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REFUS CATÉGORIQUE DES ENSEIGNANTS DE CÉDER SUR L’APPLICATION DE L’ARTICLE 39: ET SI LE CNSP PROCLAMAIT L’ANNÉE BLANCHE ?

Le bras de fer, si on peut dire ainsi, continue entre enseignants grévistes et militaires du CNSP. En effet, alors que le régime défunt avait promis de régler définitivement la question de l’article 39 ce mois de septembre, la junte militaire appuyée par les techniciens du Ministère de l’Économie et des Finances a, au cours d’une rencontre tenue le lundi 31 août 2020 indiqué que ce délai était intenable, pour la simple raison que les caisses de l’Etat sont vides.

Selon le Président du CNSP, Assimi Goïta, il ne s’agit pas d’une nouvelle négociation qui commence, encore moins une quelconque volonté de remettre en cause l’article 39, seulement la situation du pays est si préoccupante qu’il serait difficile de faire face immédiatement à l’application dudit article. Des propos corroborés par les techniciens et les cadres des services, qui ont clairement fait savoir que la situation est particulièrement très difficile à cause de l’annulation des emprunts, le retrait des partenaires ayant conduit à la suspension également de plusieurs engagements financiers en faveur du pays.

Pire, même la mobilisation des recettes nationales est à son niveau le plus bas

Selon le porte-parole de la synergie syndicale, Adama Fomba, l’État étant une continuité, le CNSP se doit d’appliquer l’article 39 pour sortir l’école malienne de l’impasse. L’Etat est certes une continuité, mais les syndicalistes de l’Enseignement savent très bien que le Président IBK leur avait juste annoncé un éléphant blanc, histoire seulement de gagner du temps, sinon les caisses de l’Etat sont quasiment vides, et tout le monde le sait. On se souvient en effet que plus de deux mois après même l’annonce faite par IBK pour ce qui concerne l’application dudit article, le mini-gouvernement de Boubou Cissé avait nourri la volonté de tripatouiller le procès-verbal de conciliation entre les syndicats et la partie gouvernementale signé en juin 2020. Les syndicats avaient alors dénoncé les lenteurs dans l’application de l’article 39 sur la majoration des rémunérations des fonctionnaires applicable au personnel enseignant et « la tentative de tripatouillage » du procès-verbal de conciliation signé le 17 juin 2020 et qui avait mis fin à la grève. Ils avaient alors accusé les personnes chargées du dossier au sein du Ministère de l’Education de vouloir «apporter des modifications dans le projet de loi, au lieu de l’appliquer comme cela avait été dit par IBK. Ils avaient alors décidé d’arrêter le lundi 17 août 2020 jusqu’à l’application totale et complète de l’article 39, la suspension de toutes les activités pédagogiques et la fermeture de toutes les structures de l’Education.

 Pour rappel, un accord a été trouvé, après l’annonce de IBK, le mercredi 17 juin 2020 entre les syndicats de l’Education signataires du 15 octobre 2016 et le gouvernement.

Dans le procès-verbal de conciliation, le Gouvernement s’engageait à appliquer « l’article 39 du statut du personnel enseignant de l’Enseignement fondamental, secondaire ainsi que de l’Education préscolaire et spéciale, avec en toile de fond la valorisation de la grille indiciaire du corps des enseignants à hauteur de 20%. En conséquence, l’indice plafond pour la catégorie A du corps des enseignants a été fixé à 1267 à compter de janvier 2019, pour atteindre 1382 à partir de janvier 2021. Toute chose qui devait être perceptible sur le salaire du mois d’août 2020 ou au plus tard septembre 2020 en cas de difficultés de paiement. Concernant les arriérés  de 2019, le procès-verbal de conciliation précisait que le « paiement  interviendra un mois » après l’application de l’article 39 sur le salaire ou au plus tard le mois qui suivra. Une commission d’élaboration d’avant-projet de grille salariale avait été mise en place et commencé ses travaux  le 25 juin 2020 dernier. Aussi, sans même tenir compte du renversement du régime, les syndicalistes refusent de concéder une circonstance atténuante aux responsables du CNSP, pire, M. Adama Fomba veut même leur tenir pour seuls responsables de ce qui adviendra, si d’aventure l’année devrait être blanche. On met donc délibérément sous silence les efforts déployés par le CNSP qui, malgré toutes les difficultés évoquées un peu plus haut, a fait deux grandes propositions salutaires aux enseignants. Il s’agit notamment de l’alignement et le payement des arriérés de 2020 sur les salaires du mois de novembre 2020 ; et payement des arriérés de 2019 en deux tranches : une première tranche en décembre 2020 et une seconde tranche qui sera payée au mois d’avril 2021.

Des propositions qui sont pour le moment rejetées par les enseignants, comme le prouve l’échec de la rencontre de dernière chance tenue le mardi dernier

Pourtant, à notre entendement, en cette période de rupture avec le régime ploutocratique de M. IBK, la mesure dans les revendications corporatistes devrait prévaloir. Mais hélas, nos chers enseignants semblent ne pas avoir de fibre patriotique, pour rester dans une posture de jusqu’au-boutisme de mauvais alois ! Aussi, pour mettre fin à ce feuilleton qui n’a que trop duré, avec toutes les conséquences qui s’en suivent, il serait judicieux aujourd’hui que le CNSP décrète l’année blanche pour l’année 2019-2020 et ferme les écoles jusqu’à nouvel ordre, en tout cas le temps que les choses se mettent en place !

 Maimouna Doumbia 

By |2020-09-03T16:24:47+02:00septembre 3rd, 2020|A LA UNE, ÉDUCATION, LES INFOS DU SOIR DE BAMAKO|0 Comments

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