//REVENDICATIONS SOCIO-POLITIQUES: L’IMAM MAHMOUD DICKO A PLUTÔT FAIT UNE ERREUR DE CASTING

REVENDICATIONS SOCIO-POLITIQUES: L’IMAM MAHMOUD DICKO A PLUTÔT FAIT UNE ERREUR DE CASTING

On se souvient que le 10 février 2019, au cours d’un meeting géant que le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) avait organisé au stade du 26 mars, l’Imam DICKO, alors président de cette faîtière des musulmans du Mali, s’en est allé sans langue de bois pour dénoncer les nombreuses tares qui gangrènent la gouvernance du pays, tant au plan sécuritaire qu’à celui de la morale sociétale. Il est incontestable que, sous nos cieux, c’est bien Mahmoud DICKO qui a l’apanage de la grande mobilisation des populations. C’est donc le  plus logiquement du monde qu’il est considéré d’un côté comme la bête noire du pouvoir d’Etat et de l’autre côté comme une icône pour les musulmans maliens, toutes obédiences confondues.

Dans ses récurrentes sorties, l’ex-président du HCIM ne s’est jamais lassé d’interpeller les autorités publiques maliennes afin que celles-ci rectifient le tir en ce qui concerne la gouvernance du pays. Puisque les tares que dénonce Mahmoud DICKO lors des rassemblements populaires ont de grandes similitudes avec celles décriées aussi par un certain courant politique, notamment l’opposition, alors il n’en fallait pas plus pour que le guide religieux soit taxé de partisan du courant de l’opposition politique.

Quoi qu’il en soit, il est de notoriété publique et cela est indéniable, que de tous les leaders religieux maliens, toutes religions confondues, Mahmoud DICKO est celui qui ose dire la vérité crue aux gouvernants du pays, quitte à en assumer des conséquences s’il y en a ou s’il devait en avoir. C’est justement cette étiquette ‘’d’opposant’’ qui lui colle à la peau et ce courant politique ne se prive pas de profiter de l’aura extraordinaire de ce guide religieux pour tenter de redorer son blason longtemps terni. Et surtout qu’avec la création de la CMAS, les opportunistes politiques ont désormais une structure se réclamant de l’Imam DICKO et par le truchement de laquelle il leur est loisible de passer pour bénéficier de l’onction du parrain de la CMAS. C’est ainsi que, conformément à leurs objectifs, à savoir la lutte contre la mauvaise gouvernance, l’Imam Mahmoud DICKO et son mouvement, la CMAS, avaient envisagé un rassemblement grandiose, dont ils sont les seuls détenteurs du secret, pour le vendredi 5 juin 2020 sur le boulevard de l’indépendance à Bamako. C’était là l’occasion inouïe pour certains acteurs politiques en mal de popularité de prendre le train de cette mobilisation qui, évidemment, était promise à toutes les réussites, rien qu’avec le nom et l’image de Mahmoud DICKO. C’est justement ce rassemblement du 5 juin qui a servi de déclic à la crise sociopolitique que le pays traverse en ce moment et cela depuis plus de dix semaines.

A bien disserter sur les tenants et les aboutissants de la crise et aussi sur ses péripéties, on serait tenté de dire que l’Imam Mahmoud DICKO a plutôt fait une erreur de casting en acceptant le compagnonnage des acteurs politiques. En effet, c’est fort justement de cette erreur de casting que le parrain de la CMAS apparait aujourd’hui comme pris en otage par une classe politique qui n’est mue que par des visées égoïstes, alors que l’objectif de l’imam DICKO, à travers le combat que devrait mener la CMAS, est justement d’aboutir au rehaussement de la morale sociétale par la bonne gouvernance. On se souvient qu’à la cérémonie de lancement de la CMAS le samedi 7 septembre 2019, Mahmoud DICKO le parrain avait déclaré publiquement que « Mon problème, c’est ceux qui ont trahi le peuple malien. C’est à eux que je m’adresse. Mon combat, c’est d’abord eux. Je ne suis faiseur, ni de roi ni de président, je veux seulement faire la paix. Mes détracteurs sont en relation avec la France, l’Amérique, pour dire que je suis leur ennemi, mais je ne suis pas un ignorant… ».

De par ces propos on comprendrait aisément que ce mouvement, contrairement à certaines idées réfractaires qui lui prêtent des velléités d’immiscions dans la sphère politique, s’offre plutôt aux musulmans du Mali comme une tribune d’expression en ce qui concerne la vie de la nation. Une tribune à partir de laquelle la communauté musulmane du Mali, toute obédiences confondues et sans compagnonnage d’organisation politique aucune, doit s’exprimer et au besoin imposer ses desideratas qui ne jurent pas autrement avec les dispositions légales de la République. Avec le très fort taux d’islamisation de notre pays, il est évident que les organisations religieuses musulmanes n’ont nullement besoin de recourir à la classe politique pour atteindre un objectif, lequel qu’il soit. Pour ses revendications afférentes à la bonne gouvernance, le parrain de la CMAS gagnerait plus à en appeler à ses coreligionnaires plutôt que de s’accommoder du compagnonnage d’une classe politique en manque total de repère. Cela aura l’avantage non seulement de lever les éventuelles bisbilles au sein de la communauté musulmane malienne mais aussi de faire en sorte que les tenants du pouvoir d’Etat aient plus d’égard pour la ‘’Umma’’ islamique malienne.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-08-18T08:55:31+02:00août 18th, 2020|ACTUALITE|0 Comments

About the Author:

Leave A Comment

Aller à la barre d’outils