//QUATRIEME TRANSITION AU MALI : UN VRAI CASSE-TETE CHINOIS POUR LA JUNTE

QUATRIEME TRANSITION AU MALI : UN VRAI CASSE-TETE CHINOIS POUR LA JUNTE

Tant accéder au pouvoir d’Etat par ‘’infraction’’ dans un régime démocratique, est périlleux, autant s’y maintenir est laborieux. Cette assertion sied bien à la situation que connait aujourd’hui le ‘’Comité National pour le Salut du Peuple’’ (CNSP), auteur du coup d’état perpétré le mardi 18 août dernier contre le régime IBK.

S’il est généralement admis que l’exercice du pouvoir d’Etat rime forcément avec l’octroi de certains privilèges et prérogatives, il faut aussi dire qu’en bien de circonstances, des pressions de toutes sortes et autres sautes d’humeur deviennent le lot quotidien des ‘’usurpateurs’’. Ceux-ci sont régulièrement confrontés à des pressions tant au niveau national et sous régional. Cela est d’autant normal dans la mesure où le Mali est partie prenante de nombreux accords sous régionaux et internationaux qui prohibent la prise du pouvoir d’Etat par infraction.

C’est eu égard à ces principes prohibitifs de putschs que la CEDEAO n’a nullement hésité à décider de l’imposition d’un embargo sur le Mali, tant à l’import qu’à l’export.

Cette sanction économique, dont l’objet essentiel est de contraindre la junte à accélérer le retour rapide à une vie constitutionnelle normale, aura sans doute des impacts négatifs sur la vie des citoyens. Il va s’en dire que cela pourrait mettre la junte en difficulté car les populations la rendraient responsable de cette détresse économique et par ricochet, pourraient la vouer aux gémonies. Signalons que, outre la CEDEAO, les partis politiques et autres regroupements sociopolitiques du pays réclament, eux-aussi, la diligence dans la mise en place d’une Transition politique. A l’entendement de ceux-ci, il s’agira de la mise en place d’une Transition à laquelle incombera la tâche de mener les réformes nécessaires et d’organiser des élections générales transparentes et crédibles. Toute chose qui conduira à se demander : Quelle serait l’architecture de l’équipe exécutive de cette Transition ? Sur combien de temps s’étalera la période transitoire ? Qui tiendra les rênes de l’équipe exécutive de la Transition ? En réponse à ses questionnements, des divergences subsistent entre la junte et ses interlocuteurs que sont la CEDEAO et la société malienne, toutes composantes confondues. L’organisation sous régionale, quant à elle, exige une Transition politique avec une équipe dirigée par un civil pour un délai maximum d’une année. La France, partenaire stratégique du Mali, va loin en demandant la mise en place d’une « Transition rapide » avec des civils comme dirigeants pour une durée d’un an maximum aussi. C’est le même son de cloche de la part de la majorité écrasante des partis politiques et organisations de la société civile.

Là où le bât blesse est qu’en considération des agissements de la junte, les exigences faites par la CEDEAO, la France et les organisations maliennes ne semblent pas agréer aux militaires, loin s’en faut d’ailleurs. Mais cette junte pourra-t-elle pour autant opposer une fin de non-recevoir à toutes ces exigences ? Ce serait tout simplement téméraire pour elle quand on sait qu’elle a plutôt intérêt à s’aligner sur les desideratas du peuple surtout quand celui-ci souffle dans la même trompette que la communauté internationale, en ce qui concerne la période transitoire.

C’est dire alors cette période transitoire pourrait constituer un vrai casse-tête chinois pour la junte.

En plus, le facteur ‘’temps’’ étant un paramètre très important pour conduire la Transition, il faut alors agir avec beaucoup de tact pour éviter tout désagrément qui puisse rendre vains les efforts consentis par les uns et par les autres. Certes, le temps presse, mais le CNSP a aussi besoin d’un temps raisonnable pour organiser des vraies concertations inter-maliennes dont les résolutions seront acceptées par tous. Les pressions de la CEDEAO, de la France et aussi celles des entités sociopolitiques maliennes doivent aussi tenir compte du fait qu’il faille faire preuve de discernement pour ne pas aller trop vite en besogne en prêtant le flanc à des ratés. Ce serait une lapalissade que dire, pour la réussir à hauteur de souhait, cette Transition doit absolument être marquée par son caractère ‘’inclusif’’ car elle sera destinée à prendre en compte tant et tant d’exceptions. Il ne servirait absolument à rien de vouloir accentuer les différentes pressions sur la junte pour l’amener à accélérer la Transition sans pour autant aboutir à des résultats probants.

 

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-09-02T16:15:18+02:00septembre 2nd, 2020|A LA UNE|0 Comments

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