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OTAGES ENCORE EN CAPTIVITÉ DANS LE SAHEL: LE CARDINAL DE BAMAKO, JEAN ZERBO, EN APPELLE A LEUR LIBERATION

Si ce jeudi 8 octobre 2020 le Mali et le monde ont accueilli avec ferveur les nouvelles de la libération de certains otages naguère détenus par des groupes djihadistes dans le Sahel, il faut dire que malheureusement d’autres personnes restent encore en captivité, dans cette espèce de no man’s land, auprès de ces groupes armés. En effet, ce jeudi 8 octobre 2020, les ex-otages Soumaïla CISSE, Sophie PETRONIN, Nikola CHIACCHIO et Pier Lingi MACCALLI ont recouvré la liberté alors qu’au moins cinq autres otages internationaux sont encore détenus en captivité aux mains des ravisseurs. Parmi eux, la Colombienne Gloria Cecilia ARGOTI avec qui Sophie PETRONIN a passé l’essentiel de sa captivité, ou l’Australien Arthur Kenneth ELLIOT.

Revenue en France, l’ex-otage française a pu donner des nouvelles sur la santé de certains autres otages. Elle a aussi annoncé la mort de la Suissesse Béatrice STOCKY qui était à sa deuxième captivité. De tous ces otages encore en captivité dans le Sahel, c’est surtout le cas de Gloria Cecilia ARGOTI qui avait le plus défrayé la chronique en son temps et les déclarations faites, à son propos, par Sophie PETRONIN ne laissent personne insensible. On se souvient que depuis le 07 février 2017, une sœur franciscaine de nationalité colombienne et répondant au nom de Gloria CECILIA a été enlevée dans une paroisse à Karangasso, localité située près de Koutiala dans la région de Sikasso au sud du Mali. Depuis l’annonce de ce rapt qui, au demeurant reste sans revendication, des recherches ont été entreprises tous azimuts mais sans résultats probants. On a souvenance qu’à l’occasion de cet enlèvement, l’Etat colombien s’est montré très concerné, compte tenu du fait que l’infortunée est une de ses ressortissantes.

A cet effet, des agents des services de renseignement colombiens avaient été dépêchés au Mali où ils ont eu à travailler avec les agents maliens et ils ont effectué un déplacement pour Karangasso, dans la paroisse où s’est opéré le rapt. Depuis lors c’est un ‘’silence radio’’ et comme à l’accoutumée en pareille circonstance, ce sont des supputations qui sont allées bon train. Et depuis lors, la situation n’a pas évolué en ce qui concerne ce rapt et les Maliens sont restés dans l’expectative jusqu’au lundi 03 avril où on a appris via les réseaux sociaux que quatre hommes avaient été inculpés ce jour-là, concernant l’enlèvement de la religieuse colombienne à Karangasso. On se souvient qu’immédiatement après le rapt, l’information avait fait état de l’arrestation de ces quatre individus. Eh bien ce sont ces quatre hommes qui ont quitté Karangasso, où ils étaient gardés depuis leurs arrestations, pour Bamako à la demande de la justice malienne. Ils ont comparu devant le deuxième cabinet d’instruction du pôle judiciaire spécialisé dans l’anti-terrorisme. Bien que rien n’ait filtré de leurs interrogatoires, on sait néanmoins que c’est pour des affaires de rapt liés au terrorisme qu’on comparait devant ce pôle judiciaire spécialisé. Ces quatre individus ont été inculpés pour : Association de malfaiteurs ; détention illégale d’armes ; enlèvement de personne ; enlèvement lié au terrorisme.

Pour ce qui est du profil des inculpés, il y a deux (2) chauffeurs travaillant pour le compte de la paroisse et qui se relayaient sur le véhicule de service, le même qui a été utilisé par les ravisseurs pour transporter leur otage. Au nombre des inculpés, il y a aussi le cuisinier de la paroisse. Au-delà de ces arrestations qui, on l’avait bien espéré, allaient permettre d’en savoir plus sur cette prise d’otage, les citoyens étaient réduits à se demander ‘’quid de l’otage elle-même ?’’. Depuis l’enlèvement de l’infortunée, aucun groupe djihadiste n’avait encore revendiqué le rapt et naturellement cela ne fait qu’amplifier les supputations. Depuis lors on n’avait plus de nouvelles de cette religieuse et il a fallu la libération de Sophie PETRONIN pour que l’on sache que la religieuse colombienne est bel et bien vivante et en captivité auprès des djihadistes dans le Sahel. Signalons qu’aux dires de Sophie PETRONIN, la dernière fois qu’elle et Sœur Gloria se sont vues, c’était lundi 5 octobre 2020, le jour du départ de Sophie PETRONIN pour son dernier transfert, celui de sa libération. Aussi, l’ex-otage français précise qu’à  peine arrivée à Villacoublay en France, ses premiers mots pour le président français ont été pour attirer l’attention sur sœur Gloria. « Son esprit est en train de lâcher, aurait-elle dit au Président français Emmanuel Macron. « Il faut tout faire pour la sortir de là » a-t-elle presque supplié.

De leur côté, les coreligionnaires de Sœur Gloria ne se lassent pas de prier pour sa libération. Et à cet effet, lors de la messe dominicale du 11 octobre 2020, le Cardinal de Bamako, Jean Zerbo en a appelé à leurs libérations en ces termes : « Chaque fois que nous prions, nous demandons au Seigneur la libération de la sœur Gloria, ainsi que de tous les autres détenus. Car c’est une grande humiliation pour le Mali. Des gens qui sont venus comme bienfaiteurs, s’ils sont enlevés et vendus comme des esclaves, c’est une grande honte pour le pays. Et nous demandons au Seigneur de nous donner les moyens de relever cette honte, non pas en nous vengeant mais en nous donnant des cœurs nouveaux. Que le Seigneur nous entende et surtout que ça touche les cœurs de ceux qui se livrent à ce commerce, afin qu’ils reconnaissent que nous sommes tous des frères et des sœurs. On n’enlève pas son frère ou sa sœur pour les vendre ou alors réclamer une rançon quel que soit le prix. La vie humaine n’a pas de prix ».  

 El Hadj Mamadou GABA

By |2020-10-14T12:49:55+02:00octobre 13th, 2020|ACTUALITE, RELIGION|0 Comments

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