//MALVERSATIONS FINANCIERES A L’AMBASSADE DU MALI A OUAGA : AMADOU SOULALE ENTENDU AU POLE ÉCONOMIQUE

MALVERSATIONS FINANCIERES A L’AMBASSADE DU MALI A OUAGA : AMADOU SOULALE ENTENDU AU POLE ÉCONOMIQUE

La traque des délinquants financiers va-t-elle prendre une autre  tournure ? On est tenté de le croire à cela au regard des actions en cours. De bonnes sources, l’Ambassadeur du Mali au Burkina Faso, monsieur Amadou SOULALE a été entendu par le Pole Economique et Financier hier. Le diplomate a été interpellé pour être entendu sur les irrégularités décelées dans son service diplomatique et contenues dans le rapport 2019  du Bvg.

Le montant des irrégularités financières contenues dans ce rapport remis par le BVG aux nouvelles autorités de la Transition s’élève à plusieurs centaines de milliards de FCFA. Un scandale dans un pays pauvre qui ploie sous le poids de la dette. Lisez les raisons de l’interpellation l’homme politique envoyé pour diriger une représentation diplomatique du Mali à l’Etranger : gestion de l’ambassade du Mali à Ouagadougou (Burkina Faso), vérification financière, mandat et habilitation. La présente vérification porte sur les opérations de recettes et de dépenses de l’Ambassade du Mali à Ouagadougou au Burkina Faso, au titre des exercices 2015, 2016, 2017 et 2018 (1er semestre).

Elle a pour objectif de s’assurer de la régularité et de la sincérité desdites opérations. Qu’est-ce que le VGAL a constaté ? Les constatations issues de la présente vérification mettent en exergue des irrégularités administratives et financières

Les irrégularités administratives sont assorties de recommandations tandis que les irrégularités financières donnent lieu à des dénonciations aux autorités judiciaires. Les irrégularités administratives relèvent des dysfonctionnements du contrôle interne et se présentent comme suit : le Secrétaire Agent Comptable (SAC) n’a pas prêté serment avant son entrée en fonction, conformément aux textes en vigueur. Le SAC ne tient pas une comptabilité régulière. Il ne tient pas le Calepin de caisse, le livre journal des commandes, le livre journal des matériels et matières ou le registre des rejets comptables de même que les documents de la comptabilité-matières. Il ne respecte pas non plus le montant plafond autorisé à être détenu en espèces. Lors du comptage des numéraires, le SAC détenait un montant de 800 625 FCFA supérieur au plafond de 250 000 FCFA autorisé. Le SAC ne procède pas à des rapprochements périodiques des écritures comptables enregistrées dans le registre banque avec la situation réelle en banque indiquée sur les relevés de compte. Ce qui ne permet pas à l’Ambassade de vérifier la concordance entre le solde bancaire dans sa comptabilité et le solde bancaire réel envoyé par sa banque et de trouver des justifications aux différences éventuelles. L’Ambassadeur du Mali ne procède pas à la mise en concurrence des fournisseurs. Pour toutes les opérations d’acquisition de biens et services, le titulaire a été désigné sans mise en concurrence d’au moins trois fournisseurs conformément à la réglementation en vigueur.

Au titre des irrégularités financières : Les irrégularités financières s’élèvent à 1,84 milliard de FCFA dont les principales se présentent comme suit : l’Ambassadeur n’a pas justifié l’utilisation du carburant acheté pour un montant total de 23,45 millions de FCFA. En effet, aucun document de répartition ou d’utilisation du carburant acheté n’a pu être fourni à la mission. Le SAC a irrégulièrement utilisé les recettes de Chancellerie. Ces recettes, d’un montant total de 189,13 millions de FCFA, ont été dépensées sans l’autorisation préalable du Payeur Général du Trésor. Sur ce montant, 64,81 millions de FCFA ont été compensés, d’où un reliquat de 124,32 millions de FCFA restant à compenser. Le SAC a effectué des paiements irréguliers au titre de la construction de la Chancellerie pour un montant total de 1,37 milliard de FCFA sans les pièces justificatives requises. Des paiements sont effectués sur la base de factures qui ne sont pas liquidées par l’Ambassadeur et sans décomptes établis par l’entrepreneur ni d’acomptes par le maître d’œuvre. Il a aussi fait rembourser par l’Ambassade des emprunts contractés auprès d’une banque par une entreprise de construction et émis des chèques libellés au nom de personnes physiques en lieu et place de personnes morales.

Le SAC a irrégulièrement émis des chèques qui ont été payés en faveur de certains membres du personnel de l’Ambassade sans pièces justificatives pour un montant de 225,34 millions de FCFA

Le SAC a aussi payé les frais scolaires sans toutes les pièces justificatives requises à savoir le certificat de fréquentation, l’acte de naissance, le certificat d’adoption le cas échéant et le relevé de frais d’études pour une année scolaire. Le montant total payé, sur la base de simples factures délivrées par les établissements scolaires, est de 64,53 millions de FCFA. Le SAC a procédé à des paiements irréguliers. Il a payé pour 3 agents, au titre d’indemnité de premier équipement, 3 millions de FCFA par personne au lieu de 500 000 FCFA prévus. Il a aussi accepté des justificatifs d’indemnités de déplacement irréguliers et incomplets, notamment des ordres de mission non visés à l’arrivée et au départ et des achats de billets d’avion non soutenus par des ordres de mission. En outre, il a procédé à des paiements indus de loyers de certains bâtiments de montants supérieurs à ceux prévus dans les contrats. Le montant total de ces paiements irréguliers s’élève à 28,22 millions de FCFA. Le SAC a autorisé l’enlèvement d’un véhicule réformé sans preuve du paiement des frais de cession pour un montant de 1 million de FCFA.

Qu’a été recommande pour corriger les manquements constatés ?

  • Au Directeur National du Trésor et de la Comptabilité Publique : veiller à la prestation de serment des SAC avant leur entrée en fonction.
  • A l’Ambassadeur du Mali à Ouagadougou : veiller au respect de la réglementation relative à la comptabilité-matières ; procéder à la mise en concurrence des fournisseurs lors des achats.Au Secrétaire Agent Comptable : respecter les dispositions de l’Instruction n°0001/MFC du 14 juillet 1995 fixant les règles et procédures budgétaires et comptables applicables dans les Ambassades et Consulats relatives à la tenue des documents et registres comptables ; respecter le montant plafond autorisé à être détenu en caisse ; établir périodiquement les états de rapprochement bancaire. transmission et dénonciation de faits par le vérificateur Général au président de la section des comptes de la Cour Suprême et au procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako chargé du pôle économique et financier relativement : à l’utilisation non justifiée du carburant acheté pour 23,45 millions de FCFA ; aux dépenses non autorisées sur les recettes de chancellerie pour un montant de 124,32 millions de FCFA aux paiements irréguliers de 1,37 milliard de FCFA pour la construction de la chancellerie aux chèques non justifiés émis en faveur de certains membres du personnel de l’Ambassade d’un montant de 225,34 millions de FCFA ; aux paiements non justifiés de frais scolaires d’un montant total de 64,53 millions de FCFA aux paiements indus des indemnités de premier équipement d’un montant total de 7,5 millions de FCFA ; aux frais de mission non justifiés pour un montant de 9,37 millions de FCFA ; aux paiements indus de loyers pour un montant total de 11,34 millions de FCFA ; à l’enlèvement d’un véhicule sans preuve de paiement des frais de cession pour un montant de 1 million de FCFA.

LAYA DIARRA

By |2020-11-11T17:24:58+01:00novembre 11th, 2020|LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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