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SITUATION SÉCURITAIRE SOUS LA TRANSITION: ATTENTION POUR NE PAS PRÊTER LE FLANC AU SYNDROME DE 2012

Depuis le coup d’Etat perpétré le 18 août 2020, le sujet qui emble focaliser les esprits, est celui se rapportant à la gestion de la période transitoire. Et le plus inquiétant est que l’Etat semble n’avoir d’existence qu’à Bamako, la capitale, où tout se joue et se décide. Les autres localités, notamment celles du centre et du septentrion du pays semblent être reléguées au second plan, sous le fallacieux prétexte que le pays se trouve dans une situation d’exception. Toute chose qui en appelle à une fragilisation des fondements même de l’Etat.

Si l’opinion publique, en général, déplore une telle situation et trépigne d’impatience pour voir le pays retourner rapidement à une vie constitutionnelle normale, d’autres personnes par contre se réjouissent de cette situation d’incertitude étant donné qu’il leur est loisible, dans ces conditions-là, de se donner des coudées franches pour intensifier l’insécurité dans des zones qu’ils ont tendance à transformer en leurs sanctuaires. Retour à l’ordre constitutionnel ou pas, l’Etat a toujours le devoir régalien de protection et de sécurisation des populations et de leurs biens. Et c’est la raison fondamentale de l’existence des Forces Nationales de Défense et de Sécurité.

En principe et en toute logique, aucun chamboulement au sein de la République ne devrait servir d’alibi pour abandonner les populations à leurs sorts. Mais l’histoire très récente du Mali nous enseigne que c’est malheureusement ce qui est arrivé à nos populations septentrionales à la suite du coup d’Etat de 2012, perpétré contre le régime d’ATT. Et pourtant, en justification du coup d’Etat en question, les putschistes de l’époque avaient fait de la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord son cheval de bataille. Mais une fois le putsch consommé les têtes couronnées de notre institution de défense nationale a fait de Bamako, l’épicentre de leurs activités tant au plan militaire que politique. La lutte contre le terrorisme, qui avait pourtant été brandie comme préoccupation majeure, a été reléguée au dernier plan et la junte d’alors n’avait d’yeux ni de cœur que pour la conduite de la Transition. Cependant que les hommes politiques et les militaires hautement gradés s’entredéchiraient, les groupes djihadistes et autres terroristes progressaient dans leurs occupations de l’espace territorial.

Durant les sept ans qu’a duré le régime IBK, la situation d’insécurité, ponctuée par la mauvaise gouvernance, n’a fait qu’aller de mal en pis. Et c’est dans ce contexte où l’insécurité bat de son plein au centre et au nord, qu’intervenu le coup d’Etat du 18 août 2020 sous l’égide d’une autre junte. C’est donc fort des leçons tirées de la précédente Transition, que le citoyen ‘’Lambda’’ éprouve une certaine appréhension et, en conséquence, tire sur la sonnette d’alarme afin que l’on fasse attention pour ne pas prêter le flanc au syndrome de 2012.

Mais ce qui pourrait être rassurant est que là où les putschistes de 2012 se sont illustrés par un amateurisme humiliant dans la gestion des affaires publiques, ceux de 2020 font preuve de discernement et se montrent plus attentifs quant au volet sécuritaire dans la gestion des affaires publiques. En tout cas, contrairement à la Transition de 2012, celle de 2020 a déjà enregistré plusieurs actions menées dans la lutte contre le terrorisme, notamment dans les localités du centre qui avaient tendance à devenir des sanctuaires de djihadistes. Un autre fait qui plaide en faveur de l’actuelle junte est que l’officier qui tient ses rênes se distingue par sa connaissance et son intégrité sur le terrain. En plus la junte de 2020 est beaucoup plus mature que celle de 2012.

El Hadj Mamadou GABA

By |2020-09-18T10:12:12+02:00septembre 18th, 2020|ACTUALITE, SÉCURITÉ|0 Comments

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