//QUATRIÈME TRANSITION AU MALI: UNE OCCASION IDOINE POUR L’ALTERNANCE GÉNÉRATIONNELLE

QUATRIÈME TRANSITION AU MALI: UNE OCCASION IDOINE POUR L’ALTERNANCE GÉNÉRATIONNELLE

La République du Mali a entamé, le mardi 18 août 2020, sa quatrième transition politique suite à des coups de force contre les pouvoirs publics, à des périodes différentes. Il s’agit des périodes transitoires que le pays a connues en 1968 ; en 1991 ; en 2012 et celle en cours depuis le 18 août 2020. En dissertant sur ces différentes périodes transitoires on retiendrait que c’est seulement après la 3ème transition, consécutive au coup d’état militaire de 2012, que le Mali a semblé s’inscrire dans une vraie logique de démocratie pluraliste et cela à partir de 2013 avec l’avènement d’Ibrahim Boubacar KEITA à la magistrature suprême de l’Etat.

Comparativement aux deux précédents régimes, le régime Alpha et le régime ATT, celui d’IBK a semblé être le plus empreint de la pratique du multipartisme, même si les dimensions ‘’Démocratie’’ et ‘’bonne gouvernance’’ n’ont été que des vocables vides de sens et de contenu. En effet, à la différence de ses prédécesseurs, le Président IBK a fait voter par la chambre des députés, la loi portant statut de l’opposition politique avec l’octroi d’un siège et d’un budget à ce courant politique. Si pour les besoins de l’exercice démocratique, le microcosme politique a été mieux structuré sous le régime IBK, il faut dire que pour la qualité de la gouvernance, le pays s’est plutôt rapproché de la catastrophe. La réalité de l’exercice du pouvoir d’Etat s’est essentiellement traduite par la mauvaise gestion des ressources humaines qui est le principal vecteur de la mal gouvernance. Le copinage, le népotisme, le trafic d’influence, le clanisme et le clientélisme sont les tares de la société qui empêchent le choix des hommes suivant leurs compétences. Toute chose qui conduit inéluctablement à la récompense de la médiocrité, qui équivaut à une sanction contre le mérite basé sur des valeurs intrinsèques et le mauvais choix des hommes qui permet à des guignols de se hisser à des postes décisifs. On voit donc que depuis l’instauration de la 3ème République au Mali en 1992, l’exercice démocratique a tout simplement été, on ne peut plus, à géométrie variable et suivant les desideratas des tenants du pouvoir d’Etat.

C’est dire alors que depuis 29 ans, le processus démocratique n’a été que chancelant.

Toute chose qui doit motiver le peuple à emprunter la voie d’un changement radical, tant au plan du leadership que dans la gouvernance du pays. Ce serait une lapalissade que dire pour parvenir à ce changement radical, la balle est plutôt dans le camp de la jeune génération qui est appelée à secouer le cocotier pour pouvoir s’imposer avec de nouvelles idées par le biais de nouvelles méthodes. Puisque nous sommes à l’orée de la quatrième transition, suite au coup d’état du 18 août 2020, c’est une occasion inouïe qui s’offre à la jeune génération pour opérer une alternance générationnelle. Depuis 29 ans que la troisième République du Mali vit sous l’ère de la Démocratie multipartite, ce sont presque les mêmes acteurs qui tiennent les principaux rôles politiques, toujours avec le même leitmotiv, à savoir la satisfaction des intérêts égoïstes. S’il est vrai que durant ce temps, certaines velléités d’Alternance ont été aperçues de la part de certaines composantes de la jeunesse, il n’en demeure pas moins vrai, malheureusement, que lesdites velléités ont été vite brisées par la classe vieillissante qui s’accroche à l’appareil d’Etat, contre vents et marées. Le pouvoir économique et financier des ‘’anciens’’ a réussi à anéantir la fougue des plus jeunes à se faire porteurs du flambeau de la classe politique. Et pourtant, qui parle d’alternance politique, parle de renouvèlement de la classe dirigeante et qui parle de renouvèlement de la classe dirigeante fait appel à une nouvelle dynamique qui siérait plus aux composantes juvéniles des formations politiques, plutôt qu’à la classe vieillissante. Si depuis bientôt trente ans que le Mali vit sous l’ère de la démocratie, le pays ne fait que s’enfoncer tous les jours un peu plus, la faute incombe alors à toute la classe politique qui a eu à tremper dans la gestion des affaires publiques, de 1991 à nos jours. Ils sont tous coupables au même titre, peu importe le courant politique dans lequel ils évoluent en ce moment.

La jeunesse malienne doit s’assumer à présent, en menant une lutte pour une alternance générationnelle, et cette quatrième transition pourrait être une aubaine.

Bien sûr que cette lutte ne sera pas aisée, loin s’en faut. Ce qui pourrait la compliquer davantage et la rendre très laborieuse pour la jeunesse, est que nombreux sont les ‘’jeunes politiciens’’ qui sont supposés pouvoir porter haut le flambeau de l’Alternance générationnelle mais qui, malheureusement, vivent aux désidératas des plus anciens qui détiennent les cordons de la bourse et aussi les carnets d’adresses les plus fournis. Mais à bien y disserter, ont serait amené à se faire à l’idée que si la jeune génération a tant de difficultés pour s’affirmer sur le plan politique, c’est essentiellement parce que nos formations politiques ne sont basées sur aucune conviction idéologique et on y adhère par simples affinités personnelles. Et le plus aberrant souvent est que le parti est assimilé à la personnalité de celui qui a initié sa création. Dans ces conditions-là, tant que vivront ‘’les pères fondateurs des partis’’,  les jeunes n’auront pas voix au chapitre car, sous nos cieux la gérontocratie a encore de beaux jours devant elle et ce ne sont pas les principes d’une démocratie multipartite qui feront changer un tel état d’esprit qui semble, hélas, ancré chez nos jeunes.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-24T16:03:01+02:00août 21st, 2020|ACTUALITE|0 Comments

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