatif. Mais le constat est que d’autres encore préfèrent rouler pour la junte pour se voir dans les grâces du pouvoir. C’est le cas du coordinateur de la CMAS monsieur Issa Kaou N’DJIM qui s’est donné la sale mission de saboter le M5. A l’analyse de la réaction de certains partis politiques comme le SADI de Dr Oumar MARIKO, on ne peut s’empêcher de se poser des questions. Le leader politique n’affiche pas une position qui contraste avec le choix de la junte. Le redoutable opposant prône le dialogue là où il doit adopter une attitude de non complaisance vis-à-vis des militaires. Des acteurs politiques tels que Houseini Amion GUINDO,  Moussa MARA, Aliou Boubacar DIALLO, Modibo KADJOKE et aussi l’ensemble des entités qui formaient l’ancienne majorité présidentielle désapprouvent le format du CNT tel qu’il est proposé par le vice-président.

D’après les informations, pour ce qui concerne le parti URD de Soumaila CISSE, la direction est au stade des concertations pour se prononcer officiellement

« L’URD est un parti sérieux, un grand parti qui refuse de faire le spectaculaire. Nous sommes en train de faires des concertations sur la question. Le moment venu l’opinion saura notre position »  a répondu un des responsables que nous avons interpellé hier au tour de la délicate question de la clé de répartition. C’est dans ces conditions que des Maliens commencent à douter des motivations de la junte militaire par cette décision. S’agirait-il d’un ballon d’essai du Vice-président de la Transition et de ses camarades de la junte ?

LAYA DIARRA

By |2020-11-18T14:01:25+01:00novembre 18th, 2020|A LA UNE|0 Comments

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