//MÉDIATION JUNTE-CEDEAO : LE SORT DU MALI SUSPENDU AU SOMMET DES CHEFS D’ETAT DE L’ORGANISATION CE MERCREDI

MÉDIATION JUNTE-CEDEAO : LE SORT DU MALI SUSPENDU AU SOMMET DES CHEFS D’ETAT DE L’ORGANISATION CE MERCREDI

Après 72 heures de discussions, la CEDEAO et les militaires du CNSP se sont séparés avec une note d’espoir, le sort du Mali étant désormais suspendu au sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO prévu pour se tenir ce mercredi. Des progrès, il en eu cependant, comme le compromis trouvé autour de l’ancien président Ibrahima Boubacar Keita devant être autoriser à rentrer chez lui, avec en sus la possibilité pour lui de pouvoir se déplacer hors du pays pour raison sanitaire. Son ancien PM Boubou Cissé devra lui aussi être mis en résidence surveillée en un lieu de son choix.

 Au pouvoir au Mali depuis le renversement du président Ibrahim Boubacar Keita, le 18 août, la junte militaire malienne, qui a échangé avec une délégation de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) conduite par Goodluck Jonathan, a une nouvelle réitéré sa promesse de mettre en place un organe de transition dirigé par un militaire ou un civil. Mais contrairement aux rumeurs qui avaient circulé sur certains médias, rien, pour ce qui concerne la composition, la taille, les organes et la durée de la transition, n’a encore été discuté, selon responsables du CNSP. En effet, tôt le matin dans la journée du lundi, RFI affirmait avoir tiré d’une source au sein de la délégation de la CEDEAO que « La junte a affirmé qu’elle souhaite faire une transition de trois ans pour revoir les fondements de l’État malien. Cette transition sera dirigée par un organe présidé par un militaire, qui sera en même temps chef de l’État ».

Une information qui, selon RFI, aurait été confirmée par un responsable du CNSP, avec comme contre partie que le Président Ibrahim Boubacar Keïta puisse regagner son domicile, et voyager, s’il souhaite, pour des soins hors du Mali.

 

Information démentie par le porte-parole de la junte, le Colonel-major Ismaël Wagué, en tout cas pour ce qui concerne la durée de la transition. Pour le reste, le Colonel Wagué fera savoir que rien n’est encore décidé, les discussions ayant pris fin avec la promesse du médiateur en chef de la CEDEAO d’aller rendre compte à qui de droit, à savoir les chefs d’Etat de l’organisation qui devraient se réunir en sommet sur la situation au Mali ce mercredi pour voir quelle décision prendre finalement pour ce qui concerne les sanctions contre le Mali. Pour rappel, les chefs d’Etat de la CEDEAO, réunis en sommet par visioconférence, avaient pris un certains nombre de mesure contre le Mali suite au coup de force du mardi dernier, bien que le Président IBK ait en toute responsabilité et sans pression décidé de démissionner de son poste de président avec pour effets immédiats la dissolution de l’Assemblée Nationale et du gouvernement. Malgré ce geste de l’ancien président IBK, qui visait à faciliter la mise place d’une transition rapide pour faire face aux problèmes qui assaillent le Mali, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont décidé de prendre des mesures très robustes contre le peuple malien. Il s’agit, entre autres, de la libération immédiate de IBK et de tous les officiels maliens arrêtés ; la suspension du Mali de tous les organes de décision de la CEDEAO avec effet immédiat, conformément au Protocole additionnel sur la Démocratie et la bonne Gouvernance et ce, jusqu’au rétablissement effectif de l’ordre constitutionnel ; la réinstallation de IBK dans ses fonctions de président de la République ; la fermeture de toutes les frontières terrestres et aériennes ainsi que l’arrêt de tous les flux et transactions économiques, commerciales et financières entre les pays membres de la CEDEAO et le Mali.

Aussi, pour ce faire, et comme pour menacer les Maliens, la CEDEAO appelait à la montée en puissance immédiate de la Force en Attente de l’organisation !

 C’est dire que le sort du Mali est suspendu aux conclusions du sommet de ce mercredi. Mais attendant, le porte-parole du CNSP affiche un certain optimisme, surtout que des propos tenus par IBK face à la médiation de la CEDEAO plaident en faveur du Mali. Ce dernier a en effet fait savoir à Goodluck Jonathan qu’il n’a subi aucune pression pour démissionner et qu’il ne souhaite plus revenir aux affaires. Ces déclarations de l’ancien président IBK et les concessions faites par la junte suffiront-elles pour faire les chefs d’Etat de la CEDEAO ?

  Maimouna Doumbia 

By |2020-08-25T18:17:29+02:00août 25th, 2020|A LA UNE|0 Comments

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